Cette réalité pose une question qui revient régulièrement dans les débats sportifs et citoyens :
Le paradoxe apparaît encore plus frappant aujourd’hui, alors que le Maroc vit une période exceptionnelle de son histoire footballistique.
Les performances de la sélection nationale, l’engouement populaire autour du football et les ambitions du Royaume dans l’organisation des grandes compétitions internationales imposent une réflexion globale sur la répartition des infrastructures sportives.
Dans cette dynamique, Salé semble présenter de nombreux arguments pour accueillir une grande enceinte dédiée au football.
Son bassin démographique important, son accessibilité et la présence d’une jeunesse passionnée par le sport constituent des atouts majeurs pour un projet d’envergure locale, régionale et nationale.
Un grand stade ne serait pas seulement un lieu destiné à accueillir des matchs. Il pourrait devenir un véritable centre de vie sportive et économique, avec des espaces de formation, des infrastructures dédiées aux jeunes talents, des activités commerciales et une capacité à générer de nouveaux emplois.
Le football moderne ne se limite plus aux quatre-vingt-dix minutes d’une rencontre.
Le Maroc ambitionne aujourd’hui de s’imposer durablement parmi les grandes nations du football.
Cette ambition nécessite des infrastructures réparties équitablement sur l’ensemble du territoire. Une ville comme Salé, qui est la 2eme ville la plus peuplée du Maroc après Casablanca doit être un véritable acteur de la culture footballistique natiinale, afin de contribuer davantage à cette dynamique à condition de disposer d’un équipement à la hauteur de ses ambitions.
Un stade moderne pourrait offrir aux clubs locaux, aux associations sportives et aux jeunes joueurs un outil permettant de structurer davantage la pratique du football et de favoriser l’émergence de nouveaux talents.
Sur le plan économique, la construction d’un grand stade doit être considérée comme un investissement stratégique et non comme une simple dépense. Lorsqu’il est intégré dans une vision globale d’aménagement, un stade peut devenir un moteur de développement local.
Il peut accueillir des compétitions nationales et internationales, des événements culturels, des activités économiques et renforcer l’attractivité d’une région entière.
La dimension sécuritaire constitue également un argument important.
Un stade conçu selon les normes internationales permettrait une meilleure organisation des flux de supporters, une gestion optimisée des accès et un environnement plus adapté aux exigences actuelles du sport de haut niveau.
Face à cette réalité, une interrogation demeure : les arguments avancés par les décideurs du football marocain pour ne pas inscrire Salé parmi les villes bénéficiaires d’un grand stade sont-ils suffisamment convaincants ?
Il existe certainement des contraintes liées aux priorités nationales, aux choix d’aménagement du territoire, aux investissements déjà engagés dans d’autres villes ou encore à la nécessité de moderniser certaines infrastructures existantes.
Mais ces considérations doivent être confrontées à une évidence : Salé n’est pas une ville secondaire. Elle fait partie d’un ensemble urbain majeur du Royaume et possède des atouts qui dépassent largement ses limites géographiques.
Construire un grand stade à Salé ne serait pas uniquement répondre à une revendication locale.
Dans un Maroc qui aspire à accueillir les plus grands événements footballistiques et à transmettre aux générations futures une véritable culture sportive, chaque territoire capable de porter cette ambition mérite d’être considéré.
La culture a déjà trouvé sa scène à Salé. Le football attend encore la sienne.
Par Dr Anwar CHERKAOUI.












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