Pendant plus de quarante ans, Najib Salmi a incarné une certaine idée du journalisme sportif, exigeante et responsable.
Il appartenait à cette génération pour laquelle le journalisme sportif n’était ni divertissement creux ni caisse de résonance des passions aveugles, mais un acte de service public.
À une époque où le sport marocain entrait dans l’ère de la professionnalisation, de l’argent et de la médiatisation excessive, sa plume savait dénoncer les dérives, pointer les responsabilités et saluer, avec la même honnêteté, les avancées et les réussites lorsqu’elles étaient réelles.
Najib Salmi ne fut pas seulement un grand chroniqueur, il fut aussi un bâtisseur.
Il a contribué à inscrire le journalisme sportif marocain dans les instances régionales et internationales, avec une crédibilité forgée sur le sérieux et la constance.
N'est ce pas dans un congrès qu'il organisa à Marrakech que notre ami Gianni Merlo fut élu président de l'AIPS. N'est ce pas lui seul qui titra sur Said Aouita jeune prodige alors. Il venait d'établir un nouveau record national des 1500m...Il dira de lui sans se tromper qu'il ira très loin. Il aura été le soutien de générations de grands athlètes.
Il était présent à tous les championnats du monde et au jeux olympiques. Il me soutenait ainsi avec force et détermination.
Homme de principes, discret mais inflexible sur l’essentiel, il considérait que le respect du lecteur et la véracité de l’information n’étaient pas négociables.
Abdellatif Semlali, ministre légendaire de la Jeunesse et des Sports, son ami, se plaisait à l’appeler « Monsieur à côté ». Il l’était effectivement.
Jamais il n’a été dans le moule de qui que ce soit, même quand, un laps de temps, il avait rejoint Le Matin du Sahara, alors dirigé de main de maître par Moulay Ahmed Alaoui.
Pour moi, Najib Salmi n’était pas seulement une référence professionnelle, il était un ami, un frère et un mentor.
C’est grâce à sa confiance que j’ai pu, pendant des années, écrire dans les pages sportives de L’Opinion, apprendre le métier au quotidien, ligne après ligne, sous son regard attentif et bienveillant, subissant ses sautes d’humeur et, surtout, la correction du style et de la syntaxe.
Il m’a transmis bien plus que des techniques d’écriture :
Aujourd’hui encore, si je continue à écrire, c’est aussi parce que demeure cette voix intérieure qu’il a su faire naître, celle qui rappelle qu’on ne trahit ni le sport, ni le lecteur, ni la vérité.
Najib Salmi s’est éteint à l’âge de 78 ans, après une longue lutte contre la maladie, laissant un vide immense dans les rédactions de L’Opinion et de Challenge, auxquels il a contribué avec force et assiduité.
Il laisse un vide immense dans le cœur de tous ceux qui ont croisé sa route. Il reposera au cimetière des Chouhada à Rabat, là où lui-même avait accompagné tant d’autres amis et connaissances, de proches et de confrères, et beaucoup de ceux qui ont grandi à l’ombre bienveillante de sa plume.
Que Dieu l’accueille en Sa miséricorde.
À l’ami, au frère, au maître qui m’a montré le chemin, je ne peux dire qu’une chose : merci, Najib, pour les moments délicieux partagés, pour les mots, pour les leçons et pour l’exemple.
Les lecteurs regretteront Najib Salmi, la famille, les intimes et moi enterrons Saïd Hejaj.
Said Hejaj s'en va paisiblement se reposer. Najib Salmi se racontera lui dans l'histoire.
PAR AZIZ DAOUDA/BLUWR.COM












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