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​La France remporte la CAN 2025… sans visa, sans hymne et sans équipe


Rédigé par le Jeudi 8 Janvier 2026



La Coupe d’Afrique des Nations 2025 bat son plein, les stades vibrent, les drapeaux s’agitent, les hymnes se répondent.

Et pendant ce temps-là, un pays absent du tableau officiel écrase la compétition d’un chiffre implacable. La France. Cent sept joueurs nés sur son sol participent à la CAN. Cent sept. Sans être qualifiée, sans match à jouer, sans sélection à aligner. Une domination discrète, presque élégante. Le soft power version crampons.

L’information, révélée par une étude fouillée de Foot Mercato, a quelque chose de délicieusement absurde. La CAN, vitrine du football africain, se joue en grande partie avec des actes de naissance européens. Plus précisément français. Loin devant la Côte d’Ivoire, en compte « que » vingt-neuf. L’Afrique du Sud suit avec vingt-huit, l’Égypte vingt-cinq, puis viennent le Nigeria et le Botswana à égalité. Oui, le Botswana. Comme quoi, les statistiques ont parfois le sens de l’humour.

La France, elle, plane au-dessus de ce classement comme un satellite géopolitique parfaitement stable. Elle fournit à elle seule plus de joueurs que plusieurs puissances footballistiques africaines réunies. Et le plus savoureux est ailleurs : quarante-cinq de ces joueurs sont nés en Île-de-France. La région parisienne devient ainsi, sans complexe, la première “académie” de la CAN 2025. Devant Bamako. Devant Abidjan. Devant Dakar. La PACA complète le podium, histoire de rappeler que le soleil aide aussi à produire des latéraux rapides.

On pourrait s’arrêter à la plaisanterie. On aurait tort. Car derrière l’ironie se cache une réalité lourde de sens : plus d’un quart des joueurs de cette CAN sont nés en Europe. Cent quatre-vingt-six exactement. Le football africain contemporain est un sport mondialisé, migratoire, diasporique. Les trajectoires sont éclatées, les identités composites, les passeports multiples. Le terrain devient le seul lieu où la nationalité cesse d’être administrative pour redevenir affective.

La France, dans ce tableau, n’est ni coupable ni innocente. Elle est simplement le produit de son histoire coloniale, de ses politiques migratoires passées, de ses banlieues surpeuplées et de ses centres de formation ultra-performants. Elle forme, trie, sélectionne. Et ce qu’elle ne retient pas, l’Afrique le récupère. Avec gratitude ou avec amertume, selon le point de vue.

Le paradoxe est connu, mais rarement chiffré avec autant de brutalité. La CAN devient ainsi une sorte de Coupe du monde parallèle des talents africains non retenus par les grandes sélections européennes. Une compétition où l’on joue pour le pays des parents, parfois des grands-parents, souvent du cœur. Où l’hymne est appris tardivement, mais chanté fort.

Le Maroc, dans ce concert mondial, mérite une mention particulière. C’est la sélection dont les joueurs sont nés dans le plus grand nombre de pays différents. Quatorze au Maroc, quatorze ailleurs. Espagne, France, Pays-Bas, Belgique, Canada. Une équipe-monde, au sens presque littéral. Une diaspora qui ne se cache plus, mais qui s’assume comme une richesse stratégique. Le Maroc n’importe pas ses joueurs, il les reconnecte.

Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? Les deux, sans doute. Se réjouir parce que la CAN n’a jamais été aussi compétitive, aussi technique, aussi intense. S’inquiéter parce que cette domination silencieuse des lieux de naissance pose une question politique : que reste-t-il aux championnats locaux, aux centres de formation africains, aux villes qui produisaient autrefois leurs propres héros ?

La CAN 2025 raconte finalement une histoire très contemporaine. Celle d’un football africain puissant mais dépendant, talentueux mais exporté trop tôt, fier mais fragmenté. Une histoire où Paris, Marseille ou Bruxelles pèsent parfois plus lourd que certaines capitales africaines.

Et pendant que les supporters chantent, que les sélectionneurs composent et que les joueurs marquent, la France peut savourer une victoire symbolique. La plus belle peut-être : dominer une compétition sans même y participer. Le football, décidément, a parfois le goût d’une satire géopolitique bien écrite.





Jeudi 8 Janvier 2026


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