Rivalité au sommet
La relation entre Faye et Sonko, issue de l’alternance politique de 2024, révèle des tensions qui pourraient fragiliser l’exécutif. Dans les économies émergentes comme le Sénégal, la cohérence de l’action publique conditionne directement la confiance des investisseurs. La fragmentation des centres de décision accroît la prime de risque politique et pourrait augmenter le coût des emprunts étrangers.
Les anomalies découvertes dans les comptes publics sous l’ère précédente ont conduit à la suspension du programme du FMI et à une réévaluation de la dette publique à près de 100% du PIB, contre 74% précédemment. Le budget révisé pour 2025 estime la dette à environ 120% du PIB, provoquant volatilité et prudence sur les marchés financiers.
Croissance pétrolière sous conditions
Le Sénégal amorce l’exploitation du pétrole et du gaz avec le champ offshore Sangomar et le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim. La croissance attendue de 6 à 8% pourrait toutefois être compromise par l’incertitude politique et budgétaire. L’expérience africaine montre qu’une crise politique combinée à une crise budgétaire peut inverser rapidement une trajectoire de croissance.
La dépendance du pays aux importations alimentaires et aux produits pétroliers expose l’économie aux fluctuations des prix internationaux. Une hausse durable des prix du pétrole, notamment en lien avec les tensions au Moyen-Orient, pourrait renforcer l’inflation importée et peser sur les coûts de transport, d’électricité et des intrants agricoles.
Gouvernance et confiance économique
Les rivalités au sommet se répercutent directement sur l’économie réelle.
L’investissement pourrait ralentir, le coût du financement augmenter et la confiance des partenaires internationaux se détériorer. Pourtant, le Sénégal dispose d’atouts : ses ressources pétrolières et gazières pourraient générer plusieurs milliards de dollars de recettes, à condition que la stabilité politique et la crédibilité des institutions soient maintenues.
Le pays se trouve à un carrefour : la solidité de sa gouvernance économique et la cohérence des décisions politiques détermineront sa capacité à transformer ses perspectives énergétiques en croissance durable.












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