Un marché libyen en recomposition
Pour couvrir ses besoins en essence et diesel, Tripoli a attribué des contrats à Vitol, Trafigura et TotalEnergies, réduisant mécaniquement la part de la Russie. Les exportations russes vers la Libye sont tombées à 5 000 barils par jour en 2026, contre une moyenne de 56 000 barils entre 2024 et 2025, période durant laquelle Moscou était le principal fournisseur. La Libye privilégie désormais des appels d’offres ouverts, offrant davantage de transparence et de stabilité aux investisseurs occidentaux.
Recentrage vers les majors internationales
Cette évolution s’inscrit dans le cadre d’une refonte du secteur pétrolier libyen, quinze ans après la chute de Kadhafi. Les autorités visent à relancer la production pour atteindre 2 millions de barils par jour à moyen terme. Le dernier cycle de licences pétrolières a attribué des blocs à des majors comme Chevron et TotalEnergies, tandis que des accords de long terme avec ConocoPhillips renforcent la confiance des investisseurs. Parallèlement, Tripoli multiplie les initiatives diplomatiques vers Washington et l’Europe, incluant un forum énergétique bilatéral et un partenariat stratégique couvrant l’énergie, les mines et les infrastructures.
La Russie perd du terrain
Confrontée aux sanctions occidentales, la Russie redirige ses exportations vers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud. La perte du marché libyen s’ajoute à la baisse de ses ventes vers l’Inde et la Turquie, accélérant son recentrement vers la Chine. Pour Tripoli, l’éloignement des flux russes permet aussi de réduire l’exposition aux risques liés aux sanctions internationales, tout en diversifiant ses approvisionnements et en sécurisant les volumes depuis des installations proches des ports principaux.












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