Quand Caracas fait trembler les barils
L’événement est politique, mais ses répercussions potentielles sont économiques. L’arrestation de Nicolás Maduro, chef d’un pays disposant des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, a immédiatement déclenché une vague d’analyses et de spéculations. Les marchés, eux, restent pour l’instant prudents. Aucun choc immédiat n’a été observé sur les cours du brut.
Les experts s’accordent sur un point : les indicateurs préliminaires sont encore insuffisants pour mesurer l’impact réel de cette arrestation sur l’offre mondiale. Mais tous reconnaissent que le Venezuela reste un acteur stratégique, même affaibli.
Pourquoi le Venezuela compte encore
Pour Amine Bennouna, chercheur spécialisé en questions énergétiques, l’enjeu principal n’est pas la production actuelle mais les réserves. Le Venezuela possède les plus importantes au monde, même si sa production ne représente plus que 30 à 40 % de son niveau d’il y a dix ans.
Selon lui, la Chine, l’un des principaux acheteurs de pétrole vénézuélien, pourrait être contrainte de chercher d’autres fournisseurs si les exportations venaient à être perturbées. « Cela pourrait créer une forme de pression sur le marché international », explique-t-il, notamment si Pékin se reporte massivement sur d’autres zones déjà très sollicitées. Mais Bennouna tempère : l’impact est surtout stratégique à moyen et long terme, plus que conjoncturel.
Production pétrolière : prudence avant les conclusions
Même lecture du côté de Mohamed Jedri, expert économique. Pour lui, tirer des conclusions aujourd’hui serait prématuré. Les infrastructures pétrolières, rappelle-t-il, ont souvent montré une certaine résilience face aux crises politiques.
Il cite l’exemple de la guerre Russie–Ukraine, où la production s’est maintenue malgré le conflit. « Les installations pétrolières continuent généralement à fonctionner à un niveau minimal », souligne-t-il. Selon lui, il faudra au moins une semaine à dix jours pour savoir si la situation politique a un impact réel sur la production vénézuélienne.
Et pour le Maroc, faut-il s’inquiéter ?
Côté marocain, aucune hausse immédiate des prix à la pompe n’est attendue. Amine Bennouna rappelle que les carburants actuellement vendus proviennent d’achats antérieurs. Les délais d’approvisionnement sont longs, environ 92 jours, ce qui crée un effet tampon.
En clair, les prix resteront stables pendant au moins un mois et demi. Les fournisseurs sont appelés à faire preuve de flexibilité et à éviter toute hausse anticipée qui créerait un choc artificiel sur le marché.
Pour l’instant, les marchés observent sans paniquer. Le Venezuela reste un géant pétrolier par ses réserves, mais un acteur affaibli par sa production limitée. L’arrestation de Maduro ouvre une période d’incertitude, surtout pour les grands acheteurs comme la Chine. Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si cette crise politique se transforme — ou non — en choc énergétique mondial.












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