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Pourquoi nos partis n’envisageraient-ils pas l'union nationale post-électorale ?




Par Aziz Boucetta

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Il est des moments, dans l’histoire des nations, où les peuples s’unissent autour d’une cause commune, d’un ennemi commun, d’un objectif commun. Et il est commun que, le temps d’une crise, qu’elle qu’en soit la nature, les uns et les autres taisent leurs différences particulières pour l’intérêt général. Et nous sommes en crise, dans une crise multifacette qui requiert de dépasser les clivages partisans classiques.
 

La crise, en effet, est d’abord économique, avec une activité mise au ralenti depuis plusieurs mois, bien plus que ne peut supporter ou financer le Maroc. Il est important que l’attelage gouvernemental à venir trouve une solution pour relancer la machine et, dans cet objectif, toutes les bonnes volontés sont bienvenues. Il faudra revoir le fisc, formaliser une partie de l’économie informelle, lancer une véritable stratégie agricole sur la base de la Green Generation présentée devant le roi, ressusciter le tourisme et susciter l’intérêt pour la villégiature interne, proposer une éducation qui fasse sens et une santé publique qui ne soit pas en déliquescence…
 

La crise est, ensuite, sociale, de pleines catégories de la population s’étant peu à peu paupérisées, voire ruinées. Déjà, avant la crise, le PIB/habitant du royaume était de 3.200 dollars, ce qui n’est pas Job, sans pour autant être Crésus, mais la perte de pouvoir d’achat, en plus de devoir être solutionnée sur le plan économique, aura des répercussions sur le plan social. De même que les enfants et jeunes qui ont subi de plein fouet un trauma dont ils se relèveront difficilement, et que les ménages sortent de confinements périlleux pour leur équilibre.
 

Pour l’extérieur, outre la bienheureuse surprise de la décision des Etats-Unis sur le Sahara, le Maroc a dû faire intervenir son armée à Guargarate et éviter les provocations algériennes à Figuig. Sur le plan diplomatique, puis géopolitique, les relations actuellement rock’n’roll avec l’Union européenne, Allemagne et Espagne en ligne de front, France derrière, doivent être gérées avec sagesse et rigueur, retenue mais fermeté, et l’Afrique doit être – véritablement – au centre des préoccupations gouvernementales.
 

Enfin, la crise est sanitaire, car le Maroc n’est pas encore sorti de l’œil du cyclone… si bien évidemment, nous donnons crédit à ces questions de mutations du virus, passées des variants à nationalité aux variants à l’alphabet grec. Les Marocains ont relativement bien accepté de recevoir leurs vaccins mais le royaume reste tributaire des approvisionnements. Le sérum AstraZeneca venant d’Inde reste pour l’instant en Inde et les Chinois traînent les pieds pour fournir les vaccins. De plus, on ne connaît pas encore la durée de protection de ces vaccins.
 

Alors, si le paquebot marocain est sorti de l’orage plutôt bien en point sur le plan sanitaire, les flots ne sont toujours pas calmés, et une reprise de l’épidémie est toujours possible, avec bien évidemment ses cortèges de perturbations économiques, sociales, politiques…
 

Le problème est donc aussi global que national et sa gestion devrait s’opérer aussi bien globalement que par l’ensemble du spectre partisan. Nous avons aujourd’hui un modèle de développement, une feuille de route qui nous mène en 2035, et puisqu’il semblerait que les programmes des partis politiques devront s’en inspirer, chacun avec ses spécificités et ses différences, et que les élections auront bel et bien lieu ce 8 septembre, il serait opportun d’offrir une posture exceptionnelle pour répondre à une situation tout aussi exceptionnelle.
 

Que les élections se fassent donc, et que le meilleur gagne, comme on dit sans avoir toujours raison… Mais, pour autant, les autres formations ne sont pas à écarter, et un gouvernement brassant très large serait une solution d’exception. On ne peut continuer de gérer comme si rien n’était arrivé ou comme si tout était fini. L’ensemble des forces politiques, puisqu’elles disent vouloir travailler, devraient s’impliquer dans la gestion de l’après-pandémie.
 

Et au vu de la foire d’empoigne qui se tient actuellement dans le champ politique, une telle posture des partis ne serait pas un luxe. Le PJD crie au loup complotiste contre lui, l’Istiqlal est en embuscade, le RNI reste discret mais n’en pense pas moins, le PAM essaie de se positionner, MP, USFP et PPS se préparent à ferrailler dur pour continuer d’exister.
 

Qu’ils s’unissent, deux, trois ans, et qu’ils remettent le navire à l’équilibre, sans gîte, sans cicatrices profondes, sans heurts entre eux et malheurs pour les autres. Peut-être que la perspective d’un gouvernement d’union nationale sans pour autant être pléthorique redonnerait confiance à ses électeurs encore hésitants et en mal de champions politiques…
 

Rédigé par Aziz Boucetta sur https://panorapost.com






Mardi 8 Juin 2021



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