Une campagne née du Web et qui capte l’attention
Selon les données de suivi, ChatGPT compte près de 900 millions d’utilisateurs actifs par semaine, ce qui en fait de loin l’IA conversationnelle la plus utilisée à l’échelle mondiale.
Pourtant, malgré ce quasi-monopole d’usage, le mouvement QuitGPT gagne du terrain, notamment auprès d’une communauté d’internautes critiques vis-à-vis de l’industrie technologique et de ses décisions stratégiques.
Le nom du mouvement est simple mais évocateur : QuitGPT, littéralement « Quitter GPT ». Il suggère une rupture volontaire, non pas seulement technique mais aussi philosophique, avec l’écosystème dominé par OpenAI.
Sur Reddit, Instagram ou encore le site dédié du mouvement (quitgpt.org), les militants partagent des messages, des témoignages et des arguments pour convaincre les utilisateurs de mettre fin à leur abonnement ChatGPT Plus : l’offre premium payante de la plateforme.
Les raisons derrière l’appel au boycott
La campagne QuitGPT se base sur plusieurs critiques ciblées à l’encontre d’OpenAI :
Des liens politiques controversés :
L’un des arguments phares du mouvement concerne des dons politiques effectués par des dirigeants d’OpenAI à des comités d’action politique (Super PAC) associés à des figures politiques controversées. Ces contributions, notamment des dizaines de millions de dollars, ont suscité l’indignation chez certains utilisateurs, pour qui cela contredit l’image d’une entreprise technologique neutre et apolitique.
Pour les fondateurs de la campagne, rester abonné revient à financer indirectement des prises de position politiques ou des engagements qui ne reflètent pas forcément les valeurs de toute la communauté technologique ou des utilisateurs.
Utilisation par des agences gouvernementales :
Un autre motif fréquemment évoqué est l’utilisation par certaines agences publiques notamment l’agence américaine Immigration and Customs Enforcement (ICE) de technologies basées sur les modèles d’OpenAI, notamment pour analyser des CV ou automatiser des tâches administratives. Cela alimente un débat plus large sur l’éthique d’intégrer des outils d’IA dans des contextes sensibles.
Selon les organisateurs, cela pose un dilemme moral pour des utilisateurs qui, tout en profitant d’une technologie puissante, se retrouvent liés à des applications qui ont des implications sociales ou politiques préoccupantes.
Exploration d’alternatives et loyauté envers la communauté :
QuitGPT ne se contente pas de critiquer OpenAI : la campagne encourage également à tester des alternatives. Parmi celles mentionnées figurent des IA concurrentes comme Gemini de Google, Claude d’Anthropic ou encore divers modèles open-source disponibles librement.
Les partisans de la campagne soulignent que dans un marché de l’IA en pleine expansion, dépendre d’un seul acteur dominant peut réduire la diversité et l’innovation. En poussant les utilisateurs à migrer vers d’autres solutions, ils espèrent créer un signal fort en faveur d’un écosystème d’IA plus diversifié et démocratique.
Une dynamique virale
La campagne s’est rapidement propagée au cours des dernières semaines, alimentée par des hashtags viraux et des partages sur les réseaux sociaux.
Un message viral d’un acteur hollywoodien, par exemple, aurait contribué à amplifier la portée du mouvement en touchant un public bien au-delà des cercles techniques.
Ce phénomène n’est pas isolé. Sur Reddit; l’un des lieux d’origine de QuitGPT. Les discussions sur le boycott accumulent des milliers de réactions, certains utilisateurs exprimant leur soutien actif, d’autres critiquant l’approche ou restant sceptiques face à l’impact réel d’un tel mouvement.
Impact réel : entre symbolisme et pression économique
Malgré une mobilisation notable en ligne, il est difficile d’évaluer avec précision l’impact concret de QuitGPT sur les abonnements payants de ChatGPT. Même si des milliers d’utilisateurs annoncent leur intention de résilier, ces chiffres restent encore une fraction infime des centaines de millions d’abonnés à l’écosystème ChatGPT.
Pour certains observateurs, un boycott doit atteindre une masse critique suffisante avant d’exercer une pression tangible sur une entreprise aussi grande qu’OpenAI.
Cela nécessite que la résiliation devienne plus qu’un geste symbolique qu’elle se traduise par un impact financier concret, notamment sur les revenus récurrents générés par les abonnements payants.
Une évolution du débat public autour de l’IA
Au-delà de son échelle, la campagne QuitGPT reflète une transformation importante dans la manière dont les utilisateurs perçoivent les technologies d’intelligence artificielle. Ce n’est plus seulement une question d’utilité ou de performance technique : les enjeux éthiques, politiques et sociaux sont désormais au cœur des discussions.
Alors que l’IA s’impose dans tous les aspects de la vie quotidienne de l’éducation à la productivité professionnelle; des mouvements comme QuitGPT témoignent d’un public de plus en plus attentif à l’ensemble du spectre d’impacts sociétaux de ces technologies.
La campagne QuitGPT illustre une réaction citoyenne inédite face à l’omniprésence d’une technologie devenue indispensable pour des millions d’utilisateurs dans le monde.
Plus qu’un simple appel à résilier un abonnement, il s’agit d’une critiue éthique et politique de l’industrie de l’IA, révélatrice des tensions actuelles entre innovation technologique et responsabilité sociale.












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