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Levées de fonds des startups : le Maroc face au large océan des investissements en MENA


Rédigé par Lycha Jaimssy MBELE le Jeudi 15 Janvier 2026

Au dernier mois de l’année 2025, le panorama des levées de fonds en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (MENA) a dressé un constat sans fard : l’écosystème marocain, malgré quelques signaux positifs, demeure modeste et largement marginalisé sur l’échiquier régional. En décembre, les startups marocaines n’ont levé que 2 millions de dollars à travers deux opérations – un chiffre qui, malgré une progression de 100 % comparé à novembre, reste très loin des 12 millions annoncés en octobre dans le Royaume et bien en deçà des principales économies de la région.



Sur l’ensemble de la zone MENA, 44 startups ont levé 171,5 millions de dollars en décembre, ce qui illustre un ralentissement généralisé de l’activité des investisseurs, marqué par la clôture de l’année et une prudence marquée suite à des incertitudes macroéconomiques persistantes.
 

Ce chiffre global représente une contraction significative par rapport aux mois précédents. Il est en baisse de 24 % par rapport à novembre et de 38 % sur un an, confirmant que le capital-risque dans la région est entré dans une phase de consolidation plutôt que d’expansion frénétique.
 

Pour le Maroc, ce bilan est révélateur de déséquilibres structurels. En décembre, le Royaume ne représentait qu’environ 1,2 % des levées de fonds en MENA, une proportion dérisoire face à des hubs comme l’Arabie saoudite, l’Égypte et les Émirats arabes unis, qui accaparent l’essentiel des flux d’investissement.
 

Ce chiffre réduit masque une réalité plus large : même si des succès isolés existent comme Chari qui avait levé 12 millions de dollars en octobre lors d’une série A record au Maroc, ces coups d’éclat ne suffisent pas encore à inverser la tendance générale d’un marché où le capital reste concentré dans quelques pôles dominants.
 

Sur le plan sectoriel, décembre a confirmé certaines orientations marquantes : la cybersécurité s’est imposée comme la verticale la plus financée, avec 63,4 millions de dollars injectés dans quatre startups. Les acteurs SaaS ont suivi avec près de 47,9 millions, tandis que la deeptech a attiré environ 23 millions de dollars. À l’inverse, la fintech, jadis locomotive de l’innovation en MENA, a vu ses levées chuter à seulement 3,9 millions, reléguant ce secteur en queue de peloton.
 

Le focus des investisseurs sur des modèles B2B – réputés pour leur visibilité sur les revenus et leur récurrence commerciale – s’est confirmé, avec quelque 154,7 millions de dollars dédiés à ces entreprises, contre à peine 6,3 millions attribués aux modèles orientés B2C.
 

Une autre dimension de ce paysage est l’inégalité de genre persistante. Les startups fondées par des femmes n’ont levé que 116 000 dollars en décembre, via seulement deux opérations, tandis que les équipes mixtes ont capté 5 millions de dollars. Ce déséquilibre révèle que, malgré le discours d’inclusion, les progrès concrets restent insuffisants.
 

Pour situer ces performances dans un contexte plus large, il faut rappeler que, sur l’ensemble de 2024, les startups marocaines avaient levé près de 95 millions de dollars, un record historique mais qui, comme le soulignait récemment une analyse, reflète surtout la fragilité d’un tissu entrepreneurial encore trop dépendant de quelques succès isolés.
 

Autre signe encourageant toutefois : des initiatives récentes visent à renforcer le développement du capital-risque au Maroc. Par exemple, un fonds catalytique de 269 millions de dollars a été lancé pour soutenir les VC et accélérer la croissance des startups locales, démontrant une volonté publique et privée de corriger les déséquilibres structurels.
 

À l’heure où 2026 s’ouvre, l’écosystème marocain reste donc à un carrefour décisif : entre la nécessité d’attirer davantage de capitaux internationaux, d’encourager les financements locaux et de promouvoir une plus grande inclusion, le Royaume dispose de leviers pour passer à une dimension supérieure. Reste à transformer ces potentialités en dynamiques durables, capables de placer le Maroc en tête des acteurs africains innovants, et non plus en spectateur résigné d’un marché régional en pleine mutation.






Jeudi 15 Janvier 2026

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