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Pourquoi la baisse de l’énergie tarde à alléger les prix alimentaires ici et ailleurs


Rédigé par La Redaction le Dimanche 6 Septembre 2026



Ce débat, et surtout les questionnements qu’il soulève sur la transmission de la baisse de l’énergie vers les prix alimentaires, méritent une investigation plus large qu’une lecture strictement maroco-marocaine. Car le décalage observé entre le reflux des cours énergétiques et la persistance de prix élevés dans les rayons n’est ni une singularité nationale, ni nécessairement la preuve mécanique d’un dysfonctionnement local.

Il renvoie à des mécanismes beaucoup plus complexes : contrats signés plusieurs mois à l’avance, coûts de transport, prix des intrants, stocks constitués à des niveaux élevés, renégociations commerciales, salaires, emballages, loyers, assurances et marges tout au long de la chaîne.

Autrement dit, pour comprendre ce qui se passe au Maroc, il faut aussi regarder ce qui se passe ailleurs.

Comparer les délais de transmission, observer les expériences européennes, analyser les structures de coûts et, surtout, distinguer ce qui relève d’un phénomène économique international de ce qui pourrait relever de spécificités marocaines.

C’est à cette condition que le débat sur les prix, les marges et le pouvoir d’achat peut sortir des procès d’intention pour entrer dans celui, beaucoup plus utile, des faits et des mécanismes.


Une baisse des cours de l’énergie ne se transmet pas immédiatement au prix des aliments. Dans une analyse publiée par The Conversation, l’économiste Cynthia Tabet décrit plusieurs délais : contrats d’électricité conclus à prix fixe, matières premières achetées en amont, stocks à écouler et négociations commerciales espacées.

L’énergie intervient à chaque étape, des engrais et des machines agricoles jusqu’au stockage et au transport.

L’exemple français illustre ce décalage sans pouvoir être transposé automatiquement ailleurs. L’article indique qu’en 2025 les prix de l’énergie ont reculé de 5,6 %, tandis que les prix alimentaires ont encore progressé de 1,2 %.

Une inflation plus faible ne signifie donc pas que les étiquettes baissent : elle signifie que leur hausse ralentit. D’autres charges, comme les salaires, les loyers, les emballages ou les assurances, peuvent rester élevées alors même que le pétrole recule.

  Pour les ménages et entreprises du Maroc, la leçon utile est méthodologique : juger l’effet d’un reflux énergétique exige de suivre toute la chaîne alimentaire, ses contrats et ses délais, plutôt que le seul cours du baril.

Les données françaises ne permettent pas d’affirmer que les mêmes rythmes valent au Maroc. Elles invitent plutôt à distinguer désinflation et baisse effective, et à demander des indicateurs locaux sur les intrants, les marges et la logistique avant d’anticiper un allègement du panier.

Cette lecture peut améliorer la transparence du débat sur le pouvoir d’achat.





Dimanche 6 Septembre 2026

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