L'ODJ Média

lodj






Netanyahou, Trump et Musk à la rescousse du régime des Mollahs




Reza Pahlavi est très déçu. Le fils de l’ancien Shah d’Iran, qui se voyait déjà reprendre le trône perdu par son père, constate, non sans amertume, l’échec de la « révolution » dans son pays.

Le plus dommageable à son égard est que ses alliés ne font qu’aggraver les choses. 

Chaque fois que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’exprime publiquement pour apporter son soutien aux protestataires en Iran, il ne fait que conforter la thèse du régime des Mollahs selon laquelle les récents événements en Iran ont été manigancés par les Anglo-sionistes.

Il est, en effet, difficile de faire croire à qui que ce soit à travers le monde que Netanyahou veut le bien d’un peuple musulman. 

Encore moins aux Iraniens, qui ont enterré plus d’un millier de leurs compatriotes tués lors des bombardements menés par Israël contre leur pays pendant la guerre des douze jours, en juin de l’année écoulée.

Les calculs des uns et des autres

Le président américain Donald Trump, pour sa part, n’ignore pas que Netanyahou et Pahlavi veulent le voir mener des frappes aériennes contre l’Iran. Raison pour laquelle il ne se prive pas de faire des déclarations tonitruantes aux médias à ce sujet.

Mais il sait pertinemment qu’une implication militaire directe des Etats-Unis dans ce pays d’Asie de l’Ouest, dans le but de renverser du régime des Mollahs, entraînerait indéniablement une catastrophe régionale, probablement aussi un cataclysme géopolitique à l’échelle mondiale.

Le mieux pour le président américain serait une solution à la « vénézuélienne », qui consiste à étêter le régime en place dans le pays ciblé, sans le changer pour autant, de manière à pouvoir s’entendre, par la suite, avec les remplaçants et promouvoir, ainsi, les intérêts des Etats-Unis à moindre coût.

Le Guide suprême de la révolution iranienne Ali Khamenei n’est pas, toutefois, Nicolas Maduro. S’en prendre à cet ayatollah portant le turban noir, réservé à ceux considérés comme étant des descendants du prophète, ne manquerait pas de susciter la colère vengeresse de tous les chiites de la planète, fortement imprégnés de la culture du martyre.
 
De toute manière, l’approche pragmatique de Trump n’arrange les affaires ni de Pahlavi, ni de Netanyahou. Le premier peut dire adieu à ses ambitions de règne. Le second doit continuer de supporter la présence d’un concurrent stratégique régional, particulièrement hostile, qu’il aurait préféré voir démembrée en plusieurs entités étatiques faibles et soumises.

Le piège starlink

Le régime des Mollahs, sérieusement ébranlé par les manifestations, mais loin de s’effondrer, n’y est pas allé de main morte pour faire taire toute contestation.

Après plus de deux semaines de manifestation et d’émeutes, le bilan de la répression serait, selon les estimations, d’au moins 734 morts voir 2.500 à 3.000 morts. 

D’autres chiffres font état de 15.000 à 20.000 morts, ce qui paraît fort exagéré. 

Instruits aux techniques de révolutions de couleur qui ont fait tomber comme des châteaux de cartes nombre de régimes à travers le monde, les services de sécurité iraniens se sont empressés de couper Internet, afin, selon les points de vue, d’empêcher l’opinion publique internationale de voir ce qui se passe en Iran ou de priver les marionnettistes des moyens de tirer les ficelles depuis l’étranger.

C’est à ce niveau du développement de la situation en Iran qu’Elon Musk, le patron de SpaceX, est intervenu pour mettre le pied dans le plat. Celui qui n’avait pas activé sa constellation de plus de 9.000 satellites qui orbitent autour de la planète au profit de la bande de Gaza, quand Israël y avait coupé Internet, s’est empressé d’offrir ses services gratuitement aux protestataires en Iran.

Mal lui en pris, car les services de sécurité iraniens s’attendaient à cette manœuvre et s’y étaient préparé, avec l’aide des Russes et des Chinois, qui auraient fourni les technologies de pointe et le savoir-faire, selon des informations difficiles à valider.

Les services de sécurité iraniens ont ainsi pu repérer les emplacements des modems de connexion starlink et ont cueilli leurs utilisateurs les uns après les autres.

L’art de tout gâcher

Au commencement, ce furent les commerçants du Bazar qui ont manifesté, à partir du 28 décembre dernier, pour exprimer leur colère face à la chute vertigineuse du cours du Rial iranien, qui a perdu plus de 95% de sa valeur en 2025. Le taux de change est de plus de 1,45 million de rials pour un dollar. 

Les commerçants du Bazar, qui appartiennent à la classe moyenne, n’ont même plus assez d’argent, après conversion en devises étrangères, pour se réapprovisionner en marchandises.

Le commun des Iraniens subit, de son côté, une inflation de 42%, chiffre de 2025.

Tous les ingrédients pour un soulèvement populaire tout à fait légitime étaient, donc, réunis… puis les Israéliens et les Américains y ont vu une opportunité et ont cru bon d’activer leurs cellules d’agents dormants en Iran, afin de renverser le régime à Téhéran.

Si ce n’était pas gênant, Khamenei aurait chanté les louanges de Netanyahou, Trump et Musk, qui ont, « à l’insu de leur plein gré », sauvé son régime.

C’est par centaines de milliers que des Iraniens, thuriféraires et opposants au régime des Mollahs réunis, ont marché à travers les artères des grandes villes d’Iran pour afficher leur patriotisme.

Le régime des Mollahs suscite bel et bien le ras-le-bol d’une large majorité d’Iraniens, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils feraient confiance à des courants politiques qu’ils savent inféodés aux Etats-Unis et à Israël.

Incendier des mosquées en pays musulman n’est pas, par ailleurs, un moyen adéquat pour entraîner les foules dans une révolution.

Pour l’instant, le monde retient son souffle en attendant de voir si des missiles et des bombes ne vont pas pleuvoir sur Téhéran, Tel-Aviv et les bases américaines dans la région. 



Mercredi 14 Janvier 2026


Dans la même rubrique :
< >

Billet | Billet 2026 | Chroniqueurs invités | Experts invités | Deep Think | Quartier libre | Chroniques Vidéo | Replay vidéo & podcast outdoor | Documentaires IA


Les chroniqueurs et experts invités de L’ODJ

L’ODJ Média

Les chroniqueurs et experts invités de L’ODJ

Par ordre alphabétique. Retrouvez les articles de chaque auteur : FR en français, AR en arabe.

  • Abdallah BenzekriFR
  • Abdelaziz KoukasFRAR
  • Abdelfettah EssadikiAR
  • Abdelghani El ArrasseFR
  • Abdeslam SeddikiFRAR
  • Abdessamad AlhyanFRAR
  • Adel GhallabFR
  • Adil BenhamzaFRAR
  • Adnan DebbarhFR
  • Ali BouallouFRAR
  • Ali TounsiAR
  • Anissa Mekouar SenhadjiFR
  • Ayoub MechmoumAR
  • Aziz BoucettaFRAR
  • Aziz DaoudaFRAR
  • Aziz RabbahFRAR
  • Aziza BenkiraneFRAR
  • Badr Ben AllachAR
  • Badreddine AitlekhouiAR
  • Bargach LarbiFR
  • Dr Anwar CherkaouiFRAR
  • Dr Az-Eddine BennaniFR
  • Dr Hassan BennaniFR
  • Dr Idriss QorichAR
  • Dr Khalid FathiFRAR
  • Dr Mustapha BelaouniAR
  • Dr Zakaria Benomar FarèsFR
  • El Montacir BensaidFRAR
  • Fawzia Talout MeknassiFR
  • Hassan AbdelkhalekFRAR
  • Hicham El AadnaniFRAR
  • Lahcen HaddadFRAR
  • Marwane El BouzdainiFR
  • Mohamed El OuardiFRAR
  • Mohamed Yasser MoulineFRAR
  • Mustapha SehimiFRAR
  • Naïm KamalFRAR
  • Najib MikouFRAR
  • Omar HasnaouiFR
  • Rachid BoufousFRAR
  • Saâd FaouziFR
  • Saïd TemsamaniFRAR
  • Souad MekkaouiFR
  • Taoufiq BoudchicheFRAR
  • Yasser DerkouliFR
  • Younes AmimiAR
  • Zakaria BeralaFR


Bannière Lodj DJ

Avertissement éditorial — L’ODJ

Avertissement éditorial

Les textes publiés dans les rubriques « Quartier libre », « Chroniqueurs invités », « Coup de cœur » et « Communiqué de presse » doivent respecter la charte de L’ODJ ainsi que les règles suivantes.

  1. Un espace de libre expression. L’ODJ ouvre cet espace aux internautes et aux confrères invités, avec leur accord, afin qu’ils puissent s’exprimer sur les sujets de leur choix, dans le respect de sa charte éditoriale.
  2. Une publication soumise à modération. La rédaction de lodj.ma examine les contributions avant leur publication et veille à leur conformité avec la charte de L’ODJ.
  3. Des opinions qui engagent leurs auteurs. Les auteurs assument la responsabilité des propos et des informations contenus dans leurs contributions. Leur publication ne signifie pas que la rédaction de lodj.ma adhère aux opinions exprimées. Cette règle s’applique sans préjudice des responsabilités prévues par la législation applicable.
  4. Aucun contenu illicite ou abusif. Les propos diffamatoires, menaçants, abusifs ou obscènes, ainsi que tout contenu contraire à la loi, sont refusés.
  5. Aucune discrimination. Les propos racistes, sexistes ou portant atteinte à une personne ou à un groupe en raison de sa religion, de son origine, de son genre ou de son orientation sexuelle ne sont pas admis.
  6. Le respect du travail d’autrui. Toute forme de plagiat est proscrite. Les contributions doivent respecter les droits d’auteur et mentionner les sources des citations ou des contenus repris.
  7. Une rédaction à votre écoute. Vous pouvez nous signaler tout manquement éventuel à la charte éditoriale de L’ODJ Média en écrivant à radio.lodj@gmail.com. Merci de préciser le texte concerné et les raisons de votre signalement afin de permettre à la rédaction de l’examiner.







LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html









Vos contributions
LODJ Vidéo