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​L’argent, ce puissant révélateur d’inégalités


Rédigé par La rédaction le Jeudi 19 Février 2026



Au Maroc, comme dans de nombreux pays en développement, l’argent reste l’un des facteurs principaux de disparités sociales. Une enquête menée par L’Economiste et Sunergia met en lumière un phénomène frappant : l’écart entre les jeunes marocains, non seulement dans leurs revenus, mais aussi dans la manière dont ils perçoivent l’accès à l'argent. Si certains voient dans l’argent un levier pour réussir, pour d’autres, il demeure un obstacle insurmontable. Le rapport à l’argent chez les jeunes marocains révèle des inégalités profondes qui vont bien au-delà de la simple question économique, touchant à des valeurs sociales, culturelles et politiques.

Les jeunes marocains face à des inégalités économiques profondes

L’argent est souvent perçu comme un facteur de réussite sociale au Maroc. Pour les jeunes issus des milieux aisés, il devient une condition sine qua non de leur réussite, permettant l’accès à une éducation de qualité, à des opportunités professionnelles, mais aussi à des loisirs et des voyages à l’étranger. Cependant, pour les jeunes issus de milieux plus modestes, la réalité est bien différente. En dépit de leurs aspirations et de leur dévotion au travail, l’accès à une stabilité financière reste hors de portée.

L'enquête révèle que la majorité des jeunes marocains ne perçoivent pas l’argent comme une simple question de richesse personnelle, mais comme une barrière qui empêche l'égalité des chances. Les jeunes issus des classes sociales moins favorisées se heurtent à des obstacles structurels qui les empêchent d’accéder à des opportunités économiques équivalentes à celles offertes aux plus privilégiés. L'argent devient ainsi un puissant révélateur d’inégalités, et le fossé se creuse davantage entre les jeunes ayant accès à une éducation privée ou à des aides financières et ceux qui, dans le système public, luttent contre des conditions précaires.

Le coût de la réussite : l’inégalité d’accès à l’éducation

Une des grandes inégalités révélées par l’enquête est celle de l’accès à l’éducation. Si l’éducation est considérée comme un levier d’ascension sociale, l’argent en est l'élément déclencheur. L’enseignement privé, perçu comme de meilleure qualité, reste réservé à une élite sociale qui peut se permettre de payer des frais de scolarité élevés. Pour les jeunes issus de familles modestes, l’éducation publique est la seule option, mais elle souffre d’un manque de ressources et d’un encadrement de moindre qualité. Ces jeunes sont confrontés à une compétition déloyale dès le départ.

Ce phénomène se répercute directement sur l’insertion professionnelle. Les jeunes diplômés issus de l’enseignement privé, généralement mieux formés et disposant de meilleures ressources financières, ont plus de chances de décrocher des emplois bien rémunérés et de se forger une carrière stable. En revanche, les jeunes issus de l’enseignement public, souvent moins préparés aux exigences du marché du travail, peinent à trouver des emplois stables et doivent accepter des conditions de travail précaires.

La quête d’un emploi décent : Une rémunération toujours insuffisante

Le marché du travail marocain est également un révélateur d’inégalités économiques. Les jeunes, même diplômés, sont confrontés à un écart salarial flagrant. L’enquête montre que, même après plusieurs années d'expérience professionnelle, les jeunes marocains peinent à atteindre des revenus décents. Le chômage des jeunes reste élevé, et ceux qui parviennent à trouver un emploi acceptent souvent des salaires modestes, loin de leurs attentes. La pression sociale liée à la nécessité de travailler pour subvenir à leurs besoins est forte, mais les opportunités de réussite financière restent limitées pour les jeunes issus de milieux moins favorisés.

Les jeunes et la gestion de l’argent : Un rapport de dépendance ou d’autonomie ?

La question de l’argent révèle également des divergences dans la manière dont les jeunes gèrent leurs finances. Les jeunes issus des classes sociales plus élevées ont accès à des formations et des outils financiers qui leur permettent de mieux gérer leur argent, d’épargner et de protéger leur avenir financier. En revanche, pour les jeunes issus des milieux modestes, l’argent reste un sujet tabou ou une source de stress constant. Nombreux sont ceux qui, faute de connaissances en gestion financière, se retrouvent à la merci de dettes ou de situations précaires, sans avoir les ressources pour s'en sortir.

Les jeunes marocains, malgré leur engagement à améliorer leur situation, sont souvent dépendants de leurs familles pour des soutiens financiers, ce qui limite leur autonomie économique. L’enquête souligne que les jeunes ressentent un besoin de plus en plus fort d’acquérir des compétences financières et un meilleur accès aux services bancaires pour pouvoir s’émanciper financièrement.

L’épargne : Un luxe ou une stratégie ?

L’enquête révèle que seulement une petite partie de la jeunesse parvient à mettre de l’argent de côté. L’épargne, pour beaucoup, reste un luxe inaccessible. En effet, les jeunes qui touchent un salaire modeste sont contraints de prioriser leurs dépenses quotidiennes (logement, nourriture, transport, etc.), laissant peu de place à l’épargne. Ce phénomène est particulièrement frappant pour les jeunes diplômés qui, après des années d’études et de formation, se retrouvent dans une situation financière précaire.

Pourtant, certains jeunes considèrent l’épargne comme une stratégie à long terme. Ils cherchent à investir dans des projets futurs, comme l’achat d’une maison ou le financement d’un projet entrepreneurial. Mais ces aspirations sont souvent freinées par une instabilité financière persistante.

La nécessité d’une réforme sociale et économique

L’enquête met en évidence que l’argent ne doit pas être un révélateur d’inégalités mais plutôt un levier permettant à chaque jeune marocain d’avoir accès aux mêmes opportunités. Pour réduire cet écart, il est crucial de mettre en place des réformes structurelles dans l’accès à l’éducation, l’emploi, ainsi que dans la gestion financière. Des mesures concrètes doivent être prises pour offrir aux jeunes un accès équitable aux ressources, qu’il s’agisse d’un enseignement de qualité, d’opportunités professionnelles rémunérées de manière juste ou d’un accompagnement financier permettant à tous les jeunes d’accéder à l’épargne.

L’argent, bien qu’il soit un moteur pour certains, reste pour beaucoup un obstacle insurmontable. C’est au Maroc de créer les conditions permettant à chaque jeune, quel que soit son milieu, d’accéder à des opportunités de réussite et d’autonomie financière.





Jeudi 19 Février 2026

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