L'ODJ Média

Portail L'ODJ Média



​Introduction en Bourse : un marché primaire encore frileux malgré une timide reprise


Rédigé par La Rédaction le Mardi 13 Mai 2025



Dans le paysage boursier marocain, les introductions en Bourse (IPO) restent l’un des thermomètres les plus scrutés pour évaluer la vitalité du marché des capitaux. En 2024, une seule entreprise a osé franchir le pas : CMGP Group, spécialisé dans les solutions d’irrigation et d’agriculture. Une opération saluée pour son audace, mais qui ne suffit pas à masquer la panne persistante du marché primaire depuis près d’une décennie.

L’introduction de CMGP sur le marché principal a permis une levée de fonds d’environ 600 millions de dirhams. L’opération a été bien accueillie, avec un taux de souscription respectable, traduisant un intérêt réel pour les valeurs industrielles innovantes.

Cette IPO a surtout été perçue comme un test grandeur nature : celui d’un retour possible à la cotation pour des entreprises de taille intermédiaire, désireuses de financer leur croissance en diversifiant leurs sources de capitaux. Mais le signal reste isolé.

Un marché primaire sous respiration artificielle
Depuis 2019, les IPO se font rares à la Bourse de Casablanca. En 2023, aucune entreprise n’a fait le saut. Les années précédentes n’ont guère été plus actives. Pourtant, plusieurs PME ou ETI affichent des fondamentaux solides et un fort potentiel de croissance.

Plusieurs freins sont identifiés :

Des exigences réglementaires jugées contraignantes (gouvernance, transparence, publication des résultats).
Une faible culture boursière chez les dirigeants, souvent attachés à une gestion familiale ou confidentielle.
Des incitations fiscales jugées insuffisantes, notamment face à l’endettement bancaire, encore privilégié.
Et une liquidité perçue comme trop faible pour espérer attirer durablement les investisseurs.

Des pistes pour réanimer le marché des IPO
Face à cette atonie, des solutions sont évoquées. Parmi elles :

Créer un compartiment dédié aux PME, avec des règles d’entrée allégées mais un encadrement rigoureux.
Accompagner les entreprises en amont via un label « pré-Bourse ».
Développer une culture boursière territoriale, hors de Casablanca, en mobilisant les CRI et les chambres de commerce.

Le Maroc dispose d’un tissu entrepreneurial dynamique. Mais sans pont vers le marché des capitaux, beaucoup d’entreprises plafonnent faute de financement adéquat.

Si les entreprises ne vont pas en Bourse, c’est peut-être parce qu’elles n’y voient plus d’intérêt réel. Pourquoi se soumettre à une transparence totale, à la pression des actionnaires minoritaires, ou à la dictature des résultats trimestriels… quand les banques offrent des crédits ciblés et que le capital-investissement reste discret ?

En réalité, la Bourse n’est plus perçue comme un levier de transformation, mais comme un outil lourd, technique et risqué. À force de rester cantonnée aux grandes capitalisations, la place casablancaise s’est déconnectée de la nouvelle économie marocaine : startups, entreprises digitales, PME industrielles.

Tant que l’IPO restera une anomalie au lieu d’un passage naturel dans la vie d’une entreprise, le marché primaire marocain sera condamné à vivre de soubresauts… et de regrets.






Mardi 13 Mai 2025

Dans la même rubrique :
< >

Immo & Habitat | Analyses & Finance & Bourse | Emploi & Formation | Brèves Eco Business & emploi & Habitat


Avertissement : Ces analyses sont fournies à titre purement informatif et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement. Elle a été réalisée par la rédaction de L'ODJ Média, sur la base des données publiées par la société et des tendances du marché. Les investisseurs sont invités à effectuer leurs propres recherches et à consulter des experts financiers avant toute prise de décision.


Bannière Lodj DJ

Bannière Réseaux Sociaux




News Finance & Bourse

Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html

Last publication

Parution de L'ODJ I-MAG N°54 - mars 2026

Dossier spécial : Pourquoi tout le monde veut ralentir ?

Ce numéro N°54 du mois de mars 2026 du magazine L'ODJ I-MAG propose un panorama complet de l'actualité marocaine à travers des analyses sociétales, économiques et sanitaires. Les articles mettent en avant les ambitions stratégiques du Royaume, notamment le retour à l'énergie nucléaire, le développement du port Nador West Med et l'essor de la tourisme sécurisé. Le dossier central explore le concept de la "Slow Life", invitant les citoyens à ralentir face aux pressions de la productivité moderne. En parallèle, les sources traitent de sujets cruciaux comme la souveraineté alimentaire, les réformes du système de santé et les défis liés au gaspillage et au coût des carburants. Enfin, des rubriques dédiées au bien-être offrent des conseils pratiques sur la vision, le métabolisme et la santé durable.


Paginer-le en format flipbook : n'hésitez pas à cliquer sur les vidéos, les reels, les podcasts et les posts, il est connecté et augmenté

A mag created with Madmagz.







Vos contributions
LODJ Vidéo