Le diesel recule, les Chinois accélèrent, le record approche !
Le marché automobile marocain semble bien parti pour signer une année historique. Selon les statistiques de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), publiées le 2 novembre 2026, 208 642 véhicules ont été commercialisés entre janvier et octobre, contre 186 415 durant la même période de 2025, soit une progression de 11,9 %.
Pourtant, derrière cette croissance se dessine une transformation plus profonde : les véhicules utilitaires légers accélèrent, les motorisations hybrides se démocratisent, les marques chinoises gagnent du terrain et le diesel recule. Le marché continue de croître, mais les ressorts de cette croissance évoluent.
Un record historique presque à portée de main
Avec 20 147 véhicules vendus en octobre 2026, contre 19 561 un an auparavant, le marché progresse de 3 %. Une augmentation modérée, mais qui consolide les résultats enregistrés depuis janvier.
Les dix premiers mois représentent déjà 88,6 % du record annuel établi en 2025.
Pour égaler ce niveau, il faudra écouler 26 730 véhicules supplémentaires en novembre et décembre. À titre de comparaison, les deux derniers mois de 2025 avaient totalisé 48 957 ventes.
Le record paraît donc accessible, sauf retournement particulièrement marqué du marché.
Adil Bennani, vice-président de l’AIVAM, estime d'ailleurs que les ventes pourraient se situer entre 250 000 et 262 000 véhicules à fin décembre 2026.
Une prévision qui, si elle se concrétise, confirmerait l’expansion du marché automobile marocain.
Mais une donnée invite à tempérer l’enthousiasme : le rythme de croissance ralentit nettement.
Après une progression de 22,3 % au premier trimestre, celle-ci est revenue à 14,1 % au deuxième trimestre, puis à seulement 3,5 % au troisième.
Ce tassement ne signifie pas nécessairement une crise. Il reflète notamment une comparaison avec une année 2025 exceptionnellement dynamique.
Les utilitaires légers accélèrent pendant que les voitures particulières temporisent
Le contraste est particulièrement visible dans les ventes d’octobre.
Les voitures particulières (VP) totalisent 17 235 immatriculations, soit une hausse limitée à 0,2 %.
Les véhicules utilitaires légers (VUL), en revanche, enregistrent 2 912 unités, en progression de 23,8 %. Il s’agit de leur meilleur mois depuis le début de l’année.
Sur dix mois, les VP progressent de 10,8 %, contre 20,9 % pour les VUL.
Cette différence mérite attention. Les véhicules utilitaires sont généralement liés aux activités professionnelles : commerce, logistique, transport et services.
Leur dynamisme peut donc constituer un indicateur intéressant des besoins d'équipement des entreprises. Toutefois, les seules immatriculations ne permettent pas de conclure à une accélération générale de l'investissement productif.
L’électrification avance, mais le tout-électrique reste marginal
C’est probablement l’un des enseignements majeurs de ces statistiques.
En octobre, les véhicules électrifiés représentent 23,4 % des ventes de voitures particulières, contre 16 % un an auparavant.
Sur les dix premiers mois, 33 550 véhicules électrifiés ont été commercialisés, soit une progression de 70,5 %.
Leur part cumulée atteint 18,3 % des VP. En excluant les hybrides légers, elle revient toutefois à 15,4 %.
Cette distinction est essentielle : l’électrification ne signifie pas nécessairement l’abandon du moteur thermique.
Les hybrides rechargeables (PHEV) enregistrent une progression de 114,3 %, les hybrides classiques (HEV) de 37,6 % et les hybrides légers (MHEV) de 38,3 %.
En revanche, les véhicules entièrement électriques (BEV) ne représentent encore que 0,9 % des ventes cumulées, avec 1 672 unités.
Le Maroc avance donc vers l’électrification, mais principalement à travers des solutions hybrides.
Quant au diesel, sa part tombe à 54,5 % des ventes VP en octobre. Un recul significatif, même s’il demeure la motorisation dominante.
Les constructeurs chinois bousculent les équilibres
Autre mutation spectaculaire : la progression des marques d’origine chinoise.
Avec 22 327 voitures particulières immatriculées en dix mois, elles affichent une hausse de 124,9 %.
Leur part de marché cumulée atteint 12,2 %, contre 6 % en 2025, et grimpe à 15,6 % sur le seul mois d’octobre.
Le classement des marques chinoises est dominé par BYD, avec 3 673 unités, devant MG (2 496) et Chery (2 147).
Cette évolution accentue la concurrence sur les prix, les équipements et les technologies embarquées.
Elle pose également de nouvelles questions aux consommateurs : disponibilité des pièces de rechange, qualité des réseaux après-vente, valeur de revente et fiabilité à long terme.
L’essor commercial constitue un premier test réussi. La fidélisation des automobilistes sera le second.
Dacia et Renault conservent leur domination
Malgré cette offensive chinoise, les marques historiquement bien implantées au Maroc conservent une avance considérable.
Dacia domine le classement des voitures particulières avec 41 256 unités sur dix mois, suivie de Renault avec 30 145 véhicules.
Peugeot arrive troisième avec 12 035 immatriculations, devant Hyundai (11 772) et Volkswagen (10 712).
Ces résultats montrent que le marché marocain reste structuré autour de marques disposant d’une forte notoriété et de réseaux commerciaux développés.
Mais cette position dominante n’est pas acquise pour toujours. La multiplication des offres et des nouvelles motorisations pourrait progressivement modifier les arbitrages des acheteurs.
Un marché plus grand, mais est-il devenu plus accessible ?
La progression des immatriculations ne doit pas masquer une interrogation centrale : le véhicule neuf devient-il réellement plus accessible aux ménages marocains ?
Les statistiques de ventes ne renseignent directement ni sur les revenus des acheteurs, ni sur leur endettement, ni sur les conditions de financement.
Elles ne permettent pas davantage de déterminer si la croissance profite principalement aux particuliers, aux entreprises ou aux flottes professionnelles.
La question du pouvoir d’achat automobile demeure donc entière.
L’essor des modèles hybrides et des nouveaux constructeurs pourrait élargir le choix des consommateurs. Encore faut-il que les prix d’acquisition, l’entretien et les solutions de financement suivent.
2027 : la croissance ne suffira plus
L'année 2026 pourrait entrer dans l'histoire du marché automobile marocain par son volume de ventes.
Mais le véritable changement se situe ailleurs.
Le marché devient plus diversifié, plus concurrentiel et progressivement moins dépendant du diesel. Les marques chinoises imposent de nouveaux rapports de force, tandis que les hybrides trouvent leur place dans les habitudes d'achat.
Pour 2027, les enjeux dépasseront donc la seule question du nombre de voitures vendues.
Il faudra observer l'accessibilité financière, la qualité du service après-vente, l'évolution des infrastructures de recharge et la capacité des distributeurs à accompagner des technologies de plus en plus complexes.
Le Maroc pourrait battre son record automobile en 2026. La question suivante sera de savoir si cette croissance se traduit par un marché plus accessible, plus compétitif et durablement mieux adapté aux besoins des Marocains.
Pourtant, derrière cette croissance se dessine une transformation plus profonde : les véhicules utilitaires légers accélèrent, les motorisations hybrides se démocratisent, les marques chinoises gagnent du terrain et le diesel recule. Le marché continue de croître, mais les ressorts de cette croissance évoluent.
Un record historique presque à portée de main
Avec 20 147 véhicules vendus en octobre 2026, contre 19 561 un an auparavant, le marché progresse de 3 %. Une augmentation modérée, mais qui consolide les résultats enregistrés depuis janvier.
Les dix premiers mois représentent déjà 88,6 % du record annuel établi en 2025.
Pour égaler ce niveau, il faudra écouler 26 730 véhicules supplémentaires en novembre et décembre. À titre de comparaison, les deux derniers mois de 2025 avaient totalisé 48 957 ventes.
Le record paraît donc accessible, sauf retournement particulièrement marqué du marché.
Adil Bennani, vice-président de l’AIVAM, estime d'ailleurs que les ventes pourraient se situer entre 250 000 et 262 000 véhicules à fin décembre 2026.
Une prévision qui, si elle se concrétise, confirmerait l’expansion du marché automobile marocain.
Mais une donnée invite à tempérer l’enthousiasme : le rythme de croissance ralentit nettement.
Après une progression de 22,3 % au premier trimestre, celle-ci est revenue à 14,1 % au deuxième trimestre, puis à seulement 3,5 % au troisième.
Ce tassement ne signifie pas nécessairement une crise. Il reflète notamment une comparaison avec une année 2025 exceptionnellement dynamique.
Les utilitaires légers accélèrent pendant que les voitures particulières temporisent
Le contraste est particulièrement visible dans les ventes d’octobre.
Les voitures particulières (VP) totalisent 17 235 immatriculations, soit une hausse limitée à 0,2 %.
Les véhicules utilitaires légers (VUL), en revanche, enregistrent 2 912 unités, en progression de 23,8 %. Il s’agit de leur meilleur mois depuis le début de l’année.
Sur dix mois, les VP progressent de 10,8 %, contre 20,9 % pour les VUL.
Cette différence mérite attention. Les véhicules utilitaires sont généralement liés aux activités professionnelles : commerce, logistique, transport et services.
Leur dynamisme peut donc constituer un indicateur intéressant des besoins d'équipement des entreprises. Toutefois, les seules immatriculations ne permettent pas de conclure à une accélération générale de l'investissement productif.
L’électrification avance, mais le tout-électrique reste marginal
C’est probablement l’un des enseignements majeurs de ces statistiques.
En octobre, les véhicules électrifiés représentent 23,4 % des ventes de voitures particulières, contre 16 % un an auparavant.
Sur les dix premiers mois, 33 550 véhicules électrifiés ont été commercialisés, soit une progression de 70,5 %.
Leur part cumulée atteint 18,3 % des VP. En excluant les hybrides légers, elle revient toutefois à 15,4 %.
Cette distinction est essentielle : l’électrification ne signifie pas nécessairement l’abandon du moteur thermique.
Les hybrides rechargeables (PHEV) enregistrent une progression de 114,3 %, les hybrides classiques (HEV) de 37,6 % et les hybrides légers (MHEV) de 38,3 %.
En revanche, les véhicules entièrement électriques (BEV) ne représentent encore que 0,9 % des ventes cumulées, avec 1 672 unités.
Le Maroc avance donc vers l’électrification, mais principalement à travers des solutions hybrides.
Quant au diesel, sa part tombe à 54,5 % des ventes VP en octobre. Un recul significatif, même s’il demeure la motorisation dominante.
Les constructeurs chinois bousculent les équilibres
Autre mutation spectaculaire : la progression des marques d’origine chinoise.
Avec 22 327 voitures particulières immatriculées en dix mois, elles affichent une hausse de 124,9 %.
Leur part de marché cumulée atteint 12,2 %, contre 6 % en 2025, et grimpe à 15,6 % sur le seul mois d’octobre.
Le classement des marques chinoises est dominé par BYD, avec 3 673 unités, devant MG (2 496) et Chery (2 147).
Cette évolution accentue la concurrence sur les prix, les équipements et les technologies embarquées.
Elle pose également de nouvelles questions aux consommateurs : disponibilité des pièces de rechange, qualité des réseaux après-vente, valeur de revente et fiabilité à long terme.
L’essor commercial constitue un premier test réussi. La fidélisation des automobilistes sera le second.
Dacia et Renault conservent leur domination
Malgré cette offensive chinoise, les marques historiquement bien implantées au Maroc conservent une avance considérable.
Dacia domine le classement des voitures particulières avec 41 256 unités sur dix mois, suivie de Renault avec 30 145 véhicules.
Peugeot arrive troisième avec 12 035 immatriculations, devant Hyundai (11 772) et Volkswagen (10 712).
Ces résultats montrent que le marché marocain reste structuré autour de marques disposant d’une forte notoriété et de réseaux commerciaux développés.
Mais cette position dominante n’est pas acquise pour toujours. La multiplication des offres et des nouvelles motorisations pourrait progressivement modifier les arbitrages des acheteurs.
Un marché plus grand, mais est-il devenu plus accessible ?
La progression des immatriculations ne doit pas masquer une interrogation centrale : le véhicule neuf devient-il réellement plus accessible aux ménages marocains ?
Les statistiques de ventes ne renseignent directement ni sur les revenus des acheteurs, ni sur leur endettement, ni sur les conditions de financement.
Elles ne permettent pas davantage de déterminer si la croissance profite principalement aux particuliers, aux entreprises ou aux flottes professionnelles.
La question du pouvoir d’achat automobile demeure donc entière.
L’essor des modèles hybrides et des nouveaux constructeurs pourrait élargir le choix des consommateurs. Encore faut-il que les prix d’acquisition, l’entretien et les solutions de financement suivent.
2027 : la croissance ne suffira plus
L'année 2026 pourrait entrer dans l'histoire du marché automobile marocain par son volume de ventes.
Mais le véritable changement se situe ailleurs.
Le marché devient plus diversifié, plus concurrentiel et progressivement moins dépendant du diesel. Les marques chinoises imposent de nouveaux rapports de force, tandis que les hybrides trouvent leur place dans les habitudes d'achat.
Pour 2027, les enjeux dépasseront donc la seule question du nombre de voitures vendues.
Il faudra observer l'accessibilité financière, la qualité du service après-vente, l'évolution des infrastructures de recharge et la capacité des distributeurs à accompagner des technologies de plus en plus complexes.
Le Maroc pourrait battre son record automobile en 2026. La question suivante sera de savoir si cette croissance se traduit par un marché plus accessible, plus compétitif et durablement mieux adapté aux besoins des Marocains.












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