Une campagne électorale est faite pour convaincre.
Mais entre convaincre un électeur et acheter son vote, la frontière juridique est nette.
À l’approche du scrutin, la Présidence du Ministère public vient donc de rappeler aux procureurs généraux et aux procureurs du Roi la nécessité d’une mobilisation particulière.
Les plaintes et signalements concernant d’éventuelles infractions électorales devront notamment être traités avec célérité, tandis que les permanences et la coordination avec les différents services concernés seront renforcées.
L’objectif affiché est simple : préserver la probité du scrutin et garantir une concurrence électorale loyale.
Quand la politique bascule dans le pénal
Premier cas évident : l’achat des voix.
Offrir directement ou indirectement de l’argent, un avantage ou une contrepartie pour obtenir un vote n’est pas une technique de campagne. C’est une infraction.
Même logique pour les pressions ou menaces exercées sur un électeur afin d'influencer son choix.
Une campagne peut être dure, parfois agressive politiquement. Elle ne peut pas devenir coercitive.
La manipulation du processus électoral lui-même constitue naturellement une autre ligne rouge : falsification de documents, fraude concernant les opérations de vote ou manœuvres destinées à compromettre la sincérité du scrutin peuvent entraîner des poursuites.
Les réseaux sociaux compliquent la surveillance
La campagne de 2026 ajoute cependant une difficulté nouvelle.
Une partie croissante de la compétition politique se déroule sur WhatsApp, Facebook, TikTok, Instagram et d’autres plateformes.
Une accusation peut devenir virale en quelques heures. Une vidéo peut être manipulée. Une information privée peut être diffusée massivement. Une intelligence artificielle peut désormais produire un faux contenu extrêmement réaliste.
Toutes les polémiques numériques ne constituent évidemment pas des infractions.
Mais le numérique ne crée pas davantage une zone de non-droit.
Les règles concernant diffamation, atteinte à la vie privée, données personnelles ou certaines pratiques électorales continuent de s’appliquer.
Ne pas transformer la justice en arme électorale
Une autre vigilance s’impose toutefois. Une campagne très judiciarisée peut également encourager les plaintes tactiques : accuser son adversaire devient alors une manière de fabriquer un soupçon.
Une plainte n’est pas une condamnation.
Une accusation n’est pas une preuve.
Et une enquête ne signifie pas automatiquement culpabilité.
C’est précisément pourquoi la justice doit aller vite, mais aussi rester rigoureuse.
Les législatives du 23 septembre doivent permettre aux partis de s’affronter vigoureusement sur les programmes, les bilans et les projets.
La démocratie n’exige pas une campagne aseptisée. Elle exige simplement une frontière claire : la politique peut être un combat. Elle ne doit jamais devenir une zone de non-droit.**












L'accueil





90 jours de carburants, quatre mois de céréales, six mois de médicaments












