À la Quinzaine des Cinéastes, certaines œuvres surgissent sans crier gare, rappelant que le cinéma peut encore bousculer les codes. "We Are Aliens", réalisé par Kohei Kadowaki, s’est imposé comme l’une des plus grandes révélations de cette édition. Premier long métrage d’un jeune cinéaste japonais connu jusqu’ici pour ses explorations visuelles expérimentales, le film impressionne par une maîtrise rare pour une première œuvre. Kadowaki conjugue avec brio une ambition plastique et une intensité émotionnelle saisissante.
Derrière ce qui semble être un récit adolescent se cache une plongée dans des thématiques bien plus sombres : la brutalité sociale de l’enfance, la cruauté des dynamiques scolaires, et l’impact durable d’une blessure, parfois infime en apparence, qui peut contaminer toute une vie. Dans "We Are Aliens", l’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, mais un laboratoire impitoyable de hiérarchies, d’humiliations et de silences où se forgent des traumatismes profonds. Le Japon dépeint par Kadowaki est un espace rigide et précis, marqué par une dureté sociale latente. Pourtant, l’impact du film transcende les frontières culturelles grâce à son exploration universelle des thèmes de la honte, de l’exclusion et de la violence ordinaire.
Là où le film brille particulièrement, c’est dans son langage visuel. Éloigné des conventions de l’animation japonaise grand public, "We Are Aliens" adopte une esthétique hybride et mouvante, parfois presque hallucinatoire. En mêlant différentes textures visuelles, Kadowaki crée une œuvre sensorielle qui reflète les fractures psychologiques de ses personnages. Loin de rechercher la beauté formelle, le réalisateur installe une instabilité visuelle, transformant l’animation en un espace de traumatisme, un miroir des chaos intérieurs. Cette virtuosité, bien que parfois proche de l’excès, conserve une rare qualité : celle d’une vision artistique affirmée.
La radicalité formelle de Kadowaki rappelle que l’animation peut être un outil de mise en scène adulte et politique, dépassant son statut de genre pour devenir un véritable langage cinématographique. Dans cette optique, "We Are Aliens" s’inscrit dans une tradition cinématographique qui refuse d’idéaliser l’enfance, choisissant au contraire de la dépeindre comme le premier théâtre des violences sociales.
À Cannes, où les premiers longs métrages cherchent souvent leur équilibre, Kohei Kadowaki frappe fort avec une œuvre déjà pleinement aboutie. Dure, inconfortable, mais d’une maturité surprenante, "We Are Aliens" n’est pas un film fait pour plaire. Il est bien plus que cela : une secousse cinématographique qui bouscule et dérange, rappelant que certaines blessures de l’enfance ne s’effacent jamais vraiment. Elles changent simplement de forme et, dans ce cas précis, elles deviennent cinéma.
Derrière ce qui semble être un récit adolescent se cache une plongée dans des thématiques bien plus sombres : la brutalité sociale de l’enfance, la cruauté des dynamiques scolaires, et l’impact durable d’une blessure, parfois infime en apparence, qui peut contaminer toute une vie. Dans "We Are Aliens", l’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, mais un laboratoire impitoyable de hiérarchies, d’humiliations et de silences où se forgent des traumatismes profonds. Le Japon dépeint par Kadowaki est un espace rigide et précis, marqué par une dureté sociale latente. Pourtant, l’impact du film transcende les frontières culturelles grâce à son exploration universelle des thèmes de la honte, de l’exclusion et de la violence ordinaire.
Là où le film brille particulièrement, c’est dans son langage visuel. Éloigné des conventions de l’animation japonaise grand public, "We Are Aliens" adopte une esthétique hybride et mouvante, parfois presque hallucinatoire. En mêlant différentes textures visuelles, Kadowaki crée une œuvre sensorielle qui reflète les fractures psychologiques de ses personnages. Loin de rechercher la beauté formelle, le réalisateur installe une instabilité visuelle, transformant l’animation en un espace de traumatisme, un miroir des chaos intérieurs. Cette virtuosité, bien que parfois proche de l’excès, conserve une rare qualité : celle d’une vision artistique affirmée.
La radicalité formelle de Kadowaki rappelle que l’animation peut être un outil de mise en scène adulte et politique, dépassant son statut de genre pour devenir un véritable langage cinématographique. Dans cette optique, "We Are Aliens" s’inscrit dans une tradition cinématographique qui refuse d’idéaliser l’enfance, choisissant au contraire de la dépeindre comme le premier théâtre des violences sociales.
À Cannes, où les premiers longs métrages cherchent souvent leur équilibre, Kohei Kadowaki frappe fort avec une œuvre déjà pleinement aboutie. Dure, inconfortable, mais d’une maturité surprenante, "We Are Aliens" n’est pas un film fait pour plaire. Il est bien plus que cela : une secousse cinématographique qui bouscule et dérange, rappelant que certaines blessures de l’enfance ne s’effacent jamais vraiment. Elles changent simplement de forme et, dans ce cas précis, elles deviennent cinéma.












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