Les Marocains du monde restent une puissance financière majeure pour le Royaume. Alors que les initiatives estivales se multiplient pour les rapprocher de l’investissement régional, une question mérite d’être posée : comment passer de l’argent envoyé au pays au capital qui crée durablement entreprises et emplois ?
Chaque été, le Maroc retrouve sa diaspora.
Les routes se remplissent, les familles se réunissent et les administrations multiplient les rencontres consacrées aux Marocains résidant à l'étranger.
Mais derrière cette relation affective se trouve également une réalité économique considérable.
À fin avril 2026, les transferts effectués par les MRE atteignaient 39,979 milliards de dirhams, contre 36,426 milliards un an auparavant, soit une progression de 9,8 %, selon l'Office des Changes.
Ce chiffre témoigne d'une remarquable solidité du lien économique entre la diaspora et le Royaume.
Mais il ouvre une deuxième question : quelle part de cette capacité financière peut devenir de l'investissement productif ?
Transférer n'est pas investir
Il faut commencer par éviter une confusion fréquente.
Les transferts des MRE remplissent plusieurs fonctions essentielles : soutien aux familles, consommation, immobilier, épargne et solidarité.
Ils constituent un stabilisateur économique et social précieux.
L'investissement entrepreneurial obéit cependant à une autre logique.
Créer une entreprise, reprendre une PME, financer une startup, participer à un projet industriel ou investir dans une activité touristique nécessite davantage qu'un attachement au pays.
Il faut de la visibilité, un interlocuteur fiable, du financement, du foncier lorsque le projet l'exige et surtout une administration capable d'accompagner l'investisseur après l'annonce initiale.
C'est précisément sur cette conversion que le Maroc doit progresser.
Le rôle stratégique des régions
Les Centres régionaux d'investissement disposent ici d'un avantage considérable : ils peuvent rapprocher l'opportunité économique du territoire.
Un entrepreneur marocain installé à Lyon, Bruxelles, Montréal ou Madrid ne cherche pas nécessairement « un investissement au Maroc ».
Il peut chercher une usine dans l'Oriental, une entreprise numérique à Casablanca, un projet touristique à Dakhla, une activité agroalimentaire dans le Souss ou une PME à reprendre à Fès.
Cette granularité territoriale change tout.
La politique envers les MRE devrait donc progressivement passer d'une logique d'accueil à une logique de portefeuille de projets.
Non pas : « venez investir ».
Mais : « voici cent entreprises, terrains, startups et projets régionaux dans lesquels vous pouvez investir, avec coûts, risques, rentabilité attendue et interlocuteur identifié ».
Transformer la confiance en capital
Le Maroc dispose déjà d'une dynamique générale d'investissement importante. En avril 2026, la Commission nationale des investissements avait approuvé 44 projets représentant environ **86,4 milliards de dirhams** et près de 20.500 emplois directs et indirects annoncés.
L'enjeu consiste désormais à connecter davantage la diaspora à cette dynamique.
Car le MRE n'apporte pas uniquement de l'argent.
Il peut apporter un carnet d'adresses, une connaissance des marchés étrangers, des méthodes de management, des technologies, une culture de l'exportation et parfois un accès direct aux chaînes de valeur européennes ou nord-américaines.
C'est cette combinaison qui rend la diaspora stratégique.
Le prochain indicateur à inventer
Peut-être faudrait-il d'ailleurs cesser d'évaluer la politique MRE uniquement à travers le montant annuel des transferts.
Un autre tableau de bord serait utile : nombre d'entreprises créées par des MRE, emplois générés, capitaux propres investis, entreprises reprises, projets exportateurs lancés et taux de survie après cinq ans.
Le Maroc sait déjà transformer l'attachement de sa diaspora en flux financiers considérables.
Le prochain défi consiste à transformer davantage cette confiance en capital productif.
Et à faire du MRE non seulement celui qui envoie de l'argent au pays, mais celui qui participe directement à construire son économie future.
Chaque été, le Maroc retrouve sa diaspora.
Les routes se remplissent, les familles se réunissent et les administrations multiplient les rencontres consacrées aux Marocains résidant à l'étranger.
Mais derrière cette relation affective se trouve également une réalité économique considérable.
À fin avril 2026, les transferts effectués par les MRE atteignaient 39,979 milliards de dirhams, contre 36,426 milliards un an auparavant, soit une progression de 9,8 %, selon l'Office des Changes.
Ce chiffre témoigne d'une remarquable solidité du lien économique entre la diaspora et le Royaume.
Mais il ouvre une deuxième question : quelle part de cette capacité financière peut devenir de l'investissement productif ?
Transférer n'est pas investir
Il faut commencer par éviter une confusion fréquente.
Les transferts des MRE remplissent plusieurs fonctions essentielles : soutien aux familles, consommation, immobilier, épargne et solidarité.
Ils constituent un stabilisateur économique et social précieux.
L'investissement entrepreneurial obéit cependant à une autre logique.
Créer une entreprise, reprendre une PME, financer une startup, participer à un projet industriel ou investir dans une activité touristique nécessite davantage qu'un attachement au pays.
Il faut de la visibilité, un interlocuteur fiable, du financement, du foncier lorsque le projet l'exige et surtout une administration capable d'accompagner l'investisseur après l'annonce initiale.
C'est précisément sur cette conversion que le Maroc doit progresser.
Le rôle stratégique des régions
Les Centres régionaux d'investissement disposent ici d'un avantage considérable : ils peuvent rapprocher l'opportunité économique du territoire.
Un entrepreneur marocain installé à Lyon, Bruxelles, Montréal ou Madrid ne cherche pas nécessairement « un investissement au Maroc ».
Il peut chercher une usine dans l'Oriental, une entreprise numérique à Casablanca, un projet touristique à Dakhla, une activité agroalimentaire dans le Souss ou une PME à reprendre à Fès.
Cette granularité territoriale change tout.
La politique envers les MRE devrait donc progressivement passer d'une logique d'accueil à une logique de portefeuille de projets.
Non pas : « venez investir ».
Mais : « voici cent entreprises, terrains, startups et projets régionaux dans lesquels vous pouvez investir, avec coûts, risques, rentabilité attendue et interlocuteur identifié ».
Transformer la confiance en capital
Le Maroc dispose déjà d'une dynamique générale d'investissement importante. En avril 2026, la Commission nationale des investissements avait approuvé 44 projets représentant environ **86,4 milliards de dirhams** et près de 20.500 emplois directs et indirects annoncés.
L'enjeu consiste désormais à connecter davantage la diaspora à cette dynamique.
Car le MRE n'apporte pas uniquement de l'argent.
Il peut apporter un carnet d'adresses, une connaissance des marchés étrangers, des méthodes de management, des technologies, une culture de l'exportation et parfois un accès direct aux chaînes de valeur européennes ou nord-américaines.
C'est cette combinaison qui rend la diaspora stratégique.
Le prochain indicateur à inventer
Peut-être faudrait-il d'ailleurs cesser d'évaluer la politique MRE uniquement à travers le montant annuel des transferts.
Un autre tableau de bord serait utile : nombre d'entreprises créées par des MRE, emplois générés, capitaux propres investis, entreprises reprises, projets exportateurs lancés et taux de survie après cinq ans.
Le Maroc sait déjà transformer l'attachement de sa diaspora en flux financiers considérables.
Le prochain défi consiste à transformer davantage cette confiance en capital productif.
Et à faire du MRE non seulement celui qui envoie de l'argent au pays, mais celui qui participe directement à construire son économie future.












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