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​Jazz sous l’Arganier : à Essaouira, la musique comme espace d’écoute et de rencontres


Rédigé par le Vendredi 2 Janvier 2026

À l’occasion de sa 9ᵉ édition, Jazz sous l’Arganier a transformé Essaouira en un laboratoire sonore où jazz, musique hassanie et gnawa se sont rencontrés dans l’écoute, l’improvisation et l’émotion partagée.



Un jazz de l’écoute, entre silences et traversées musicales

À Essaouira, le jazz ne s’impose jamais frontalement. Il s’insinue dans les silences, épouse la pierre des murs et respire au rythme de la ville. Pour sa 9ᵉ édition, Jazz sous l’Arganier a une nouvelle fois affirmé son identité singulière : celle d’un festival qui privilégie la qualité des rencontres à l’effet spectaculaire. Du 27 au 29 décembre 2025, Dar Souiri et Bayt Dakira ont accueilli trois jours de concerts pensés comme des traversées, où l’écoute précédait toujours l’applaudissement.

Dès la soirée d’ouverture, le Mohamed Derouich Trio installe cette atmosphère de retenue. La guitare de Mohamed Derouich progresse avec une économie de gestes remarquable, laissant au silence un rôle essentiel. Le saxophone de Mihai Privan et la batterie de Stéphane Galland, figure majeure de la scène internationale, nourrissent un dialogue subtil, sans jamais céder à la démonstration. Les influences balkaniques, africaines et maghrébines circulent librement, intégrées à un langage commun où la virtuosité se met au service de l’écoute.

La nuit se densifie ensuite avec le JET Fuel Trio. La kora hypnotique de Dawda Jobarteh instaure une pulsation circulaire, presque rituelle, portée par le saxophone fluide de Michael Blicher et la batterie organique de Stefan Pasborg. La rencontre entre jazz et musiques d’Afrique de l’Ouest se fait ici sans exotisme, dans une compréhension intime des rythmes et des cycles. Le public se laisse happer, porté par cette transe maîtrisée que prolonge naturellement la jam session de minuit, fidèle à l’esprit du festival.

Le lendemain, Jazz sous l’Arganier poursuit son exploration des formes ouvertes. Le JD Allen Trio impose un jazz tendu et exigeant, porté par le saxophone dense et énigmatique de JD Allen, figure incontournable de la scène new-yorkaise. Plus tard, le Cosmic Trio d’Andrés Coll déplace encore les lignes : marimba électrique, violon et batterie s’entrelacent dans une musique libre et inventive, nourrie d’improvisation et de complicités artistiques profondes. Plus qu’un concert, une véritable conversation musicale.

Musique hassanie, gnawa et jazz : une fusion organique et habitée

Tout au long du festival, la musique hassanie s’est affirmée comme un axe artistique majeur. À Bayt Dakira, le concert de Bnat Aïchata, groupe féminin emblématique de Guelmim, et de la troupe Baayiya de Laâyoune a marqué l’un des temps forts de cette édition. Voix habitées, chants portés par la mémoire et le sacré, danses envoûtantes : ici, le corps devient lui aussi langage. Le public, loin d’être simple spectateur, a été saisi par la puissance émotionnelle et fédératrice de ces répertoires du Sud.

Les polyphonies féminines de Bnat Aïchata et la force rythmique et chorégraphique de Baayiya ont instauré une écoute presque physique, suspendant le temps. Ce moment a rappelé que la musique hassanie n’est pas un patrimoine figé, mais une énergie vivante, capable de résonner bien au-delà de son territoire d’origine. Cette présence s’est prolongée jusqu’à la grande fusion collective de la soirée de clôture, donnant à cette édition une cohérence artistique rare.

Pour la première fois, une rencontre aussi assumée s’est opérée entre musique hassanie et univers gnawa, dialoguant avec le jazz et les formes improvisées contemporaines. Loin de toute juxtaposition artificielle, la fusion s’est construite dans l’écoute et le respect des rythmes et des mémoires, laissant émerger une musique organique, profondément habitée.

La soirée de clôture a cristallisé cette dynamique. Le Mosaic Duo, réunissant le pianiste suédois Jacob Karlzon et le percussionniste marocain Rhani Krija, a ouvert la scène dans un dialogue d’une grande finesse, où improvisation, silences et respirations occupaient une place centrale. Puis, la rencontre entre Munsch Trio et Mourad Belouadi a fait basculer l’esthétique vers un électro-jazz plus brut, traversé de textures électroniques et d’influences marocaines contemporaines.

Ce qui devait être un concert s’est finalement transformé en une jam géante, orchestrée par le Maâlem Mohamed Boumezzough, réunissant plusieurs musiciens du festival. Jazz, gnawa et musique hassanie s’y sont fondus dans une énergie collective rare.

Les chants des médihines, interprétés par Hicham Dinar, ont apporté une dimension spirituelle profonde, enveloppant la salle d’une émotion partagée. Artistes et public réunis, debout, la musique a dépassé le cadre du concert pour devenir une expérience collective et vibrante.

Soirée de couleurs, de résonances et de croisements, cette clôture a scellé l’esprit de la 9ᵉ édition de Jazz sous l’Arganier : un événement profondément ancré dans ses territoires, mais résolument ouvert sur le monde. À Essaouira, ville de passages et de rencontres, la musique a pris racine. Et, le temps de trois nuits, elle a rassemblé tout le monde.





Vendredi 2 Janvier 2026

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