Le missile Anthem a été testé au Maroc début août.
Selon les informations disponibles, cette démonstration en tir réel a été couronnée de succès et les premières livraisons sont annoncées pour 2027.
Mais le missile n’est probablement pas le véritable sujet. Le lieu l’est davantage.
Le tir a été effectué dans le cadre du futur Africa Multidomain Training and Experimentation Center, AMTEC, développé à Tan-Tan avec la coopération des forces marocaines et américaines.
L’ambition affichée dépasse le simple entraînement militaire.
Il s’agit d’expérimenter de nouvelles technologies dans des conditions réelles, notamment désertiques, difficiles à reproduire sur de nombreux terrains d’essais américains.
Pour le Maroc, cette évolution peut être stratégique.
Pendant longtemps, les pays émergents étaient essentiellement considérés comme des acheteurs d’équipements militaires conçus ailleurs. Ils choisissaient un avion, un missile, un radar ou un drone développé par les grandes puissances.
AMTEC pourrait ouvrir une étape différente.
Le Maroc pourrait participer plus en amont au cycle technologique : tests, expérimentation, adaptation, retour d’expérience et validation opérationnelle.
Cette position serait beaucoup plus intéressante. Car les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et ailleurs ont profondément accéléré les cycles d’innovation militaire.
Un système peut aujourd’hui devenir obsolète quelques mois après son introduction en service. Drones à bas coût, brouillage, intelligence artificielle, guerre électronique, munitions rôdeuses, systèmes autonomes et interception doivent être testés continuellement.
Le champ de bataille est devenu un laboratoire.
Les armées veulent donc reproduire ce laboratoire avant la guerre et le Maroc possède pour cela plusieurs avantages.
Un environnement désertique.
De grands espaces.
Une coopération militaire étroite avec les États-Unis.
Une position géographique reliant Méditerranée, Atlantique et Afrique.
Et surtout une tradition d’exercices militaires internationaux, notamment African Lion.
Mais l’enjeu marocain ne devrait pas être seulement d’accueillir les essais des autres.
Le véritable saut qualitatif consisterait à développer progressivement un écosystème national autour de ces expérimentations.
Start-up spécialisées dans les drones.
Électronique embarquée.
Cyberdéfense.
Intelligence artificielle appliquée.
Capteurs.
Maintenance.
Simulation.
Fabrication de composants.
Ingénierie militaire.
Le Maroc ne deviendra évidemment pas du jour au lendemain une grande puissance industrielle de défense.
Mais AMTEC peut créer un point d’entrée.
C’est exactement ainsi que se construisent certains écosystèmes : un centre d’essais attire des industriels ; les industriels attirent des ingénieurs ; les ingénieurs créent des fournisseurs ; les fournisseurs développent progressivement une industrie locale.
Il faudra également poser des questions de souveraineté.
Qui contrôle les données issues des essais ?
Quels systèmes peuvent être testés ?
Quelle participation des ingénieurs marocains ?
Quels transferts de technologie ?
Quels droits de propriété intellectuelle ?
Tan-Tan pourrait devenir un formidable laboratoire.
Encore faut-il que le Maroc n’en soit pas seulement le terrain. Le véritable objectif devrait être qu’il en devienne progressivement l’un des cerveaux.
Mais le missile n’est probablement pas le véritable sujet. Le lieu l’est davantage.
Le tir a été effectué dans le cadre du futur Africa Multidomain Training and Experimentation Center, AMTEC, développé à Tan-Tan avec la coopération des forces marocaines et américaines.
L’ambition affichée dépasse le simple entraînement militaire.
Il s’agit d’expérimenter de nouvelles technologies dans des conditions réelles, notamment désertiques, difficiles à reproduire sur de nombreux terrains d’essais américains.
Pour le Maroc, cette évolution peut être stratégique.
Pendant longtemps, les pays émergents étaient essentiellement considérés comme des acheteurs d’équipements militaires conçus ailleurs. Ils choisissaient un avion, un missile, un radar ou un drone développé par les grandes puissances.
AMTEC pourrait ouvrir une étape différente.
Le Maroc pourrait participer plus en amont au cycle technologique : tests, expérimentation, adaptation, retour d’expérience et validation opérationnelle.
Cette position serait beaucoup plus intéressante. Car les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et ailleurs ont profondément accéléré les cycles d’innovation militaire.
Un système peut aujourd’hui devenir obsolète quelques mois après son introduction en service. Drones à bas coût, brouillage, intelligence artificielle, guerre électronique, munitions rôdeuses, systèmes autonomes et interception doivent être testés continuellement.
Le champ de bataille est devenu un laboratoire.
Les armées veulent donc reproduire ce laboratoire avant la guerre et le Maroc possède pour cela plusieurs avantages.
Un environnement désertique.
De grands espaces.
Une coopération militaire étroite avec les États-Unis.
Une position géographique reliant Méditerranée, Atlantique et Afrique.
Et surtout une tradition d’exercices militaires internationaux, notamment African Lion.
Mais l’enjeu marocain ne devrait pas être seulement d’accueillir les essais des autres.
Le véritable saut qualitatif consisterait à développer progressivement un écosystème national autour de ces expérimentations.
Start-up spécialisées dans les drones.
Électronique embarquée.
Cyberdéfense.
Intelligence artificielle appliquée.
Capteurs.
Maintenance.
Simulation.
Fabrication de composants.
Ingénierie militaire.
Le Maroc ne deviendra évidemment pas du jour au lendemain une grande puissance industrielle de défense.
Mais AMTEC peut créer un point d’entrée.
C’est exactement ainsi que se construisent certains écosystèmes : un centre d’essais attire des industriels ; les industriels attirent des ingénieurs ; les ingénieurs créent des fournisseurs ; les fournisseurs développent progressivement une industrie locale.
Il faudra également poser des questions de souveraineté.
Qui contrôle les données issues des essais ?
Quels systèmes peuvent être testés ?
Quelle participation des ingénieurs marocains ?
Quels transferts de technologie ?
Quels droits de propriété intellectuelle ?
Tan-Tan pourrait devenir un formidable laboratoire.
Encore faut-il que le Maroc n’en soit pas seulement le terrain. Le véritable objectif devrait être qu’il en devienne progressivement l’un des cerveaux.












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