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​CAN 2025 au Maroc : quand le match se joue surtout hors du terrain..


Rédigé par le Samedi 3 Janvier 2026

À chaque grande compétition sportive, la même question revient avec insistance : combien ça rapporte vraiment ? Et derrière elle, une autre, plus sourde mais plus décisive : à qui profite réellement l’événement ? L’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc ne fait pas exception. Pourtant, s’arrêter au seul résultat sportif serait une erreur d’analyse. Car la CAN, avant d’être une affaire de trophée, est un test grandeur nature de performance économique, organisationnelle et stratégique.



CAN 2025 : le vrai score se joue dans l’économie, pas au tableau d’affichage

Sur le plan strictement financier, les ordres de grandeur sont désormais bien identifiés. Entre cent cinquante mille et trois cent mille visiteurs sont attendus spécifiquement pour la compétition. Leur dépense moyenne, estimée entre neuf cents et mille trois cents dollars par séjour, génère un chiffre d’affaires direct compris entre trois cents et quatre cent cinquante millions de dollars. Ce flux ne transite pas par le budget de l’État, mais irrigue directement l’économie locale : hôtellerie, restauration, transport, commerce de proximité, services événementiels.

Les premiers bénéficiaires sont donc connus. Les hôtels affichent des taux de remplissage exceptionnels. Les compagnies de transport, les plateformes de mobilité, les restaurateurs et les commerçants des villes hôtes profitent d’un afflux inhabituel de clients. Même les activités périphériques — souvenirs, artisanat, loisirs urbains — captent une part de cette dépense touristique. Pour ces acteurs, la CAN agit comme un accélérateur brutal mais réel de chiffre d’affaires.

Pour les citoyens, l’impact est plus nuancé mais bien réel. La compétition mobilise entre quarante mille et soixante mille emplois temporaires : sécurité, logistique, accueil, animation, technique. Ces postes ne sont pas durables, mais ils injectent des revenus ponctuels dans l’économie locale et offrent une première expérience professionnelle à de nombreux jeunes. L’effet n’est pas structurel, mais il est immédiat.

Organiser pour gagner : la CAN comme répétition générale du Maroc de 2030

L’État, quant à lui, ne récupère pas directement la manne touristique, mais bénéficie d’un retour fiscal indirect. Taxes sur les nuitées, TVA sur la consommation, redevances aéroportuaires, fiscalité sur les carburants et les transports : l’ensemble permet de capter environ douze à quinze pour cent du chiffre d’affaires global. Cela représente entre cinquante et soixante-cinq millions de dollars de recettes publiques. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus l’essentiel du gain.

Le véritable enjeu se situe ailleurs : dans l’effet d’entraînement. Les pays qui ont récemment organisé une CAN l’ont constaté. À court terme, l’événement génère un pic touristique. À moyen terme, il améliore la visibilité internationale du pays hôte et stimule une croissance additionnelle du tourisme, estimée entre deux et quatre pour cent sur les années suivantes. Ce sont souvent des visiteurs qui n’auraient jamais envisagé la destination sans l’événement, et qui y reviennent ensuite.

Mais le levier le plus stratégique reste la transformation de la capitale invisible : les infrastructures. Routes, gares, aéroports, stades, transports urbains, équipements numériques… Tout ce qui est mis à niveau pour la CAN ne disparaît pas avec le dernier coup de sifflet. Ce patrimoine reste. Et il bénéficie d’abord aux citoyens. Une meilleure mobilité, des services modernisés, une logistique plus fluide changent durablement le quotidien et améliorent l’attractivité économique du pays.

C’est ici que la CAN prend tout son sens politique et économique. Elle agit comme une répétition générale avant l’échéance majeure de 2030. Elle permet d’identifier les failles, de tester les dispositifs de sécurité, d’évaluer la qualité de l’accueil, de corriger les dysfonctionnements commerciaux ou organisationnels. Les erreurs commises aujourd’hui coûteront moins cher que celles de demain. Les réussites, elles, peuvent être consolidées.

L’impact psychologique n’est pas à sous-estimer non plus. Un pays qui se voit fonctionner, accueillir, organiser et gérer à grande échelle renforce sa confiance collective. Cette confiance est un facteur invisible mais déterminant de l’investissement privé, national comme étranger. Là où les infrastructures suivent, le capital finit par venir. Et là où le capital s’installe, l’emploi durable se crée.

Au fond, la question n’est donc pas de savoir si le Maroc gagnera la CAN sur le terrain. La vraie victoire se joue dans la capacité à transformer un événement sportif en levier économique, social et stratégique. Si cette transformation est réussie, le pays aura gagné bien plus qu’une coupe : il aura gagné du temps, de l’expérience et de la crédibilité pour les échéances à venir.





Mohamed Ait Bellahcen
Un ingénieur passionné par la technique, mordu de mécanique et avide d'une liberté que seuls l'auto... En savoir plus sur cet auteur
Samedi 3 Janvier 2026


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