Par Mohammed Yassir Mouline
D’ordinaire, c’est une véritable parade… Rois, Émirs, Présidents, tout ce que la planète compte de costumes bien repassés se bousculent pour souhaiter longue vie, prospérité et stabilité… Cette année c’est le silence radio… Même les habitués du copier-coller diplomatique ont visiblement égaré le numéro… !!
On a bien tenté de sauver la mise avec un appel américain… Mais patatras… ce n’était pas un “Aïd Moubarak”, plutôt un “Aïd… faites attention”… !! Une conversation plus proche du rappel à l’ordre que de l’échange de dattes... Le genre d’appel qui ne passe pas en boucle sur les chaînes nationales, curieusement… !!
Heureusement, la diplomatie algérienne a plus d’un tour dans son sac... À défaut de Rois et de Présidents, on a trouvé un “homologue”… Ibrahim Ghali, promu au rang de pair présidentiel… Une innovation protocolaire majeure… désormais, il suffit d’un drapeau imaginaire pour entrer dans le club des chefs d’État… À ce rythme, même le voisin du dessus pourrait bientôt envoyer ses félicitations “officielles”… !!
Pendant ce temps, l’Italie débarque, non pas avec des fleurs, mais avec un tuyau… bien sûr c’est pour le gaz… La romance diplomatique a ses limites, surtout quand elle sent le méthane… Et dans les couloirs, une petite musique s’installe… à force de solitude internationale, ne risque-t-on pas de solder la boutique pour acheter un peu de reconnaissance ?!!
Le plus fascinant dans cette affaire, c’est la mise en scène... Car pendant que le monde regarde ailleurs, certains continuent de diffuser des communiqués venus de “capitales” que même Google Maps hésite à localiser… Bir Lahlou, version Silicon Valley du désert… beaucoup de déclarations, peu d’infrastructures… !!
Mais au fond, ce silence n’est pas un accident… C’est un symptôme… Car derrière les standards muets et les télégrammes évaporés, se dessine une ligne de fracture bien plus profonde… une diplomatie coincée entre fidélités embarrassantes et isolement grandissant…
À force de jouer l’équilibriste entre Téhéran et le monde arabe, Alger a fini par perdre l’équilibre... Officiellement, on proclame que la sécurité du Golfe est “indissociable” de celle de l’Algérie… Dans les faits, quand les drones sifflent et que les installations civiles flambent, la réaction se résume à un sobre “appel au calme”... Une formule diplomatique si neutre qu’elle en devient suspecte… !!
Ainsi un grand écart devenu intenable... D’un côté, des partenaires arabes qui attendent des positions claires... De l’autre, des alliances qui imposent le silence… Entre les deux, une diplomatie qui bégaie, hésite, contourne… et finit par ne plus convaincre personne… !!
Ce flottement n’est pas sans conséquences... Dans le monde arabe, il installe le doute... En Afrique, il accentue le déclassement, pendant que d’autres avancent à coups de projets concrets et de partenariats tangibles... À l’international, il nourrit une image brouillée… celle d’un acteur qui parle fort… mais agit flou… !!
La vraie tragédie n’est donc pas l’absence de messages de l’Aïd… C’est l’absence de ligne… Car à force de vouloir ménager tout le monde, on finit par se couper de chacun… À force de parler de principes sans les incarner, on finit par perdre toute crédibilité… Et à force de confondre diplomatie et numéro d’équilibriste… on finit toujours par tomber du fil… À El Mouradia, cette année, l’isolement n’a pas seulement été constaté… Il a été… célébré… Wa Salam Aleykoum wa Rahmatou Allah.












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