Un cessez-le-feu négocié sous médiation
Dimanche, à Alep, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont annoncé le retrait de leurs combattants de deux quartiers stratégiques, après plusieurs jours d’affrontements violents avec les forces gouvernementales. Une décision obtenue à l’issue d’un cessez-le-feu négocié sous médiation internationale, dans un contexte syrien toujours explosif.
Un retrait sous pression
Après des combats intenses dans les quartiers d’Achrafieh et de Cheikh Maqsoud, les FDS ont confirmé l’évacuation de leurs combattants, mais aussi des civils, des blessés et des corps des victimes. L’agence officielle syrienne Sana a confirmé le départ des derniers groupes kurdes en direction du nord-est du pays.
Sur le terrain, des bus escortés par les forces de sécurité ont quitté les quartiers concernés, mettant fin à ce qui est décrit comme les affrontements les plus violents à Alep depuis la chute de Bachar al-Assad fin 2024.
Une crise humanitaire lourde
Le bilan est lourd. Selon les autorités, au moins 21 civils ont perdu la vie depuis le début des combats et près de 155.000 personnes ont été déplacées. Des scènes de panique ont marqué l’évacuation, avec des familles séparées, des enfants en pleurs et des civils épuisés après plusieurs jours pris au piège. Les deux camps se renvoient la responsabilité des violences, tandis que les FDS dénonçaient encore récemment des enlèvements et des déplacements forcés.
Un accord fragile et des équilibres régionaux
Ce retrait fragilise davantage l’accord signé en mars dernier, censé intégrer l’administration kurde au sein de l’État syrien, mais jamais appliqué. Depuis Damas, l’émissaire américain Tom Barrack a appelé à la retenue, alors que les tensions faisaient craindre une escalade régionale. La Turquie s’est dite prête à intervenir aux côtés de Damas, tandis qu’Israël affichait son soutien aux Kurdes. Washington, lui, soutient à la fois les FDS et le pouvoir syrien actuel, illustrant la complexité du jeu diplomatique.
Le retrait kurde ouvre une nouvelle phase incertaine. La question de la gouvernance décentralisée, réclamée par les Kurdes et rejetée par Damas, reste entière. À Alep comme ailleurs en Syrie, la paix demeure fragile.












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