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Non, ce n’est pas la première fois… Quand les penalties ratés hantent l’histoire des Lions de l’Atlas


Rédigé par le Lundi 19 Janvier 2026



À chaque génération, le même refrain revient, chargé d’émotion et parfois de colère : « On n’avait qu’à marquer ce penalty… »

Après la dernière désillusion, beaucoup ont parlé d’un traumatisme inédit, d’un moment jamais vu dans l’histoire du football marocain. Pourtant, l’enquête historique raconte autre chose. Les penalties ratés, au mauvais moment, font partie d’une longue mémoire sportive marocaine. Une mémoire fragmentée, souvent refoulée, mais bien réelle.

Le penalty, en théorie, est l’arme de la justice footballistique. Une faute sanctionnée, une chance claire, presque rationnelle. En pratique, il devient souvent une épreuve psychologique cruelle, surtout lorsque l’enjeu dépasse le simple score. Pour le Maroc, plusieurs éliminations majeures se sont jouées là : à onze mètres, face au gardien, dans un silence assourdissant ou sous un vacarme hostile.

Le premier épisode marquant remonte à la Coupe d’Afrique des Nations 1988, organisée au Maroc. Le match pour la troisième place face à l’Algérie se termine par une séance de tirs au but perdue. Les archives ne détaillent pas précisément tous les tireurs marocains ayant échoué, mais le verdict est sans appel : défaite aux penalties, frustration à domicile, et un premier signal de cette relation compliquée avec l’exercice suprême. À l’époque déjà, le penalty n’était pas qu’un geste technique : c’était une charge symbolique.

Trente ans plus tard, le scénario se répète de manière encore plus brutale lors de la CAN 2019 en Égypte, face au Bénin. Le Maroc domine, pousse, obtient ce que tout le monde attend : un penalty dans le temps additionnel. Hakim Ziyech s’élance. Le ballon frappe le poteau. Quelques minutes plus tard, les Lions sont éliminés aux tirs au but, avec deux nouveaux échecs lors de la séance. Trois penalties ratés dans le même match. Ce soir-là, l’opinion publique comprend que le problème dépasse l’individu. Le penalty devient une mécanique mentale collective.

En Coupe arabe 2021, contre l’Algérie, rebelote. Match intense, prolongations, séance de tirs au but. Un tir marocain échoue. Élimination. Là encore, la faute n’est ni tactique ni physique. Elle est émotionnelle. Les joueurs savent tirer des penalties. Ils l’ont prouvé en club, parfois au plus haut niveau européen. Mais en sélection, dans ces moments précis, le geste se grippe.

Le cas de la CAN 2023 (jouée en 2024) contre l’Afrique du Sud est encore plus parlant. Mené au score, le Maroc obtient un penalty pour revenir dans le match. Achraf Hakimi, symbole de réussite et de sang-froid, frappe… la barre. Quelques minutes plus tard, le deuxième but sud-africain scelle l’élimination. Ici, il n’y a même pas de séance : le penalty raté devient le point de bascule direct du match.

Enfin, la finale de la CAN 2025, jouée en janvier 2026 à Rabat, s’inscrit déjà dans cette lignée douloureuse. Un penalty manqué en fin de match, une occasion unique de changer le cours de l’histoire, et une défaite qui laisse un goût d’inachevé. Le stade, le contexte, l’enjeu continental : tous les ingrédients étaient réunis pour transformer ce tir en moment fondateur. Il est devenu, au contraire, un nouveau chapitre d’une vieille histoire.

Dire cela ne revient ni à accabler les joueurs ni à nier les progrès immenses du football marocain. Depuis dix ans, le Maroc a changé de dimension : infrastructures, formation, visibilité mondiale. Mais cette enquête historique montre une chose essentielle : le penalty raté n’est pas un accident isolé, c’est un symptôme. Celui d’une pression spécifique qui pèse sur la sélection nationale lors des matches couperets.

Dans les grandes nations du football, cette question est traitée comme un sujet scientifique : préparation mentale, hiérarchie claire des tireurs, répétition en conditions extrêmes, accompagnement psychologique. Au Maroc, le penalty reste souvent abordé comme une affaire de caractère individuel : « il a osé », « il a craqué ». L’histoire prouve pourtant que le problème est collectif, structurel, presque culturel.

Non, ce n’est donc pas la première fois. Et c’est précisément pour cela que la question mérite mieux que l’émotion immédiate ou la recherche d’un bouc émissaire. Tant que le penalty restera un tabou, un moment subi plutôt qu’anticipé, il continuera de hanter les Lions de l’Atlas. L’histoire ne condamne pas ; elle avertit.





Lundi 19 Janvier 2026

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