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Maduro capturé, mais le régime chaviste résiste


Rédigé par le Lundi 5 Janvier 2026

La capture spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, le 3 janvier, soulève de nombreuses questions. Ni l’armée du Venezuela n’a opposé de sérieuses résistances à l’agression américaine, ni le régime chaviste ne s’est effondré.



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Les frappes aériennes américaines contre des cibles stratégiques au Venezuela, suivies de l’opération spectaculaire des forces spéciales « Delta Force » pour capturer Nicolas Maduro, ont été orchestrées pour afficher la puissance des États-Unis. La déclaration triomphale de Donald Trump sur la prise de contrôle du Venezuela a cependant été perçue comme un piétinement flagrant du droit international.

Loin des déclarations triomphales, la réalité sur le terrain révèle une situation bien plus complexe.

Il est frappant de constater que l’armée vénézuélienne n’a presque opposé aucune résistance lors de l’assaut des bombardiers et des forces spéciales américaines. 

Les défenses aériennes du pays n’ont réagi que tardivement, touchant un hélicoptère américain au moment de son retrait du théâtre des opérations.

Parallèlement, les Delta Force ont échoué à neutraliser une cible stratégique pourtant cruciale dans une éventuelle prise de contrôle américaine du Venezuela : le ministre de la Défense, Vladimir Padrino López.

Dans la foulée, la vice-présidente et ministre de l’économie et des finances Delcy Rodriguez, anciennement ministre de la communication (2013-2014), des affaires étrangères (2014-2017), présidente de l’assemblée nationale constituante (2017-2018), perçue comme une figure plus pragmatique que Nicolas Maduro, a été désignée par la Cour suprême du Venezuela pour assurer la transition.

En dépit de ces événements, le régime chaviste (en référence à Hugo Chavez, le prédécesseur de Maduro), reste donc fermement aux commandes à Caracas.

L’opposition vénézuélienne désavouée

Le président Trump a, par ailleurs, déclaré que Maria Corina Machado, leader de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, ne dispose ni du « soutien ni du respect » nécessaires pour diriger le Venezuela.

Pourtant, cette dernière avait promis, en cas d’accession au pouvoir, de livrer les ressources pétrolières du pays aux entreprises américaines.

À l’évidence, Washington semble préférer traiter avec le duo Vladimir Padrino Lopez et Delcy Rodriguez, actuels détenteurs du pouvoir à Caracas. 

Bien que ces derniers soient considérés comme non moins opposés aux politiques de Washington que Nicolas Maduro, dont les compétences ont souvent été critiquées, ils apparaissent désormais comme des interlocuteurs acceptables pour les États-Unis.
La question demeure : quelle est la finalité de ce scénario hollywoodien ayant conduit à la capture de Maduro, si le régime chaviste reste en place à Caracas et semble même être un partenaire viable pour Washington ?

L’objectif était-il de pousser le peuple vénézuélien à se révolter et à renverser lui-même le régime chaviste ? Si certains membres de la diaspora vénézuélienne, majoritairement composée d’opposants, ont exprimé leur joie à l’annonce de la capture de Maduro, la réalité sur le terrain est bien différente. 

À Caracas, des milliers de Vénézuéliens ont manifesté pour dénoncer l’agression américaine et exiger la libération de leur président. Ces manifestations témoignent d’un soutien populaire persistant envers le régime chaviste, malgré ses difficultés économiques et politiques.

Ce n’est pas sans rappeler la guerre des « douze jours » entre Israël et l’Iran, en juin de l’année écoulée : l’élimination d’éminents dirigeants du régime des mollahs n’a pas déclenché le soulèvement populaire escompté.

Bien au contraire, les franges de la population iranienne les plus critiques envers le régime des mollahs ont fait bloc avec ce dernier, dans un élan patriotique qui n’était pas imprévisible.

Les prétextes de la lutte contre le narcotrafic et de l’instauration de la démocratie, allègrement brandis par les médias occidentaux, ne font plus rire personne après la dévastation de l’Irak, de la Libye et de l’Afghanistan.

Faux calculs géopolitiques

Convaincre la Russie et la Chine de laisser les États-Unis exercer leur hégémonie dans leur arrière-cour latino-américaine, dans un nouveau découpage géopolitique des sphères d’influence à l’échelle planétaire ?

Moscou et Pékin ont déclaré ne reconnaître que le régime constitutionnel au Venezuela.
Moscou n’a pas besoin de négocier avec Washington pour que l’armée russe continue de grignoter quotidiennement du terrain en Ukraine. Pas plus que Pékin pour que la marine chinoise maintienne la pression sur Taïwan, sans chercher à l’envahir, tout en important du pétrole brut vénézuélien payé en yuan.

Les dirigeants des pays d’Amérique latine, même les plus favorables aux États-Unis, tel le président ultra-libéral de l’Argentine, Javier Milei, se doivent de condamner l’agression américaine contre le Venezuela, ne serait-ce que pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec leur opinion publique, ou du moins pour ne pas se faire remarquer.

Le corollaire trumpiste de la doctrine Monroe semble produire l’exact contraire des objectifs qu’il s’est fixés, alimentant un sentiment anti-impérialiste déjà profondément ancré dans le subconscient collectif latino-américain.

Il va sans dire qu’il s’agit là d’une position largement partagée par les pays du Sud global, poussés à se tourner vers les alternatives financières proposées par la Russie et la Chine pour commercer sans craindre les effets destructeurs de sanctions occidentales, et pour bénéficier de technologies militaires afin de défendre leurs territoires et ressources.

Les dirigeants européens, qui n’ont été ni consultés, ni même prévenus de l’attaque américaine contre le Venezuela, passent désormais plus pour des laquais que pour des alliés des États-Unis.

Un ancien chauffeur de bus devenu président du Venezuela, aux performances économiques plus que désastreuses et dont la seconde réélection en 2024 est contestée pour truquage électoral, se retrouve promu symbole de la résistance à l’impérialisme américain — grâce à un promoteur immobilier devenu président des États-Unis.

Bravo l’artiste Trump.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Lundi 5 Janvier 2026


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