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Parler, Truth Social, BitChute… Ces réseaux sociaux alternatifs qui prônent la liberté d’expression


Ces dernières années, plusieurs plateformes clamant respecter la liberté d’expression ont émergé, constituant des alternatives aux grands réseaux sociaux, où des contenus peuvent faire l’objet de censure ou de restrictions. Elles rencontrent pourtant des difficultés avec leur concept.



Un sujet qui est souvent revenu sur le tapis ces derniers temps… C’est la liberté d’expression sur les réseaux sociaux. D’un côté, Elon Musk, qui vient de racheter Twitter, veut revoir les règles de modération du réseau social, ayant mentionné que les contenus préjudiciables seront autorisés sur la plateforme sous couvert de la liberté d’expression. De l’autre, Kanye West a décidé de racheter Parler, prisé de l’extrême droite après que ses comptes Twitter et Instagram ont été restreints à cause de ses propos antisémites. À l’image de cette plateforme, des réseaux sociaux alternatifs prônant la liberté d’expression ont vu le jour. Si ce concept est idéal pour certains, il est tout aussi problématique, y compris pour les plateformes elles-mêmes.

Des alternatives aux grands réseaux sociaux traditionnels

Parler, Truth Social, Gab, BitChute, Gettr, Rumble… Ces réseaux sociaux clamant respecter la liberté d’expression – étant donc « anti-censure » – se présentent comme des solutions alternatives aux plateformes comme Facebook, Twitter ou YouTube. « Nous défendons la liberté d’expression, la liberté individuelle et la libre circulation de l’information en ligne. Tout le monde est bienvenu », affirme Gab sur son site. « Nous sommes pour ceux qui ont quelque chose à dire et quelque chose à partager, qui croient en l’expression authentique et veulent contrôler la valeur de leurs propres créations », indique Rumble.

Si ces réseaux sociaux sont principalement d’origine américaine, certains sont disponibles en France, à l’instar de Parler ou de Gettr. Par leur philosophie, ils sont des refuges pour les internautes qui ne sont plus les bienvenus sur les plateformes traditionnelles. Donald Trump a d’ailleurs officiellement lancé Truth Social en février dernier après avoir été banni de Facebook, Twitter et YouTube, à la suite de l’invasion du Capitole en janvier 2021. Une étude du Pew Research Center publiée début octobre (qui inclut Telegram parmi ces solutions alternatives) révèle aussi que 15% des comptes importants sur ces sites ont été interdits ou démonétisés sur les autres réseaux sociaux, notamment pour avoir diffusé de fausses informations.

Entre dangers et difficultés

En prônant la liberté d’expression, ces alternatives s’exposent à quelques problèmes. Elles peuvent notamment être des sources de désinformation, de propos haineux et d’autres contenus dangereux. Les Américains interrogés par le Pew Research Center mentionnent d’ailleurs les fausses informations comme la première chose leur venant à l’esprit lorsqu’ils pensent à ces réseaux sociaux alternatifs. La majorité des adultes préfèrent que les entreprises de la tech prennent des mesures pour restreindre les publications incluant de fausses informations, même si cela limite la liberté d’expression. De l’autre côté, les fake news ne dérangent pas l’infime partie de personnes utilisant ces plateformes pour s’informer (6%). La plupart d’entre eux préfèrent que la liberté d’expression soit protégée, même si cela signifie que la désinformation et les contenus offensants sont autorisés.

Pourtant, le concept des réseaux sociaux alternatifs leur pose des difficultés sur le plan technique, soit en termes d’accessibilité. Gab s’est par exemple vu refuser l’accès sur l’App Store, le magasin d’applications d’Apple, à deux reprises : d’abord pour avoir permis la diffusion de contenus pornographiques et ensuite à cause de contenus répréhensibles, enfreignant les règles de l’entreprise concernant les discours haineux. L’application a également été retirée du Play Store de Google pour avoir violé sa politique sur les discours de haine.

Si d’autres plateformes, comme Parler et Truth Social, sont aujourd’hui disponibles sur les deux magasins d’applications, elles ne l’ont pas toujours été. Le premier a été retiré des deux boutiques à la suite de l’invasion du Capitole début janvier, en particulier à cause de son manque de modération pour les messages encourageant la violence. Le réseau social de Donald Trump est, lui, accessible sur l’App Store depuis son lancement en février, mais ce n’est que depuis ce mois-ci qu’il est disponible sur le Play Store. Il avait été refusé par Google cet été en raison de la modération des contenus jugée insuffisante.

En réalité, même si ces réseaux sociaux alternatifs clament respecter la liberté d’expression, ils modèrent les contenus des utilisateurs et cela n’est pas toujours lié à des changements nécessaires pour être accessibles sur les magasins d’applications d’Apple et de Google. Outre l’interdiction de contenus illégaux, tels que le harcèlement, la violence contre les personnes ou les animaux ou encore l’apologie du terrorisme, ils proposent aussi des outils permettant aux utilisateurs de contrôler les publications qu’ils voient (bloquer des comptes ou des mots-clés, signaler des publications, etc.). BitChute dispose même de niveaux de sensibilité de contenus, selon les directives communautaires du site : « Normal », « Pas sûr pour le travail » (langage discriminatoire, nudité, consommation de drogue…) et « Pas sûr pour la vie » (contenus bouleversants pour la plupart des individus). Le premier est appliqué par défaut à l’ensemble des publications, mais pour les deux autres, il revient aux créateurs de le faire pour avertir les utilisateurs sur la nature de leurs contenus. Finalement, même sur ces réseaux sociaux alternatifs, la liberté d’expression a des limites.

Rédigé par Kesso Diallo, Repris par la Fondation Tamkine 
#Tamkine_ensemble_nous_reussirons
 

Mercredi 2 Novembre 2022



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