Menu

Anti-normalisations avec Israël : Cachez moi ce Sahara que je ne saurai voir


Sacrée fin d’année 2020. Après le coronavirus qui a mis à nu les défaillances des systèmes sanitaire et de protection social, c’est au tour de la reprise des relations avec Israël de révéler les hypocrites et les brebis perdues. En toile de fond, la question de l’identité : qui sommes-nous ?



A lire ou à écouter en podcast :

Signature des accords économiques entre le Maroc et Israël
Signature des accords économiques entre le Maroc et Israël
anti_normalisations_avec_israel_cachez_moi_ce_sahara_que_je_ne_saurai_voir.mp3 mp3  (4.64 Mo)

« Non à la reprise des relations avec Israël », s’écrient les anti-normalisations. On était, cependant, en droit de s’attendre à un autre slogan : « Oui à la reconnaissance par les Etats-Unis de la marocanité du Sahara ».

Celà pose problème ? Il faut savoir ce que l’on veut vraiment.

Qu’est-ce que reprendre les relations avec Israël ? Officialiser et développer des liens que tout le monde savait déjà existants ? Tout citoyen jaloux de son droit de savoir ce que font les pouvoirs publics qui le représentent ne saurait qu’applaudir que ce qui se produisait dans l’ombre soit enfin mis à la lumière du jour.

Préalables corrections

Le Maroc a-t-il tronqué la Palestine contre le Sahara ? La question comporte plusieurs erreurs. D’abord, on ne peut reprocher au Maroc la reprise de ses relations avec Israël, nouées la première fois en 1994, alors que la Palestine en entretient depuis 1993.

Ensuite, la Palestine n’appartient pas au Maroc pour qu’il ait à l’échanger, les Palestiniens sont maîtres de leur destin. Alors que le Sahara relève bien de la souveraineté du royaume, qui n’a donc pas à le négocier.

La position réaffirmée du Maroc d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien semble totalement ignorée par les anti-normalisations. Pourtant, c’est bien là l’objectif poursuivi depuis les accords d’Oslo, conclus en 1991. Le royaume n’en a pas bougé d’un iota.

Idéologie du défaitisme

Nous avons là un exemple type de l’aveuglement idéologique. Un militant marocain de la cause palestinienne devrait normalement déguster l’opportunité qu’offre la reprise des relations entre le Maroc et Israël pour appeler à la promotion de la solution à deux Etats, là ou il ne voit pourtant que renoncement. C’est du défaitisme. Nourrir la frustration ne sert nullement la cause palestinienne.

Pouvoir s’adresser directement aux Israéliens vaut toujours mieux que d’avoir toujours à passer par des intermédiations étrangères, qui défendent, légitimement, leurs propres intérêts. Les Palestiniens sont les mieux placés pour savoir à quel point leur juste cause a été instrumentalisée par divers régimes arabes à leur propres profits.

L’art de l’intermédiation

Le Maroc a su se distinguer dans l’art de mettre des adversaires autour d’une même table pour discuter et de sortir en fermant la porte derrière lui à toute influence étrangère potentiellement nocive. Les Libyens peuvent en témoigner.

Déjà se sentent autant chez eux Juifs marocains d’Israël et Palestiniens immigrés, tant que les lois du royaume sont respectées. Deux communautés distinctes, un foyer commun. Le Maroc se donne en exemple.

Sinon, l’autre solution, c’est la guerre. Les anti-normalisations y croient-ils vraiment ? Il est vrai que les Israéliens n’ont pas vraiment brillé lors des derniers conflits, mais les mettre au pied du mur, c’est jouer avec l’explosive conjonction de la bombe atomique et du syndrome de Massada. Quand au statuquo actuel, il suffit de demander aux Palestiniens s’il leur convient ou pas.

Compatriotes d’Israël

Autres questions aux anti-normalisations : les Marocains d’Israël ont-ils les mêmes droits ou pas que les autres Marocains de la diaspora ? Que fait-on de leur marocanité ? Que fait-on alors de notre propre marocanité ? On ne peut nier qu’elle est plurielle. C’est même ce qui fait toute sa richesse et son attrait.
Lundi dernier, les ministres marocain et israélien de l’industrie, Moulay Hafid Elalamy et Amir Peretz ont discuté des perspectives de coopération et ciblé les secteurs qui vont faire l’objet d’un plan d’action commun. La communication a été facile, puisqu’en fait, tous les deux sont de « souche marocaine ».

Le lendemain, le Maroc et Israël ont signé un accord devant porter le volume des échanges entre les deux pays à 500 millions de dollars. Il est également prévu une hausse du nombre de touristes israéliens visitant le Maroc à 200.000 l’an prochain. Des gens vont faire des affaires et gagner leur vie, c’est la réalité, pas de l’idéologie.

Les Palestiniens ne peuvent que bénéficier d’un Maroc plus ouvert sur Israël, renfermé, il n’est utile à personne.

Par Ahmed Naji 
 





Rédigé par le Mercredi 30 Décembre 2020


 L’ODJ dispose d’un service de streaming audio “Commentaire” pour renforcer la proximité et favoriser les interactions avec ses lecteurs.

Cher(e)s lecteurs et lectrices, vous pouvez réagir à cet article, sans avoir à écrire un commentaire,  via cette fonctionnalité en enregistrant simplement des messages d’une durée de 30 secondes.

Commencer par citer le titre de l'article et réagissez sur le contenu ou interpeller son auteur.

Envoyer votre message Audio , sous réserve de modération , il sera diffusé sur la Web radio Radio L'ODJ dans le programme dédié chaque jour à vos commentaires audios 




 

Le Bouquet L'ODJ : Web Radio    , Portail lodj.ma    , Application mobile    , Magazine Web connecté



Inscription à la newsletter

Plus d'informations sur cette page : https://www.lodj.ma/CGU_a46.html





L'ODJ WEB MAG



Magazine créé avec Madmagz.



Partager ce site