Entre avancées sociales, dynamique industrielle et échec persistant sur l’emploi, l’évaluation dessine un bilan contrasté
L’analyse ne se limite pas à dresser un inventaire de mesures. Elle interroge la cohérence des politiques publiques, la coordination gouvernementale, la gestion des crises successives ainsi que la capacité de l’exécutif à produire des résultats concrets et perceptibles par les citoyens.
Une évaluation qualitative et quantitative
La méthode retenue combine deux approches. La première est qualitative et porte sur la gouvernance, la coordination entre les départements ministériels, la pertinence des politiques publiques et la qualité de leur mise en œuvre. La seconde est quantitative et vise à mesurer le niveau de réalisation des principaux engagements annoncés au début du mandat.
Cette lecture tient également compte d’un contexte particulièrement difficile, marqué par les conséquences de la pandémie, l’inflation, la sécheresse, les tensions internationales et le ralentissement de plusieurs secteurs économiques.
L’objectif affiché est donc d’éviter deux écueils : exonérer systématiquement le gouvernement au nom des crises ou, à l’inverse, ignorer les contraintes exceptionnelles qui ont pesé sur son action.
L’emploi, principal point faible du bilan
C’est sur la question de l’emploi que l’évaluation se montre la plus sévère. La promesse de créer un million d’emplois apparaît largement déconnectée de la réalité observée sur le marché du travail.
Selon les données évoquées durant l’entretien, le taux de chômage demeure proche de 13 %, tandis que celui des jeunes dépasserait 35 %. Ces indicateurs traduisent une difficulté persistante à créer des emplois stables, durables et suffisamment nombreux pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
Les programmes lancés au cours du mandat auraient apporté des réponses partielles, mais sans traiter les causes profondes du chômage : inadéquation entre formation et besoins des entreprises, faiblesse de l’emploi industriel dans certaines régions, fragilité de l’économie rurale et difficulté d’accès des jeunes à une première expérience professionnelle.
Le problème ne réside donc pas uniquement dans le nombre d’emplois annoncés. Il concerne également leur qualité, leur pérennité et la crédibilité des chiffres communiqués.
Une crise de confiance avec la jeunesse
L’autre faiblesse majeure relevée concerne la relation entre les institutions et les jeunes. L’évaluation décrit une jeunesse qui se sent insuffisamment écoutée et peu associée à la décision publique.
La communication gouvernementale est jugée trop distante, trop institutionnelle et rarement adaptée aux nouveaux usages numériques. Les dirigeants politiques restent peu présents dans les espaces où se construit aujourd’hui une grande partie du débat public, notamment les réseaux sociaux.
Or, la communication politique ne peut plus se limiter à annoncer des décisions. Elle suppose d’expliquer, de répondre, de reconnaître les difficultés et d’engager un véritable dialogue.
Cette distance nourrit la défiance et pourrait avoir des conséquences directes sur la participation politique. Le risque d’une faible mobilisation des jeunes lors des prochaines échéances électorales est clairement évoqué.
La protection sociale, une avancée majeure
Le tableau n’est cependant pas entièrement négatif. L’élargissement de la protection sociale figure parmi les réalisations les plus importantes du mandat.
L’évaluation souligne une extension significative de la couverture sociale, qui concernerait désormais près de 83 % de la population. Les aides directes accordées aux ménages vulnérables et la généralisation progressive de la couverture médicale constituent des transformations structurelles.
Ces avancées restent toutefois confrontées à plusieurs défis : qualité des soins, financement durable des dispositifs, capacité des hôpitaux à absorber la nouvelle demande et cohérence entre couverture administrative et accès réel aux prestations.
L’enjeu de la prochaine étape sera donc de passer de la généralisation des droits à l’amélioration concrète des services.
Investissement et industrie : une dynamique réelle
L’action gouvernementale est également créditée de résultats positifs dans le domaine de l’investissement.
L’adoption de la Charte de l’investissement, l’amélioration du climat des affaires et l’attraction de nouveaux projets industriels témoignent d’une volonté de moderniser l’économie marocaine.
Le Maroc poursuit en parallèle sa montée en gamme dans plusieurs secteurs : énergies renouvelables, hydrogène vert, automobile, aéronautique, industrie technologique et nouvelles chaînes de valeur.
Cette évolution traduit une transition progressive d’un modèle industriel traditionnel vers des activités plus avancées, plus intégrées et davantage tournées vers l’innovation.
La question essentielle reste toutefois celle de la diffusion de ces investissements sur l’ensemble du territoire et de leur capacité à produire des emplois qualifiés pour les jeunes.
Éducation, santé et retraites : les chantiers non résolus
Pour Habib Khammali, la prochaine équipe gouvernementale devra recentrer son action sur la dignité du citoyen.
Cette dignité passe d’abord par l’accès à une école de qualité, à des soins accessibles et à une réelle égalité des chances. Les programmes éducatifs, notamment ceux liés aux écoles pionnières, devront être évalués avec rigueur afin de mesurer leur impact réel sur les apprentissages.
La question des régimes de retraite devra également revenir au premier plan. Longtemps repoussée, leur réforme est devenue incontournable pour préserver les équilibres financiers et protéger les générations futures.
Ces dossiers nécessitent des décisions difficiles, mais aussi davantage de transparence, de concertation et de pédagogie.
Former une nouvelle génération politique
L’évaluation insiste enfin sur la faible présence des jeunes dans les partis politiques et les institutions représentatives.
La plupart des formations politiques disposent encore de peu de mécanismes solides pour recruter, former et accompagner de nouveaux cadres. L’absence d’académies partisanes structurées limite le renouvellement des élites et entretient l’idée que la politique reste un espace fermé.
Le défi ne consiste pas seulement à réserver davantage de places aux jeunes. Il faut leur fournir les outils nécessaires pour comprendre les politiques publiques, construire des propositions et exercer des responsabilités.
Une véritable stratégie nationale d’inclusion politique de la jeunesse devrait associer les partis, les universités, la société civile et les institutions publiques.
Un bilan contrasté, mais riche d’enseignements
Le gouvernement 2021-2026 laisse donc un bilan contrasté.
Il peut revendiquer des avancées dans la protection sociale, l’investissement et la modernisation industrielle. Mais il reste confronté à un échec persistant sur l’emploi, à une communication politique insuffisante et à une crise de confiance profonde avec les jeunes.
La prochaine étape devra reposer sur trois priorités : produire davantage d’emplois durables, améliorer la qualité des services publics et reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions.
Le Maroc ne manque ni de stratégies ni de programmes. Le véritable enjeu réside désormais dans leur exécution, leur évaluation et leur capacité à changer concrètement la vie quotidienne.
Une évaluation qualitative et quantitative
La méthode retenue combine deux approches. La première est qualitative et porte sur la gouvernance, la coordination entre les départements ministériels, la pertinence des politiques publiques et la qualité de leur mise en œuvre. La seconde est quantitative et vise à mesurer le niveau de réalisation des principaux engagements annoncés au début du mandat.
Cette lecture tient également compte d’un contexte particulièrement difficile, marqué par les conséquences de la pandémie, l’inflation, la sécheresse, les tensions internationales et le ralentissement de plusieurs secteurs économiques.
L’objectif affiché est donc d’éviter deux écueils : exonérer systématiquement le gouvernement au nom des crises ou, à l’inverse, ignorer les contraintes exceptionnelles qui ont pesé sur son action.
L’emploi, principal point faible du bilan
C’est sur la question de l’emploi que l’évaluation se montre la plus sévère. La promesse de créer un million d’emplois apparaît largement déconnectée de la réalité observée sur le marché du travail.
Selon les données évoquées durant l’entretien, le taux de chômage demeure proche de 13 %, tandis que celui des jeunes dépasserait 35 %. Ces indicateurs traduisent une difficulté persistante à créer des emplois stables, durables et suffisamment nombreux pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail.
Les programmes lancés au cours du mandat auraient apporté des réponses partielles, mais sans traiter les causes profondes du chômage : inadéquation entre formation et besoins des entreprises, faiblesse de l’emploi industriel dans certaines régions, fragilité de l’économie rurale et difficulté d’accès des jeunes à une première expérience professionnelle.
Le problème ne réside donc pas uniquement dans le nombre d’emplois annoncés. Il concerne également leur qualité, leur pérennité et la crédibilité des chiffres communiqués.
Une crise de confiance avec la jeunesse
L’autre faiblesse majeure relevée concerne la relation entre les institutions et les jeunes. L’évaluation décrit une jeunesse qui se sent insuffisamment écoutée et peu associée à la décision publique.
La communication gouvernementale est jugée trop distante, trop institutionnelle et rarement adaptée aux nouveaux usages numériques. Les dirigeants politiques restent peu présents dans les espaces où se construit aujourd’hui une grande partie du débat public, notamment les réseaux sociaux.
Or, la communication politique ne peut plus se limiter à annoncer des décisions. Elle suppose d’expliquer, de répondre, de reconnaître les difficultés et d’engager un véritable dialogue.
Cette distance nourrit la défiance et pourrait avoir des conséquences directes sur la participation politique. Le risque d’une faible mobilisation des jeunes lors des prochaines échéances électorales est clairement évoqué.
La protection sociale, une avancée majeure
Le tableau n’est cependant pas entièrement négatif. L’élargissement de la protection sociale figure parmi les réalisations les plus importantes du mandat.
L’évaluation souligne une extension significative de la couverture sociale, qui concernerait désormais près de 83 % de la population. Les aides directes accordées aux ménages vulnérables et la généralisation progressive de la couverture médicale constituent des transformations structurelles.
Ces avancées restent toutefois confrontées à plusieurs défis : qualité des soins, financement durable des dispositifs, capacité des hôpitaux à absorber la nouvelle demande et cohérence entre couverture administrative et accès réel aux prestations.
L’enjeu de la prochaine étape sera donc de passer de la généralisation des droits à l’amélioration concrète des services.
Investissement et industrie : une dynamique réelle
L’action gouvernementale est également créditée de résultats positifs dans le domaine de l’investissement.
L’adoption de la Charte de l’investissement, l’amélioration du climat des affaires et l’attraction de nouveaux projets industriels témoignent d’une volonté de moderniser l’économie marocaine.
Le Maroc poursuit en parallèle sa montée en gamme dans plusieurs secteurs : énergies renouvelables, hydrogène vert, automobile, aéronautique, industrie technologique et nouvelles chaînes de valeur.
Cette évolution traduit une transition progressive d’un modèle industriel traditionnel vers des activités plus avancées, plus intégrées et davantage tournées vers l’innovation.
La question essentielle reste toutefois celle de la diffusion de ces investissements sur l’ensemble du territoire et de leur capacité à produire des emplois qualifiés pour les jeunes.
Éducation, santé et retraites : les chantiers non résolus
Pour Habib Khammali, la prochaine équipe gouvernementale devra recentrer son action sur la dignité du citoyen.
Cette dignité passe d’abord par l’accès à une école de qualité, à des soins accessibles et à une réelle égalité des chances. Les programmes éducatifs, notamment ceux liés aux écoles pionnières, devront être évalués avec rigueur afin de mesurer leur impact réel sur les apprentissages.
La question des régimes de retraite devra également revenir au premier plan. Longtemps repoussée, leur réforme est devenue incontournable pour préserver les équilibres financiers et protéger les générations futures.
Ces dossiers nécessitent des décisions difficiles, mais aussi davantage de transparence, de concertation et de pédagogie.
Former une nouvelle génération politique
L’évaluation insiste enfin sur la faible présence des jeunes dans les partis politiques et les institutions représentatives.
La plupart des formations politiques disposent encore de peu de mécanismes solides pour recruter, former et accompagner de nouveaux cadres. L’absence d’académies partisanes structurées limite le renouvellement des élites et entretient l’idée que la politique reste un espace fermé.
Le défi ne consiste pas seulement à réserver davantage de places aux jeunes. Il faut leur fournir les outils nécessaires pour comprendre les politiques publiques, construire des propositions et exercer des responsabilités.
Une véritable stratégie nationale d’inclusion politique de la jeunesse devrait associer les partis, les universités, la société civile et les institutions publiques.
Un bilan contrasté, mais riche d’enseignements
Le gouvernement 2021-2026 laisse donc un bilan contrasté.
Il peut revendiquer des avancées dans la protection sociale, l’investissement et la modernisation industrielle. Mais il reste confronté à un échec persistant sur l’emploi, à une communication politique insuffisante et à une crise de confiance profonde avec les jeunes.
La prochaine étape devra reposer sur trois priorités : produire davantage d’emplois durables, améliorer la qualité des services publics et reconstruire la confiance entre les citoyens et les institutions.
Le Maroc ne manque ni de stratégies ni de programmes. Le véritable enjeu réside désormais dans leur exécution, leur évaluation et leur capacité à changer concrètement la vie quotidienne.












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