Mercredi à Rabat, Ryad Mezzour et Rodrigo Gamarra, président du Parlement du Mercosur, ont posé les bases d’une coopération économique et industrielle concrète entre le Maroc et l’Amérique du Sud, avec des projets et investissements à la clé.
Les discussions, à rebours des phrases toutes faites, ont tourné autour de projets concrets, de leviers d’investissements et de possibles intensifications des échanges commerciaux entre le Maroc et les pays d’Amérique du Sud. Mezzour a souligné avec conviction la vigueur de l’économie marocaine, insistant sur le fait que cette croissance « n’est plus seulement sur le papier ». Il a évoqué les réformes structurelles, les zones industrielles en montée, et les opportunités nouvelles qui s’ouvrent dans des secteurs aussi variés que l’automobile, l’agro‑alimentaire et les énergies renouvelables.
Ce qui a particulièrement retenu l’attention, au‑delà des chiffres, c’est la tonalité politique. Mezzour a parlé d’opportunités partagées, de mise en synergie des ressources, et d’un Maroc prêt à jouer un rôle plus affirmé dans les ponts économiques entre l’Afrique, le monde arabe et l’Amérique latine. Une ambition appuyée sans réserve par Gamarra, qui, loin des positions strictement institutionnelles, a salué la position géostratégique du Maroc : « Vous êtes une porte d’entrée vers des marchés que nous voulons mieux explorer », a‑t‑il déclaré, selon des sources concordantes.
Ce n’est pas un hasard si ce message résonne aujourd’hui à Rabat. D’autres rencontres bilatérales récentes notamment avec des délégations économiques sud‑américaines ont confirmé cet intérêt renouvelé pour des échanges de taille. Il ne s’agit plus seulement de discours, mais d’un cadre politique mis en place pour soutenir des secteurs clés : industrie, création d’emplois, transfert technologique et innovation.
Gamarra, de son côté, a vertement mis en avant l’idée d’un Mercosur comme partenaire stratégique. Il a souligné la capacité de cette organisation à servir de vecteur d’investissement vers l’Afrique, avec le Maroc comme hub. Cette logique n’est pas anodine : elle s’inscrit dans un mouvement global où les économies émergentes cherchent à co‑construire des chaînes de valeur plutôt qu’à rester spectatrices des flux nord‑sud habituels.
Si certains analystes rappellent que l’agenda reste encore à préciser, l’ambition stratégique est là. Il reste maintenant à traduire ces intentions en accords tangibles, en calendriers d’investissements, et en initiatives sectorielles effectives. Les prochains mois seront déterminants pour transformer ces discussions en coopération durable.
Le Maroc envoie un signal clair : il ne se contente plus d’attirer l’investissement, il veut le co‑construire. Avec l’Amérique du Sud, le Royaume ouvre de nouvelles voies de coopération Sud‑Sud, capables de générer des opportunités concrètes pour les entreprises et la jeunesse marocaine. L’ambition est posée ; reste maintenant à transformer ces discussions en projets tangibles qui feront réellement bouger les lignes.












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