La rencontre entre les diplomaties marocaine et gabonaise marque un tournant plus concret : celui d’une coopération appelée à produire davantage de résultats, et à s’ancrer dans des projets tangibles plutôt que dans des intentions.
Dans leur communiqué conjoint, Nasser Bourita et Marie-Edith Tassyla-Ye-Doumbeneny ont réaffirmé la solidité des relations entre Rabat et Libreville. Une relation ancienne, nourrie par une proximité politique et une convergence de vues sur plusieurs dossiers africains. Mais cette fois, l’accent est clairement mis ailleurs : sur l’efficacité économique.
L’agriculture, l’agro-business, les infrastructures, la digitalisation et l’intelligence artificielle sont identifiés comme les nouveaux piliers de cette coopération. Un choix révélateur. Ces secteurs concentrent aujourd’hui les enjeux de souveraineté économique et de création d’emplois sur le continent. Ils traduisent aussi une volonté de sortir d’une coopération trop généraliste, parfois peu lisible pour les acteurs économiques.
Autre signal fort : la place accordée au secteur privé. Les deux ministres plaident pour une implication plus marquée des entreprises, considérées comme le véritable moteur du partenariat économique. Le message est limpide : sans investisseurs, sans opérateurs, les accords restent lettre morte.
Dans cette logique, plusieurs instruments doivent être relancés ou activés. La Commission mixte de coopération devrait se réunir dans les prochains mois pour redéfinir les priorités. Le Conseil d’affaires maroco-gabonais est appelé à retrouver un rôle central. Quant au Forum économique annoncé, il pourrait servir de plateforme concrète pour connecter projets, financements et compétences.
Sur le terrain, les attentes sont fortes. Le Gabon, engagé dans une stratégie de diversification de son économie, cherche à réduire sa dépendance aux ressources naturelles. Le Maroc, de son côté, poursuit son ancrage en Afrique avec une approche de plus en plus ciblée, axée sur le partage d’expertise et l’investissement productif.
Un observateur averti résumait, en marge de la rencontre : « Le vrai test, ce ne sont pas les communiqués, ce sont les projets qui sortent de terre. » Une remarque qui sonne juste. Car en Afrique, la compétition entre partenaires s’intensifie, et seuls les résultats concrets font la différence.
Reste donc à transformer l’essai. Les intentions sont là, les outils aussi. À condition que le rythme suive.
Si cette dynamique se confirme, le partenariat maroco-gabonais pourrait s’imposer comme un exemple crédible de coopération économique africaine, fondée sur l’action, et non plus seulement sur les déclarations.












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