L’humanitaire devient un moteur central
Selon la DGEF, l’augmentation des primo-délivrances est « totalement portée » par les titres accordés pour motif humanitaire, en hausse spectaculaire de 65 %. Il s’agit principalement de protections subsidiaires, de statuts de réfugiés et d’apatrides. Résultat : l’humanitaire devient en 2025 le deuxième motif de délivrance, dépassant les motifs économiques et familiaux.
Cette bascule n’est pas anodine. Elle traduit l’impact direct des tensions géopolitiques, notamment en Europe de l’Est, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Pour l’administration française, ces chiffres confirment une pression accrue sur le système d’asile, alors même que le débat politique sur l’immigration reste particulièrement tendu dans l’Hexagone.
Les étudiants toujours en tête
Malgré cette poussée humanitaire, le motif étudiants demeure le premier canal d’accès au séjour en France. Près de 118 000 premiers titres ont été délivrés à des étudiants en 2025. Après une année 2024 marquée par la stagnation, les délivrances repartent à la hausse avec +6,4 %. Cette reprise s’explique par le retour de la mobilité internationale, notamment en provenance d’Asie et d’Afrique, mais aussi par l’attractivité persistante des universités et grandes écoles françaises. Pour Paris, le maintien de ce flux est stratégique, tant sur le plan académique qu’économique.
Le recul des titres économiques
À l’inverse, les premiers titres délivrés pour motif économique reculent nettement, avec une baisse de 12,6 %. La DGEF évoque un double phénomène : moins de titres accordés aux salariés étrangers et un net repli des autorisations pour travailleurs saisonniers. Cette évolution intervient dans un contexte de ralentissement économique, de durcissement de certaines procédures et de volonté affichée de privilégier la main-d’œuvre locale. Elle alimente aussi les critiques de certains secteurs professionnels qui peinent à recruter, notamment dans l’agriculture, le bâtiment et la restauration.
Les Marocains restent en tête
Sur le plan des nationalités, dix pays concentrent près de la moitié des primo-délivrances. Les ressortissants africains représentent environ 32 % du total. Malgré une légère baisse des titres accordés aux pays du Maghreb, ceux-ci demeurent largement majoritaires. Les Marocains conservent leur place de première nationalité bénéficiaire, une position qu’ils occupent sans interruption depuis 2017. En 2025, un nouveau titre sur dix leur a été attribué, principalement pour des motifs étudiants, familiaux et économiques. Cette continuité reflète la densité des liens humains, universitaires et familiaux entre le Maroc et la France.
D’autres profils en forte progression
Parmi les autres nationalités citées, les Chinois, Américains et Camerounais obtiennent majoritairement des titres étudiants. Les Afghans bénéficient presque exclusivement de titres humanitaires, tandis que les Ukrainiens relèvent également en majorité de ce motif, conséquence directe de la guerre. En parallèle, les renouvellements de titres augmentent eux aussi. En 2025, près de 955 000 renouvellements ont été accordés, en hausse de 7,6 %, principalement portés par les titres familiaux.
Une présence étrangère en hausse
Au total, la population étrangère en situation régulière en France atteindrait environ 4,5 millions de personnes fin 2025, soit une augmentation annuelle de 3,2 %. Un chiffre qui alimente, là encore, un débat politique sensible, entre impératifs humanitaires, attractivité universitaire et contrôle migratoire.












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