Des effectifs en baisse, surtout dans les collectivités
Sur la période étudiée, les effectifs globaux de la fonction publique de l’État et des collectivités territoriales ont diminué de 3,22 %. La baisse reste limitée du côté de l’État, avec 565.252 fonctionnaires civils en 2023, contre 568.769 en 2018. En revanche, le recul est nettement plus marqué au niveau des collectivités territoriales, dont les effectifs sont passés de 100.667 à 82.539 agents, soit une contraction moyenne annuelle de 3 %.
Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs structurels. La Cour cite l’accélération des départs à la retraite, la faiblesse des recrutements, le redéploiement de personnels vers les services déconcentrés du ministère de l’Intérieur, ainsi que l’effet de la digitalisation de certains services administratifs.
Une masse salariale en hausse continue
Malgré cette baisse des effectifs, les dépenses de personnel ont progressé de 26 % sur la même période. Les rémunérations des fonctionnaires de l’État sont passées de 121,19 milliards de dirhams en 2018 à 155,79 milliards en 2023, soit une croissance annuelle moyenne de 4,8 %.
Dans les collectivités territoriales, l’évolution est plus contenue. La masse salariale est passée de 11,75 à 11,85 milliards de dirhams, avec une progression quasi nulle. La Cour explique cette divergence par les augmentations issues du dialogue social, les avancements et promotions, la suppression de l’échelle 7, la création de nouvelles grilles indiciaires, ainsi que l’introduction d’indemnités de responsabilité depuis 2020.
Un poids budgétaire toujours élevé
Au niveau macroéconomique, la part des salaires publics de l’État est passée de 10,14 % du PIB en 2018 à 10,73 % en 2023, malgré une hausse significative du PIB national. La masse salariale représente encore 57 % des dépenses de fonctionnement de l’État, limitant les marges de manœuvre budgétaires.
Dans les collectivités territoriales, les disparités sont fortes. Les salaires absorbent 74 % des dépenses de fonctionnement dans les provinces et préfectures, contre seulement 13 % dans les régions.
Des déséquilibres structurels persistants
Pour la Cour des comptes, ces chiffres traduisent des déséquilibres de gouvernance : hausse des coûts sans lien clair avec la performance, disparités territoriales marquées et manque de coordination des réformes. En l’absence d’une vision intégrée du capital humain territorial, la capacité de l’administration à accompagner la régionalisation avancée et les grands chantiers de développement reste limitée.












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