Créer une société ne garantit pas sa survie
Ce chiffre mérite pourtant une lecture moins euphorique. Créer juridiquement une entreprise n'équivaut pas à bâtir une activité durable. Certaines structures restent sans salariés, d'autres cessent rapidement leurs opérations, tandis qu'une partie du tissu entrepreneurial demeure fragile face au financement, aux retards de paiement ou à l'accès aux marchés.
Le nombre d'immatriculations décrit une impulsion. Il ne mesure ni la survie à trois ans, ni les emplois stables, ni la valeur effectivement produite. La dynamique reste néanmoins encourageante dans un pays où le secteur privé est appelé à jouer un rôle plus important dans la création d'emplois.
La Société financière internationale estime que des réformes favorisant davantage l'investissement privé pourraient permettre au Maroc de générer jusqu'à 1,7 million d'emplois supplémentaires d'ici 2035. Il s'agit d'un potentiel conditionnel, lié à l'amélioration de la concurrence, du financement, de la productivité et du climat des affaires.
Transformer l'élan entrepreneurial en emplois durables
La bonne question n'est donc plus uniquement de savoir combien d'entreprises naissent chaque mois. Elle consiste à suivre celles qui embauchent, exportent, innovent et traversent leurs premières années sans disparaître silencieusement des radars.
Le Maroc dispose visiblement d'une énergie entrepreneuriale. Encore faut-il lui offrir un environnement où créer une société ne soit pas la partie la plus simple de l'aventure.












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