Une croissance qui dépasse le simple effet de conjoncture
Cette performance s’inscrit dans une trajectoire de redéploiement engagée depuis plusieurs années, visant à réduire la dépendance à l’Europe et à renforcer la présence sur des marchés à fort potentiel. En 2025, les ventes hors Europe de la marque Renault ont progressé de 11,7 %, confirmant une dynamique bien plus vigoureuse que sur les marchés historiques. Résultat : 38 % des ventes mondiales de la marque sont désormais réalisées hors du Vieux Continent.
En Europe, la situation reste contrastée. Le marché y demeure globalement stable, avec une demande soutenue sur certains segments, notamment les véhicules particuliers. Renault y parvient à tirer son épingle du jeu, mais sans l’effet d’accélération observé ailleurs. C’est donc bien à l’international que s’est jouée une partie décisive de l’exercice 2025.
Le Maroc, vitrine et levier stratégique
Dans cet ensemble, le Maroc se distingue nettement. Les ventes du groupe y ont bondi de 44,8 % sur l’année, un chiffre qui tranche avec la moyenne mondiale et qui illustre l’ancrage croissant du Royaume dans la stratégie de Renault. Cette progression spectaculaire ne s’explique pas uniquement par un rattrapage post-crise. Elle reflète aussi la vitalité du marché local, la pertinence de l’offre proposée et la confiance accordée à la plateforme industrielle marocaine.
Pour de nombreux observateurs, cette performance confirme une réalité de terrain : le Maroc n’est plus seulement un site de production compétitif, mais un marché à part entière, capable de tirer la croissance d’un constructeur mondial. Dans les réseaux de distribution comme dans les usines, l’année 2025 a été marquée par une activité soutenue, portée par une demande interne plus robuste et une meilleure disponibilité des modèles.
Un exploit qui pose aussi des questions
Cet exploit commercial n’efface pas pour autant les défis à venir. La concurrence s’intensifie, notamment sur les segments électrifiés, tandis que les attentes en matière de prix, de qualité et d’impact environnemental deviennent plus exigeantes. Pour Renault, maintenir ce rythme supposera de continuer à investir, à innover et à adapter ses gammes aux réalités locales, sans perdre en cohérence globale.
En 2025, Renault n’a pas seulement vendu plus de véhicules. Le groupe a démontré sa capacité à se réinventer géographiquement. Dans cette recomposition, le Maroc apparaît comme un pilier discret mais décisif. Un exploit commercial, certes, mais aussi un signal fort : celui d’un Royaume qui compte désormais dans les équilibres de l’industrie automobile mondiale.












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