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Les Européens peuvent-ils riposter aux menaces de Donald Trump ?


Rédigé par le Jeudi 22 Janvier 2026

Face aux menaces de Donald Trump, l’Union européenne abandonne doucement l’option de l’apaisement.



Instrument anti-coercition

Face au rétropédalage soudain de Donald Trump sur ses menaces douanières, l'UE abandonne pour l'instant l'idée d'activer l'instrument anti-coercition contre les États-Unis ! Au forum de Davos, le président américain Donald Trump est brusquement revenu sur ses menaces d'imposer des droits de douane comme levier pour s'emparer du Groenland.

Les préparations en vue d'activer l'instrument anti-coercition de l'Union européenne ne sont plus d'actualité pour le moment, a déclaré jeudi une source diplomatique à l'agence Reuters, alors que le président américain Donald Trump est brusquement revenu sur ses menaces d'imposer des droits de douane comme levier pour s'emparer du Groenland.

"La préparation prévue de mesures anti-coercitives (ACI) est pour l'instant abandonnée", a déclaré le diplomate. Les Européens avaient indiqué en début de semaine envisager d'activer l'instrument anti-coercition (ACI) qui permet de restreindre les investissements et de limiter les exportations de services tels que ceux fournis par les géants américains du numérique, en réponse aux menaces douanières de Donald Trump.

Ce jeudi, le ministre français de l'Économie et des Finances Roland Lescure, avait salué, au micro de RTL, "un début de recul" de Donald Trump, qui a annoncé revenir sur ses menaces militaires et douanières, notamment 200% sur les vins et champagne français.

"Suite à des réactions extrêmement fermes, des Européens, notamment la France par la voix du président de la République à Davos avant-hier, il y a un début de recul", dit Roland Lescure. Cependant, le ministre de l'Économie et des Finances veut être "vigilant".

"On est que le 22 janvier et le 1er février est dans neuf jours, il peut se passer beaucoup de choses", affirme-t-il. "Voyons si ça se confirme", mais "c'est un premier bon signe", martèle Roland Lescure qui salue la "désescalade".

 Comment les Européens peuvent-ils riposter aux menaces de Donald Trump ?

L’utilisation de l’instrument anti-coercition, parfois qualifié d’« arme nucléaire » économique, devrait être abordée lors du sommet extraordinaire du Conseil  européen du jeudi 22 janvier . 
 
Nous sommes à la croisée des chemins », affirmait ce mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen face aux eurodéputés. Car depuis Davos, Donald Trump n’en démord pas : il veut le Groenland.

Face à ses assauts incessants, la posture, très conciliante jusqu’alors, de l’Union européenne se durcit au nom de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Une ligne rouge est en train d’être dépassée. Et pour se défendre, l’utilisation inédite de l’instrument anti-coercition revient de plus en plus dans les discussions.

« Un outil puissant » !?

Le Parlement européen a répondu à Trump en gèlant la ratification de l’accord commercial conclu avec Washington Conclu en juillet, il prévoyait que les produits européens exportés vers les États-Unis seraient soumis à des taxes à hauteur de 15 %, tandis que les exportations américaines en seraient exemptées.

Bruxelles contre-attaque.

Le Parlement européen a décidé de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis, à la suite des dernières menaces en date de Donald Trump, ont confirmé mardi ses principaux groupes politiques.

Cet accord conclu en juillet 2025 prévoyait que les produits européens exportés vers les États-Unis seraient soumis à des taxes à hauteur de 15 %, tandis que les exportations américaines vers l’Europe en seraient exemptées.L’UE s’était également engagée à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États-Unis.

Le deal avait permis à l’Europe d’échapper à des droits de douane de 30 %, initialement prévus par Donald Trump qui avait lancé l’an dernier une vaste offensive protectionniste.Les groupes européens quasiment unanimesIl y a un « accord majoritaire » des groupes politiques pour geler l’accord commercial a assuré la présidente du groupe S-D (social-démocrate), Iratxe Garcia Perez, devant des journalistes. 

Ne pas permettre aux entreprises américaines d’accéder sans droit de douane au marché européen est « un outil très puissant », a assuré mardi le patron du groupe PPE (droite), Manfred Weber. C’est « un levier extrêmement puissant. Je ne crois pas que les entreprises soient d’accord pour renoncer au marché européen », a abondé Valérie Hayer, la présidente du groupe centriste Renew.

La flatterie et la fureur » : un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump rythme la marche du mondeEn revanche, une partie de l’extrême droite s’est prononcée contre le gel de cet accord.

« Nous pensons que c’est une erreur », a indiqué le coprésident du groupe ECR, Nicola Procaccini.Contrairement au groupe des Patriotes, présidé par l’eurodéputé français Jordan Bardella, favorable à la « suspension » de cet accord.

C’est désormais le « rapport de forces » qui s’impose face aux États-Unis de Donald Trump, a jugé Jordan Bardella devant les eurodéputés.Nouveaux droits de douane imposés à l’EuropeSamedi, le président américain a annoncé imposer à huit pays européens un tarif douanier de 10 % supplémentaires sur toutes les marchandises expédiées vers les États-Unis.

D’après le président américain, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande sont visés par ces nouveaux droits de douane qui devraient être portés à 25 % au 1er juin.

Les huit pays européens ont envoyé la semaine dernière du personnel militaire au Groenland, que Donald Trump souhaite annexer, pour une mission de reconnaissance dans le cadre d’un exercice danois, organisé avec des alliés de l’Otan.Donald Trump a plus spécifiquement menacé Paris de droits de douane de 200 % sur les exportations françaises de vin et de champagne, après le refus d’Emmanuel Macron de rejoindre son « Conseil de paix.
Avec 13.000 milliards de dollars d'actifs, l'Europe est le principal créancier des Etats-Unis:

L'UE aurait , théoriquement , les moyens de déstabiliser les marchés américains pour faire pression sur Trump

L'UE aurait , théoriquement , les moyens de déstabiliser les marchés américains pour faire pression sur Trump

Selon Deutsche Bank, les pays européens pourraient décider d'une cession massive des milliers de milliards de dollars d'actifs américains qu'ils possèdent pour faire pression sur Donald Trump. Mais dans la pratique, ce "scénario extrême" paraît "peu probable" d'après l'analyste Alexandre Baradez.L'Europe prépare sa réponse.

Après la nouvelle offensive douanière de Donald Trump qui a menacé samedi huit pays dont la France de surtaxes supplémentaires de 10% en raison de leur opposition à son projet d'annexion du Groenland, les dirigeants de l'UE se réuniront jeudi soir lors d'un sommet extraordinaire.

D'après les informations communiquées par son entourage à BFMTV, Emmanuel Macron entend demander, au nom de la France, l'activation de l'instrument anti-coercition de l'Union européenne. Un "bazooka commercial" qui pourrait notamment restreindre l'accès au marché unique pour certains produits américains.

Mais pour Deutsche Bank, l'UE dispose d'un autre outil pour faire pression sur Donald Trump: son stock d'actifs américains.

"Malgré sa puissance militaire et économique, les États-Unis présentent une faiblesse majeur: leur dépendance financière, due à d'importants déficits extérieurs, les pousse à dépendre des autres pays pour financer leur dette", souligne George Saravelos, stratégiste devises chez Deutsche Bank.

Or, l'Europe "est le principal créancier des États-Unis" puisque les pays du Vieux continent abritent "8.000 milliards de dollars d'obligations et d'actions américaines, soit près du double de ce que détient le reste du monde".

D'après la Fed dont les chiffres sont cités par le Financial Times, la valeur totale des actifs financiers américains détenus dans les pays européens membres de l'Otan s'élèverait même à 12.600 milliards de dollars.

Ce qui, en cas de cession massive, donnerait largement à l'Europe "les moyens de déstabiliser les marchés américains", confirme auprès de BFM Business Alexandre Baradez, chef analyste chez IG.

Un scénario "extrême" et "peu probable"Mais si "rien n'est impossible", ce "scénario extrême me paraît peu probable", poursuit l'expert. "C'est un peu l'arme atomique financière. Si vous en arrivez-là, c'est que vous êtes arrivé à un stade où la négociation est rompue".L'hypothèse de voir les Européens se débarasser de leurs actifs américains se heurterait par ailleurs à une autre difficulté.

Sachant que la majorité de ces titres sont détenus par des acteurs privés (fonds de pension, banques, particuliers...), il faudrait sans doute passer par une loi pour les contraindre à liquider leurs portefeuilles, ce qui prendrait un temps considérable.

À supposer que cela survienne, cette arme serait "redoutable", d'autant que "les entreprises américaines ont davantage recours au financement par les marchés" que les entreprises européennes qui y sont "moins exposées", explique Alexandre Baradez.

En outre, "le PIB américain a pas mal tenu grâce à la consommation des plus riches. Ce sont eux qui ont contribué à la croissance. Si le marché actions chute, ce sont eux qui seront touchés en premier", ajoute l'analyste.

Avec le risque pour Donald Trump de voir leur mécontentement s'exprimer dans les urnes lors des élections de mi-mandat en novembre.  Groenland, Donald Trump hausse le ton -

Un risque pour la dette américaine

Alors que la dette américaine de 38.000 milliards de dollars (près de 125% du PIB) est détenue à 30% par des étrangers, une cession massives des bons du Trésor actuellement dans les mains des Européens fragiliserait qui plus est un peu plus les finances publiques déjà mal en point des États-Unis:

"S'ils sont attaqués sur la partie obligataire, si on demande de liquider des bons du Trésor, cela provoquera des tensions sur les taux et cela obligerait la Fed à agir", prédit Alexandre Baradez. Selon lui, il n'est d'ailleurs pas impossible que des investisseurs se détournent des actifs américains "même sans qu'on leur ordonne quoi que ce soit" après les nouvelles menaces de Donald Trump sur le Groenland.

L'an passé déjà, les investisseurs avaient fui momentanément les bons du Trésor. À l'époque, leur rendement avait bondi, signe que la dette américaine était jugée plus risquée dans la foulée du déclenchement de la guerre commerciale par le locataire de la Maison Blanche.

Si la situation s'est depuis stabilisée, il serait "logique" qu'un mouvement semblable se produise à nouveau compte tenu des derniers rebdondissements, conclut Alexandre Baradez.





Hafid Fassi fihri
Hafid Fassi Fihri est un journaliste atypique , un personnage hors-normes . Ce qu'il affectionne,... En savoir plus sur cet auteur
Jeudi 22 Janvier 2026

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