Quoi de neuf dans les Cancers du côlon et du rectum ?

Interview avec Dr Aïcha BARGACH, Spécialiste dans les maladies digestives par Dr Anwar CHERKAOUI


Les cancers du côlon et du rectum peuvent toucher l’adulte jeune à partir de 50 ans. Les mauvaises habitudes alimentaires sont pour beaucoup dans le déclenchement de ces cancers. Le diagnostic précoce permet la guérison de ces cancers. Il y a des examens simples et peu coûteux pour détecter ces cancers qui peuvent être très handicapants et très lourds à gérer. Entretien avec une spécialiste de l'appareil digestif, Dr Aïcha BARGACH.



Dr Anwar CHERKAOUI : Qu’appelle t-on un cancer colorectal ? 
Dr Aïcha BARGACH : Le côlon et le rectum constituent ce qu’on appelle le gros intestin, c’est-à-dire la dernière partie du tube digestif.
Le cancer colorectal se développe sur plusieurs années, en grande majorité à partir de polypes (tumeurs bénignes) se développant sur la paroi intérieure du côlon et du rectum. Enlever un polype bénin permet d'éviter un cancer du côlon potentiel.

Environ 40 % des cancers touchent le rectum et 60 % le côlon.

Dr Anwar CHERKAOUI : Quelle est l’ampleur du cancer colo rectal dans le monde et au Maroc ? 
Dr Aïcha BARGACH : Au Maroc, le cancer colorectal (CCR) est le troisième cancer le plus fréquent chez les hommes et les femmes (2484 cas par an, soit 7,1% du total).

Chaque année, près d'un million et demi de nouveaux cas de cancer colorectal est diagnostiqué dans le monde. 
Le Japon et l'Amérique du Nord présentent les taux d'incidence les plus élevés. La France présente des taux d'incidence moyens légèrement inférieurs à l'incidence moyenne en Europe de l'Ouest, et stables durant ces dernières décennies.

Dr Anwar CHERKAOUI : Quels sont les facteurs de risque d’un cancer colorectal ?
Dr Anwar BARGACH : En premier l’âge. la quasi-totalité des cancers colorectaux sont observés chez des personnes de plus de 50 ans. Il y a ensuite une prédisposition familiale : le risque de cancer colorectal est multiplié par deux à trois si un parent du premier degré (parents, frères et sœurs, enfants) a eu un cancer colorectal. Ensuite, on trouve des antécédents personnels : les personnes qui ont déjà eu un cancer colorectal sont plus à risque d’en développer un autre.De même, certaines maladies héréditaires du côlon : par exemple, la polypose familiale adénomateuse ou le syndrome de Lynch, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Le diabète de type 2 et l’obésité (qui sont des maladies liées à un apport calorique élevé et à une absence d’exercice physique régulier). Le manque d’exposition régulière au soleil (probablement par insuffisance du taux de vitamine D dans le sang). Le tabagisme. Un excès de consommation de boissons alcoolisées. Une alimentation riche en charcuteries, en grillades au barbecue et en aliments fumés (qui contiennent des substances favorisant l’apparition de cancers digestifs). Une alimentation pauvre en fibres alimentaires (présentes dans les fruits, les légumes, les céréales complètes).


Dr Anwar CHERKAOUI : Quels sont les signes qui doivent alerter, afin de détecter un CCR à ses débuts ? 
Dr Aïcha BARGACH : Le cancer colorectal évolue silencieusement, sans donner de signes particuliers. Il est rare que le sang dans les selles soit visible. D’où l’importance de se faire dépister régulièrement à partir de l’âge de 50 ans par un test immunologique qui permet de repérer 70 à 80 % des cas. Il consiste à rechercher du sang occulte dans les selles. 

Parmi les signaux d’alerte les plus fréquents : Des épisodes prolongés de diarrhée ou de constipation, des ballonnements, douleurs abdominales, une fatigue inexpliquée, une perte de poids et la présence de sang dans les selles. Ils ne sont pas spécifiques au cancer du côlon, mais le médecin s’en assurera en prescrivant une coloscopie. 

Dr Anwar CHERKAOUI : Quel est le rôle de la coloscopie dans le diagnostic du CCR ? 
Dr Aïcha BARGACH : La coloscopie est l’examen de référence pour diagnostiquer un cancer du côlon. Il permet de détecter des polypes avant qu’ils ne deviennent cancéreux ou des lésions de très petites tailles qui peuvent être retirées. En cas de lésions plus importantes, on prélève une partie de la tumeur pour l’analyser (biopsie). Si elle se révèle cancéreuse, l’examen est complété par un scanner pour évaluer l’étendue du cancer.

Dr Anwar CHERKAOUI : A partir de quel âge, femme et homme doivent benefcier d’une coloscopie ? 
Dr Aïcha BARGACH : L’examen est recommandé à partir de 45 ans pour les personnes à risque, c’est-à-dire celles ayant des antécédents familiaux ou personnels de cancer colorectal ou encore souffrant de troubles de l’appareil digestif. Pour les individus ne présentant aucun symptôme et sans antécédents connus, la coloscopie est indiquée vers 50 ans.

Dr Anwar CHERKAOUI : Sur quoi se basent les traitements des cancers colo rectaux? 
Dr Aïcha BARGACH : Ils ont beaucoup évolué avec les progrès de la chirurgie et de la chimiothérapie et le développement des thérapies ciblées pour traiter les stades métastatiques. Le premier traitement reste chirurgical et consiste à enlever la partie du côlon où se trouve la tumeur.

Si les examens préopératoires ont signalé la présence de métastases, un traitement par chimiothérapie néo-adjuvante (c’est-à-dire avant l’intervention chirurgicale) est proposé afin de les faire régresser. Puis, l’opération est programmée. 

Pour les cancers localisés, la chirurgie peut suffire. Mais si la tumeur est agressive, si des ganglions sont atteints ou en cas de métastases, les médecins préconisent un traitement par chimiothérapie combinée parfois à une immunothérapie comprenant des anticorps monoclonaux, des médicaments qui freinent la croissance de la tumeur en l’empêchant de se développer .

En cas de cancer du rectum, la stratégie thérapeutique n’est pas tout à fait la même. Une radiothérapie associée à une chimiothérapie est proposée car elle permet de potentialiser l’effet de la chimiothérapie et faire fondre la tumeur pour un meilleur résultat une fois la chirurgie est programmée. 

Dr Anwar CHERKAOUI : Quelle est l’espérance de vie d’un cancer colorectal traité ? 
Dr Aïcha BARGACH : La survie varie selon le stade du cancer colorectal. En général, plus on diagnostique et on traite le cancer colorectal à un stade précoce, meilleur est le pronostic.

Rédigé par Dr Anwar Cherkaoui
 




 

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Lundi 12 Septembre 2022



Rédigé par Salma Chaoui le Lundi 12 Septembre 2022

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