L'ODJ Média

lodj





Ping pong culturel : Comment construire un roman ?


Rédigé par La rédaction le Dimanche 25 Janvier 2026

Rida Lamrini & Adnane Benchakroun



Dans le cadre de ce Ping-pong culturel, certaines conversations ne se contentent pas de passer à l’antenne : elles continuent de résonner.

Rida Lamrini & Adnane Benchakroun
Rida Lamrini & Adnane Benchakroun
L’entretien de mon ami Rida Lamrini sur Atlantic Radio, mené avec finesse par Chaib Hammadi, fait partie de celles-là. à récouter ci-dessus. Non pas parce qu’il délivre des recettes, mais parce qu’il remet en mouvement des questions que l’on croyait balisées. Après avoir interrogé le sens de lire et exploré le geste d’écrire, une étape s’impose presque naturellement : celle de la construction.

Construire, ici, ne signifie pas normaliser ni figer. Il s’agit plutôt de regarder le roman comme un champ de forces, un espace instable où se croisent intuition, méthode, doute et nécessité intérieure. À quel moment une histoire commence-t-elle vraiment ? Est-ce avec la première phrase, ou bien plus tôt, dans une obsession muette, une faille, un désaccord avec le réel ? Qu’est-ce qui fait tenir un récit au-delà de l’intrigue : l’enchaînement des faits ou la tension qui les relie ?

À l’écoute de Rida Lamrini, une idée s’impose : le roman n’est pas un objet à assembler, mais une matière à éprouver. Les personnages ne sont pas des silhouettes utiles à l’action, mais des points de résistance. Le rythme n’est pas une cadence imposée, c’est une respiration. La structure, une architecture invisible. Le doute, non pas un accident, mais un moteur. Quant à la fin, elle n’est jamais une conclusion nette : elle est souvent ce qui oblige le lecteur à relire mentalement tout ce qui précède.

C’est à partir de cette conversation, et en dialogue avec elle, que s’ouvre cette réflexion. Non pour trancher, encore moins pour prescrire, mais pour prolonger le mouvement : penser le roman non comme une réponse, mais comme une construction fragile, consciente de ses fissures — et c’est précisément là que réside sa force.

Mon humble avis : Adnane Benchakroun

En 2026, construire un roman n’a plus grand-chose à voir avec l’image scolaire de l’écrivain face à une page blanche, attendant l’inspiration comme on attend la pluie. Le roman ne commence plus forcément par une première phrase. Il commence souvent par un trouble. Une question mal posée. Une image qui insiste. Une contradiction qui refuse de se taire. On ne débute pas un roman, on l’attrape. Et parfois, c’est lui qui vous attrape.

Par où commence un roman, alors ? Rarement par l’intrigue. Presque jamais par le style. Un roman commence par une tension invisible : quelque chose doit arriver, mais on ne sait pas encore quoi, ni à qui, ni pourquoi. Le rôle de l’auteur n’est pas d’expliquer trop vite, mais de retarder intelligemment. Un bon roman est une promesse tenue lentement. Ce qui tient une histoire, ce n’est pas ce qui se passe, mais ce qui menace de se passer si rien ne change.

Les personnages ne sont pas des profils, ni des fiches psychologiques. Ce sont des zones de frottement. Ils existent parce qu’ils veulent quelque chose qu’ils ne peuvent pas obtenir sans se perdre un peu. En 2026, le personnage crédible n’est pas cohérent : il est contradictoire, parfois lâche, parfois lucide trop tard. Il avance moins par volonté que par résistance. On ne “travaille” pas un personnage, on le met sous pression. On le prive. On le laisse se tromper.

Le rythme, lui, n’est plus une question de vitesse mais de respiration. Trop rapide, le récit survole. Trop lent, il s’excuse d’exister. Le bon rythme alterne la clarté et l’opacité. Il donne au lecteur l’illusion de comprendre, puis la lui retire, juste assez pour qu’il continue. Le roman tient quand chaque chapitre répond à une question… en en ouvrant une autre, plus inconfortable.

La structure n’est pas une cage, c’est un mensonge nécessaire. Trois actes, cinq parties, fragments, spirales : peu importe. Ce qui compte, c’est la trajectoire émotionnelle. Le lecteur doit sentir qu’il va quelque part, même s’il ignore où. Une bonne structure est invisible ; on ne la remarque que lorsqu’elle manque.

Le doute, enfin, n’est pas l’ennemi du roman : c’est son carburant. Douter de son intrigue, de ses personnages, de sa fin, c’est souvent le signe qu’on est sur quelque chose de vivant. En 2026, le roman qui rassure est déjà dépassé. Celui qui inquiète, y compris son propre auteur, a une chance de durer.

Quant à la fin, elle ne doit pas fermer, mais résonner. Une fin réussie ne répond pas à tout : elle déplace la question initiale. Elle laisse le lecteur légèrement différent de celui qui a ouvert le livre. Pas plus heureux, pas plus savant : simplement plus attentif.

Écrire un roman aujourd’hui, ce n’est pas raconter une histoire. C’est organiser une expérience de doute, de désir et de lucidité différée. Le reste — technique, méthodes, outils — n’est que de la menuiserie. Utile, mais secondaire.

A récouter pour mieux comprendre ce Ping pong culturel amicalement culturel






Dimanche 25 Janvier 2026

Breaking news | Plume IA | Analyses & Finance & Bourse | Communiqué de presse | Gaming | Eco Business | Digital & Tech | Santé & Bien être | Lifestyle | Culture & Musique & Loisir | Sport | Auto-moto | Room | L'ODJ Podcasts - 8éme jour | Les dernières émissions de L'ODJ TV | Last Conférences & Reportages | Bookcase | LODJ Média | Avatar IA Live


Bannière Réseaux Sociaux



Bannière Lodj DJ






LODJ24 TV
آخر الأخبار
جاري تحميل الأخبار...
BREAKING NEWS
📰 Chargement des actualités...

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html
















Vos contributions
LODJ Vidéo