Mercredi 19 août, Pékin a réagi aux informations selon lesquelles Washington prépare une coalition internationale de pays partenaires dans l’IA, avec une règle particulièrement lourde de conséquences : ceux qui rejoindraient simultanément le dispositif concurrent chinois pourraient être exclus du camp américain. La Chine dénonce désormais publiquement cette logique de blocs.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a défendu le droit de chaque pays à choisir ses partenaires en fonction de ses propres intérêts et de ses besoins de développement. Pékin reprend ainsi une doctrine qu’il porte depuis plusieurs années : refus des groupes technologiques exclusifs, défense de la souveraineté numérique et opposition aux barrières qui fragmenteraient les chaînes mondiales de l’intelligence artificielle.
Pour le Maroc, cette confrontation mérite beaucoup plus qu’un commentaire diplomatique.
Car le Royaume appartient précisément à cette catégorie de pays que Washington et Pékin chercheront probablement à attirer dans leurs écosystèmes respectifs. Les États-Unis sont un partenaire stratégique majeur du Maroc, notamment dans la défense, la sécurité et les technologies. La Chine, de son côté, a considérablement renforcé sa présence industrielle au Royaume, en particulier dans l’automobile électrique, les batteries et plusieurs chaînes de valeur technologiques.
Jusqu’à présent, Rabat pouvait développer ces relations parallèlement. L’intelligence artificielle risque de compliquer cet équilibre.
Le problème n’est pas de savoir si les Marocains utiliseront demain un chatbot américain ou chinois. Les véritables enjeux s’appellent cloud, centres de données, semi-conducteurs, réseaux télécoms, cybersécurité, infrastructures critiques et stockage des données publiques.
C’est ici que pourrait émerger une doctrine marocaine de non-alignement numérique.
Elle ne consisterait surtout pas à placer toutes les technologies au même niveau. Le Maroc pourrait au contraire définir plusieurs cercles de souveraineté. Un premier cercle resterait largement ouvert à la concurrence internationale : logiciels, applications professionnelles, outils d’intelligence artificielle et services numériques ordinaires.
Un deuxième concernerait les infrastructures sensibles : réseaux, cloud gouvernemental, systèmes hospitaliers, banques, énergie ou transports. Là, les exigences de sécurité et de réversibilité devraient être beaucoup plus strictes.
Le troisième cercle serait celui des données souveraines. Certaines informations concernant l’État, les citoyens ou les infrastructures stratégiques ne devraient probablement jamais dépendre d’un fournisseur étranger unique.
Enfin, un quatrième cercle concernerait la défense, le renseignement et la sécurité nationale, où la souveraineté technologique devient directement une question de souveraineté politique.
Le Maroc n’a donc pas nécessairement à choisir entre Washington et Pékin. Mais il devra choisir ce qui peut être américain, chinois, européen, ouvert ou impérativement marocain.
Le vrai non-alignement numérique ne consiste pas à rester neutre. Il consiste à rester libre.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a défendu le droit de chaque pays à choisir ses partenaires en fonction de ses propres intérêts et de ses besoins de développement. Pékin reprend ainsi une doctrine qu’il porte depuis plusieurs années : refus des groupes technologiques exclusifs, défense de la souveraineté numérique et opposition aux barrières qui fragmenteraient les chaînes mondiales de l’intelligence artificielle.
Pour le Maroc, cette confrontation mérite beaucoup plus qu’un commentaire diplomatique.
Car le Royaume appartient précisément à cette catégorie de pays que Washington et Pékin chercheront probablement à attirer dans leurs écosystèmes respectifs. Les États-Unis sont un partenaire stratégique majeur du Maroc, notamment dans la défense, la sécurité et les technologies. La Chine, de son côté, a considérablement renforcé sa présence industrielle au Royaume, en particulier dans l’automobile électrique, les batteries et plusieurs chaînes de valeur technologiques.
Jusqu’à présent, Rabat pouvait développer ces relations parallèlement. L’intelligence artificielle risque de compliquer cet équilibre.
Le problème n’est pas de savoir si les Marocains utiliseront demain un chatbot américain ou chinois. Les véritables enjeux s’appellent cloud, centres de données, semi-conducteurs, réseaux télécoms, cybersécurité, infrastructures critiques et stockage des données publiques.
C’est ici que pourrait émerger une doctrine marocaine de non-alignement numérique.
Elle ne consisterait surtout pas à placer toutes les technologies au même niveau. Le Maroc pourrait au contraire définir plusieurs cercles de souveraineté. Un premier cercle resterait largement ouvert à la concurrence internationale : logiciels, applications professionnelles, outils d’intelligence artificielle et services numériques ordinaires.
Un deuxième concernerait les infrastructures sensibles : réseaux, cloud gouvernemental, systèmes hospitaliers, banques, énergie ou transports. Là, les exigences de sécurité et de réversibilité devraient être beaucoup plus strictes.
Le troisième cercle serait celui des données souveraines. Certaines informations concernant l’État, les citoyens ou les infrastructures stratégiques ne devraient probablement jamais dépendre d’un fournisseur étranger unique.
Enfin, un quatrième cercle concernerait la défense, le renseignement et la sécurité nationale, où la souveraineté technologique devient directement une question de souveraineté politique.
Le Maroc n’a donc pas nécessairement à choisir entre Washington et Pékin. Mais il devra choisir ce qui peut être américain, chinois, européen, ouvert ou impérativement marocain.
Le vrai non-alignement numérique ne consiste pas à rester neutre. Il consiste à rester libre.












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