Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
La modernisation des infrastructures sanitaires a connu une accélération remarquable. Alors qu'entre 200 et 400 centres de santé avaient été réhabilités au cours de la décennie précédente, le programme actuel prévoit la réhabilitation et l'équipement de plus de 1 400 centres de santé, rapprochant davantage les soins des citoyens, notamment dans le monde rural.
Le réseau hospitalier universitaire connaît également un développement inédit.
Après plusieurs années marquées par la création limitée de nouveaux CHU, plusieurs centres hospitaliers universitaires ont été réalisés ou sont en cours d'achèvement, renforçant ainsi l'offre de soins spécialisés dans plusieurs régions du Royaume.
La réforme la plus structurante demeure sans doute la généralisation de l'Assurance Maladie Obligatoire. Le nombre de bénéficiaires est passé d'environ 8,5 millions à plus de 23 millions, ouvrant ainsi l'accès aux soins à une grande partie de la population qui en était auparavant privée.
Parallèlement, le programme d'aide sociale directe bénéficie désormais à près de 4 millions de ménages, renforçant la protection des familles les plus vulnérables et consolidant les fondements de l'État social.
Ces investissements s'accompagnent d'un effort important pour renforcer les ressources humaines, moderniser les équipements médicaux, améliorer l'accès aux médicaments et développer les infrastructures hospitalières sur l'ensemble du territoire.
Certes, des défis demeurent : réduire les délais d'attente, améliorer la qualité des services, renforcer la présence des médecins dans les zones rurales et poursuivre la modernisation des établissements de santé.
Mais il est indéniable que la dynamique engagée marque une rupture avec le passé et ouvre une nouvelle étape dans la réforme du système de santé marocain.
Les priorités du prochain gouvernement
- Porter progressivement le budget de la santé à 5 % du PIB, conformément aux recommandations internationales.
- Former et recruter davantage de médecins, infirmiers et professionnels de santé , avec des mesures incitatives pour les régions les moins dotées.
- Achever la réhabilitation des 1 600 centres de santé et accélérer la mise en service des nouveaux CHU.
- Poursuivre la digitalisation du système de santé, grâce au dossier médical électronique, à la télémédecine et à l'intelligence artificielle pour améliorer la qualité et la rapidité des soins.
- Développer une véritable industrie pharmaceutique et biotechnologique nationale, afin de renforcer la souveraineté sanitaire du Royaume.
- Réduire les inégalités territoriales en garantissant à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité, quel que soit son lieu de résidence.
- Renforcer la prévention, le dépistage précoce et l'éducation sanitaire afin de diminuer durablement les maladies chroniques.
Le Maroc dispose aujourd'hui des bases d'une transformation historique de son système de santé.
Le défi des prochaines années ne sera plus seulement d'investir davantage, mais de transformer ces investissements en une amélioration concrète de la qualité des soins, de la satisfaction des citoyens et de la performance globale du système sanitaire.
C'est à cette condition que le Royaume pourra consolider durablement son État social et faire de la santé un véritable levier de développement humain et de compétitivité nationale.
Rédigé par Abdelghani El Arrasse : Analyste économique Membre de L’AEI.












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