Par Abdelghani El Arrasse
Ce message ne vise pas uniquement Caracas. Il s’adresse à l’ensemble des États qui persistent à défendre des régimes contestés au nom d’alliances idéologiques dépassées ou d’un anti-impérialisme de façade. À ce titre, le silence de l’Algérie est particulièrement révélateur.
Un mutisme lourd de sens
Alliée historique du régime
Chaviste, proche politiquement de Caracas et de Téhéran, l’Algérie se retrouve aujourd’hui face à une équation diplomatique inconfortable. L’absence de réaction officielle traduit une réalité difficile à assumer : Alger n’a plus la capacité politique de s’opposer frontalement à Washington, malgré une rhétorique de défi soigneusement entretenue.
Ce mutisme contraste avec l’agitation de certains médias algériens, qui ont qualifié les événements de « farce » ou de « mise en scène », tout en reconnaissant implicitement la fragilité soudaine d’un régime longtemps présenté comme intouchable. Une contradiction révélatrice du malaise stratégique dans lequel s’enferme la diplomatie algérienne.
Une diplomatie figée, hors du temps
Sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie continue de s’accrocher à une diplomatie héritée de la Guerre froide, fondée sur des réflexes idéologiques et une logique d’opposition systématique. Cette rigidité se manifeste de manière flagrante dans le soutien obstiné au Front Polisario, en dépit des évolutions profondes du contexte international.
En maintenant artificiellement un conflit dépassé, coûteux et sans perspective politique crédible, Alger ne défend ni la paix ni le droit international. Elle s’enferme dans une posture de blocage qui isole progressivement le pays et affaiblit sa crédibilité diplomatique.
L’autonomie sous souveraineté marocaine : l’évidence ignorée
Les Nations Unies, à travers la résolution Résolution 2787, appellent explicitement à une solution politique réaliste, pragmatique, durable .
Dans ce cadre, l’initiative marocaine d’autonomie sous la souveraineté du Maroc s’impose aujourd’hui comme l’unique option crédible. Elle bénéficie d’un soutien international croissant, répond aux exigences de stabilité régionale et offre une issue politique concrète à un conflit que certains continuent d’instrumentaliser.
Le refus persistant de l’Algérie d’admettre cette réalité ne relève plus d’un choix de principe, mais d’un aveuglement stratégique. À force de nier l’évidence, Alger se marginalise et réduit sa propre marge de manœuvre sur la scène internationale.
Le Venezuela comme avertissement
Le cas vénézuélien constitue un avertissement direct. Il rappelle que :
les alliances idéologiques ne protègent plus,
les discours de souveraineté ne suffisent plus,
et que les États qui refusent de s’adapter finissent par subir les décisions des autres.
Penser que l’Algérie serait à l’abri de ces dynamiques relève de l’illusion. L’histoire récente montre que la rigidité diplomatique mène inévitablement à l’isolement.
Un choix devenu inévitable
L’Algérie se trouve aujourd’hui à un tournant.
Soit elle persiste dans une diplomatie de confrontation stérile et coûteuse, soit elle tire les leçons du Venezuela et s’engage enfin dans une logique de réalisme politique, de dialogue régional et de désescalade.
La stabilité du Maghreb ne se construira ni contre le Maroc ni par le soutien à des causes devenues intenables. Elle passe par l’acceptation de l’autonomie sous souveraineté marocaine comme solution politique réaliste et par le courage de rompre avec des dogmes qui n’ont plus cours.
Le Venezuela n’est peut-être qu’un précédent.
Mais il serait dangereux pour Alger de croire qu’il restera sans lendemain.












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