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Séisme d’al Haouz : la classe politique absente, vraiment ?...


Quand la terre tremble, et qu’elle tremble dans un pays comme le Maroc, la société frémit, se met en branle et agit. La société dans toutes ses composantes et à travers tous ses secteurs. Et c’est ce qu’on a pu voir dès le samedi 9 septembre, au lendemain du tremblement de terre qui a secoué la région d’al Haouz, et au-delà. Il reste la société politique qui, elle, il faut le reconnaître, agit aussi, contrairement à ce qui se dit et s’écrit ici et là.



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Par Aziz Boucetta

1/ Les partis politiques. Ils se divisent, globalement, en trois catégories. Ceux qui ont agi en mobilisant leurs bases et en envoyant des aides, dans la discrétion et l’efficacité ou dans le tapage avec l’estampille de leurs véhicules à leurs couleurs (auquel cas le ministère de l’Intérieur a réagi en bloquant ces convois ou en les contraignant à retirer leurs emblèmes). Ceux qui se sont contentés de publier des communiqués, « se montrant affligés… », « récitant des prières… », « présentant leurs condoléances ou remerciant le roi pour ses décisions… », mais rien de plus. Et, à tout seigneur tout honneur, le RNI, qui semble confondre son action partisane avec celle du gouvernement qu’il dirige.

Mais, globalement, il faut reconnaître ce qui est : les responsables politiques, comme tous les autres, se sont mobilisés, sur le terrain, coordonnant des aides, soutenant et accompagnant les autorités publiques dans toutes leurs composantes pendant leurs opérations de secours.

Et pour les plus organisées et les plus aguerries de ces formations politiques, comme l’Istiqlal, le PJD ou encore le PPS, les organisations parallèles (femmes, jeunes, amicales professionnelles) sont montées au front, au sens propre et figuré, pour apporter leurs aides matérielles et morales.

La question cependant demeure, que les chefs de partis devront se poser, de savoir quels montants ont-ils réellement engagé en soutien aux victimes du tremblement de terre, par rapport à ce qu’ils avaient dépensé lors de la dernière échéance électorale. Seuls eux, ces responsables, en plus de quelques personnes bien informées, détiennent la réponse à cette question.

2/ Le gouvernement. Il est mobilisé avec l’ensemble de ses moyens humains, financiers, techniques et matériels. Intérieur, Equipement, Education, Solidarité, Culture, Santé, Défense nationale… l’ensemble des départements est sur le pied de guerre. La différence est cependant à faire entre celles et ceux des ministres...

qui ont su trouver le juste équilibre entre les instructions royales, dont ils/elles se réclament tous, et les initiatives spontanément prises avec leurs équipes. Cette différence est nette entre les ministres politiques et « régaliens » d’une part et les ministres « parachutés », tétanisés par l’ampleur des dégâts et de la tâche, et qui sont donc « guidés » par leurs administrations, et certains autres comme celui de la Justice ou celle du Tourisme au comportement inadéquat (habillement, réactivité...).

 

3/ Le parlement. Une distinction doit être introduite entre les parlementaires, et spécialement ceux représentant les régions sinistrées et qui sont actifs dans leur grande majorité, et le parlement en tant qu’institution. Et en tant qu’institution, il ne semble pas y avoir eu un effort particulier du parlement, dans ses deux Chambres, à l’exclusion des actions individuelles, et en dépit des témoignages de gens en colère qui n’ont pas réussi à joindre leurs élus ; on ne peut et on ne doit pas généraliser à l’ensemble de ces élus les comportements indignes de certains.

Au niveau de l’institution, on se souvient de la célérité déployée par les Deux Chambres, en début d’année, pour répondre au parlement européen qui avait voté une résolution contre le Maroc : séance commune, déclarations, réévaluation des relations, séances d’études et de réflexion… Et pour les gens d’al Haouz ? La question mérite d’être posée et mérite plus de recevoir une réponse, surtout quand on rappelle le budget cumulé du parlement, soit plus de 700 millions de DH, dont 15 en indemnités mensuelles.

4/ Les syndicats. Ils comptent encore au nombre des disparus, mais des disparus qu’on ne recherche même pas… Quant à la CGEM, syndicat elle aussi, à sa manière, elle a lancé un appel aux dons, mais pourquoi n’a-t-elle pas fixé un pourcentage des bénéfices, même réduit, à l’instar de ce qu’a proposé le gouvernement pour les salariés ? Une autre question qui mérite, sans doute, une réponse.

Notons cependant que la plupart des institutions ont œuvré et œuvrent toujours pour apporter leur soutien, mais en s’inscrivant dans ce qui paraît désormais être une caractéristique marocaine : le silence et la discrétion… Le silence et la discrétion impriment également l’action des élus, à l’exception de certains donateurs ou autres influenceurs qui, avec leurs selfies indignes, confirment la règle.

Rédigé par Aziz Boucetta sur Panorapost



Mercredi 20 Septembre 2023


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