Madame Charafat Afailal ministre de l'Énergie, des Mines et du Développement durable
Il y a quelques années, de jeunes ingénieurs marocains entraient dans les conférences sur les énergies renouvelables avec une conviction lumineuse : quelque chose commençait, et ils pourraient en être.
Ils échangeaient leurs coordonnées, comparaient les formations, imaginaient des entreprises. Dans le solaire, l’éolien ou l’efficacité énergétique, ils voyaient une réponse aux défis du pays et une place à prendre dans son avenir.
Cette énergie mérite d’être réveillée.
Certains ont pu se décourager devant la lenteur des débouchés. D’autres ont poursuivi leur chemin ailleurs. D’autres encore attendent un signe suffisamment concret pour se remettre en mouvement. Mais ce qui a suscité leur enthousiasme demeure : la possibilité de participer à une transformation utile, de vivre de leurs compétences et de construire quelque chose au Maroc.
C’est à cette jeunesse que votre arrivée devrait parler.
Vous pourriez lui dire : nous avons besoin de vous. Puis donner à cette phrase un calendrier, des moyens et des portes auxquelles frapper.
Car la confiance revient lorsqu’une possibilité devient accessible.
Elle revient quand une jeune ingénieure comprend comment proposer ses services à une entreprise industrielle. Quand un bureau d’études peut répondre à un appel d’offres adapté à sa taille. Quand un entrepreneur obtient une réponse claire à sa demande, même si cette réponse comporte des conditions. Quand un technicien découvre qu’un équipement installé près de chez lui signifie aussi des années de maintenance et un métier durable.
**Le premier chantier pourrait être celui de la lisibilité.**
Où sont les besoins ? Quelles compétences rechercheront les entreprises ? Quels projets ouvrent des perspectives aux acteurs locaux ? À qui s’adresser pour être accompagné ? Quels délais prévoir ?
Un portail bien conçu aiderait. Mais il faudrait surtout, derrière l’écran, des interlocuteurs identifiés, des procédures compréhensibles et des réponses suivies. Pour une petite entreprise, l’incertitude administrative peut absorber autant d’énergie que la recherche de clients.
Rendre le parcours plus clair serait déjà une manière de rendre l’avenir plus proche.
Madame la Ministre, les grands projets ont leur nécessité. Ils portent une vision, mobilisent des capitaux et préparent des transformations profondes. Leur force serait plus grande encore si les jeunes pouvaient comprendre comment y participer : par la formation, la sous-traitance, les études, les services ou la maintenance.
Entre l’annonce nationale et la première mission d’un jeune diplômé, il faut construire des passerelles.
Mais l’avenir énergétique se joue également dans des lieux beaucoup plus ordinaires : une usine qui cherche à réduire sa consommation, un hôtel qui veut mieux maîtriser sa facture, une exploitation agricole qui souhaite améliorer son pompage, un bâtiment public dont les équipements doivent être modernisés.
Ces besoins pourraient devenir des terrains d’apprentissage, des premières références professionnelles, des marchés pour de petites structures. À condition de les organiser, de les financer lorsqu’un soutien est nécessaire et d’en faciliter l’accès.
**Chaque économie d’énergie peut aussi devenir une occasion de faire travailler une compétence marocaine.**
Votre ministère pourrait ainsi porter une méthode simple : associer à chaque programme une lecture de ses débouchés humains. Quels métiers ? Quelles formations ? Quelles possibilités pour les entreprises locales ? Quelles premières expériences pour les jeunes ?
Il faudrait aussi ouvrir cette conversation aux techniciens, aux installateurs, aux ouvriers qualifiés et aux étudiants de la formation professionnelle. Une transition énergétique a besoin de celles et ceux qui conçoivent les équipements, puis de celles et ceux qui les posent, les règlent et les réparent.
Elle gagnerait à parler toutes les langues du travail.
Vous pourriez enfin choisir de rendre compte régulièrement des avancées, avec des indicateurs compréhensibles. Montrer les projets réalisés, les difficultés rencontrées, les corrections engagées. Distinguer les investissements annoncés des activités effectivement lancées. Donner de la visibilité aux entreprises qui recrutent et aux formations qui débouchent.
Cette franchise renforcerait votre parole. Les jeunes peuvent entendre qu’une transformation prend du temps. Ils ont besoin de voir que ce temps sert à avancer.
Madame la Ministre, vous n’avez pas à promettre un emploi immédiat à chaque diplômé. Vous pouvez en revanche contribuer à bâtir un environnement où l’effort, la compétence et l’initiative trouvent davantage de prises.
Imaginez une jeune ingénieure qui décroche sa première mission d’efficacité énergétique. Elle travaille, apprend, gagne la confiance d’un client, puis recrute à son tour. Son histoire circule parmi ses anciens camarades. Quelqu’un qui hésitait décide de tenter sa chance.
Voilà comment l’espoir se transmet : par des preuves à hauteur de vie.
La jeunesse marocaine possède des idées, des savoir-faire et cette impatience précieuse de devenir utile. Faites-lui une place dans les chantiers qui viennent. Écoutez ses propositions. Donnez-lui des occasions de démontrer ce qu’elle sait faire.
**Le plus beau résultat de votre mandat serait peut-être qu’un jeune Marocain puisse dire : « J’ai choisi l’énergie parce que j’y voyais un avenir. Aujourd’hui, j’y construis le mien. »**
Ils échangeaient leurs coordonnées, comparaient les formations, imaginaient des entreprises. Dans le solaire, l’éolien ou l’efficacité énergétique, ils voyaient une réponse aux défis du pays et une place à prendre dans son avenir.
Cette énergie mérite d’être réveillée.
Certains ont pu se décourager devant la lenteur des débouchés. D’autres ont poursuivi leur chemin ailleurs. D’autres encore attendent un signe suffisamment concret pour se remettre en mouvement. Mais ce qui a suscité leur enthousiasme demeure : la possibilité de participer à une transformation utile, de vivre de leurs compétences et de construire quelque chose au Maroc.
C’est à cette jeunesse que votre arrivée devrait parler.
Vous pourriez lui dire : nous avons besoin de vous. Puis donner à cette phrase un calendrier, des moyens et des portes auxquelles frapper.
Car la confiance revient lorsqu’une possibilité devient accessible.
Elle revient quand une jeune ingénieure comprend comment proposer ses services à une entreprise industrielle. Quand un bureau d’études peut répondre à un appel d’offres adapté à sa taille. Quand un entrepreneur obtient une réponse claire à sa demande, même si cette réponse comporte des conditions. Quand un technicien découvre qu’un équipement installé près de chez lui signifie aussi des années de maintenance et un métier durable.
**Le premier chantier pourrait être celui de la lisibilité.**
Où sont les besoins ? Quelles compétences rechercheront les entreprises ? Quels projets ouvrent des perspectives aux acteurs locaux ? À qui s’adresser pour être accompagné ? Quels délais prévoir ?
Un portail bien conçu aiderait. Mais il faudrait surtout, derrière l’écran, des interlocuteurs identifiés, des procédures compréhensibles et des réponses suivies. Pour une petite entreprise, l’incertitude administrative peut absorber autant d’énergie que la recherche de clients.
Rendre le parcours plus clair serait déjà une manière de rendre l’avenir plus proche.
Madame la Ministre, les grands projets ont leur nécessité. Ils portent une vision, mobilisent des capitaux et préparent des transformations profondes. Leur force serait plus grande encore si les jeunes pouvaient comprendre comment y participer : par la formation, la sous-traitance, les études, les services ou la maintenance.
Entre l’annonce nationale et la première mission d’un jeune diplômé, il faut construire des passerelles.
Mais l’avenir énergétique se joue également dans des lieux beaucoup plus ordinaires : une usine qui cherche à réduire sa consommation, un hôtel qui veut mieux maîtriser sa facture, une exploitation agricole qui souhaite améliorer son pompage, un bâtiment public dont les équipements doivent être modernisés.
Ces besoins pourraient devenir des terrains d’apprentissage, des premières références professionnelles, des marchés pour de petites structures. À condition de les organiser, de les financer lorsqu’un soutien est nécessaire et d’en faciliter l’accès.
**Chaque économie d’énergie peut aussi devenir une occasion de faire travailler une compétence marocaine.**
Votre ministère pourrait ainsi porter une méthode simple : associer à chaque programme une lecture de ses débouchés humains. Quels métiers ? Quelles formations ? Quelles possibilités pour les entreprises locales ? Quelles premières expériences pour les jeunes ?
Il faudrait aussi ouvrir cette conversation aux techniciens, aux installateurs, aux ouvriers qualifiés et aux étudiants de la formation professionnelle. Une transition énergétique a besoin de celles et ceux qui conçoivent les équipements, puis de celles et ceux qui les posent, les règlent et les réparent.
Elle gagnerait à parler toutes les langues du travail.
Vous pourriez enfin choisir de rendre compte régulièrement des avancées, avec des indicateurs compréhensibles. Montrer les projets réalisés, les difficultés rencontrées, les corrections engagées. Distinguer les investissements annoncés des activités effectivement lancées. Donner de la visibilité aux entreprises qui recrutent et aux formations qui débouchent.
Cette franchise renforcerait votre parole. Les jeunes peuvent entendre qu’une transformation prend du temps. Ils ont besoin de voir que ce temps sert à avancer.
Madame la Ministre, vous n’avez pas à promettre un emploi immédiat à chaque diplômé. Vous pouvez en revanche contribuer à bâtir un environnement où l’effort, la compétence et l’initiative trouvent davantage de prises.
Imaginez une jeune ingénieure qui décroche sa première mission d’efficacité énergétique. Elle travaille, apprend, gagne la confiance d’un client, puis recrute à son tour. Son histoire circule parmi ses anciens camarades. Quelqu’un qui hésitait décide de tenter sa chance.
Voilà comment l’espoir se transmet : par des preuves à hauteur de vie.
La jeunesse marocaine possède des idées, des savoir-faire et cette impatience précieuse de devenir utile. Faites-lui une place dans les chantiers qui viennent. Écoutez ses propositions. Donnez-lui des occasions de démontrer ce qu’elle sait faire.
**Le plus beau résultat de votre mandat serait peut-être qu’un jeune Marocain puisse dire : « J’ai choisi l’énergie parce que j’y voyais un avenir. Aujourd’hui, j’y construis le mien. »**












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