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Au Maroc, la rentrée ne commence pas le jour où l’on retourne en classe


Rédigé par le Mardi 8 Septembre 2026

Au Maroc, la rentrée scolaire marque bien plus qu’un retour en classe. Elle remet progressivement en place les réveils matinaux, les devoirs, les trajets, les activités et toute une organisation familiale mise entre parenthèses pendant les vacances.

Mais derrière cette reprise très concrète se joue aussi une transition plus discrète : retrouver un rythme, reprendre ses repères et, pour certains élèves comme pour leurs parents, composer avec une pression qui n’a pas toujours la même intensité ni la même origine.



Après les vacances, il faut réapprendre le rythme

Il y a quelque chose d’assez particulier dans le passage des vacances à la rentrée. Pendant plusieurs semaines, les journées peuvent être plus libres, les horaires décalés et les obligations scolaires largement absentes.

Puis le quotidien reprend presque d’un seul mouvement : réveil plus tôt, cours, transports, devoirs, activités et horaires à respecter.
 

Pour certains élèves, cette reprise est plutôt agréable. Retrouver les camarades, reprendre certaines habitudes et retrouver une forme de routine peut même être rassurant. Pour d’autres, le changement demande davantage de temps.
 

Le retour en classe peut être associé à une nouvelle année, une nouvelle classe, de nouveaux enseignants ou simplement à la perspective de devoir retrouver un rythme auquel on s’était habitué à échapper pendant l’été.

Chez les plus grands, les préoccupations peuvent aussi évoluer : résultats scolaires, examens, orientation ou choix qui commencent à donner à l’année une dimension beaucoup plus importante.
 

Il n’existe donc pas une seule manière de vivre la rentrée. Un même calendrier peut correspondre à des réalités psychologiques très différentes.
 

Un élève peut arriver le premier jour avec enthousiasme et ressentir une pression quelques semaines plus tard. Un autre peut appréhender la rentrée avant même d’avoir franchi les portes de son établissement, puis trouver rapidement ses marques.

Certains ont surtout besoin de retrouver leur rythme, d’autres de prendre confiance ou de s’adapter à une nouvelle étape de leur parcours.

La rentrée demande ainsi quelque chose que l’on remarque peu : un temps d’adaptation.


La pression ne vient pas toujours de l’école

Lorsqu’on parle du stress lié à la rentrée, on pense naturellement aux élèves. Pourtant, la pression peut aussi circuler dans l’environnement familial.
 

Au Maroc, la rentrée implique pour les parents une nouvelle organisation du quotidien. Les horaires doivent être réajustés, les déplacements anticipés, les fournitures préparées et les activités de chacun intégrées dans un emploi du temps qui redevient beaucoup plus structuré.
 

Mais au-delà de cette logistique, il y a aussi les attentes.
 

Chaque nouvelle année scolaire peut réveiller une série de questions : comment l’enfant va-t-il s’adapter ? Ses résultats vont-ils progresser ? Va-t-il rencontrer des difficultés ? Comment l’accompagner sans trop intervenir ? Et lorsque l’élève avance vers les années décisives de son parcours, ces interrogations peuvent prendre encore davantage de place.
 

La volonté de voir son enfant réussir est évidemment naturelle. Mais elle peut parfois se transformer en une pression difficile à mesurer, notamment lorsque les résultats scolaires deviennent le principal indicateur de réussite.
 

L’élève peut alors ne plus seulement avoir le sentiment de devoir apprendre ou progresser. Il peut avoir l’impression de devoir répondre à des attentes.
 

Et les parents ne sont pas nécessairement à l’origine de cette pression. Ils peuvent eux-mêmes la subir : peur de ne pas faire suffisamment, inquiétude face aux difficultés de leur enfant, comparaison avec d’autres parcours ou incertitude devant les choix à venir.

La rentrée devient alors une expérience familiale.


Une rentrée, plusieurs façons de ressentir la même chose

Il serait pourtant trop simple de parler de « stress des élèves » comme s’il s’agissait d’une expérience identique pour tous.
 

L’âge joue évidemment un rôle, mais le tempérament, les expériences précédentes, le rapport à l’école et les changements intervenus pendant les vacances peuvent également modifier la manière dont chacun aborde cette période.
 

Pour un enfant, la principale difficulté peut être la séparation ou la peur de l’inconnu. Pour un adolescent, elle peut davantage concerner l’image qu’il renvoie aux autres, les résultats ou la crainte de ne pas être à la hauteur.
Pour un étudiant, le retour peut signifier davantage d’autonomie, mais aussi davantage de responsabilités.
 

Même chose pour les parents. Certains vivent cette période comme une simple reprise d’organisation. D’autres la ressentent comme un moment particulièrement chargé, surtout lorsque plusieurs enfants ont des besoins ou des emplois du temps différents.
 

C’est peut-être pour cette raison qu’il est difficile de donner une réponse universelle au stress de la rentrée.
 

Ce qui semble anodin pour l’un peut représenter un véritable changement pour l’autre.
 

Et c’est justement là que l’accompagnement peut faire la différence. Non pas en transformant chaque inquiétude en problème, mais en laissant suffisamment de place pour observer comment chacun traverse cette période.


Et si une rentrée réussie était simplement une rentrée où l’on retrouve progressivement son équilibre ?

La rentrée scolaire est souvent présentée comme un nouveau départ. Nouveaux objectifs, nouvelles résolutions, nouvelles ambitions. Mais cette vision très performante de la rentrée oublie parfois quelque chose de beaucoup plus simple : avant de recommencer à avancer, il faut retrouver son rythme.
 

Tout ne doit pas nécessairement fonctionner parfaitement dès les premiers jours.
 

Un élève peut avoir besoin de temps pour reprendre ses habitudes. Un adolescent peut avoir besoin de retrouver progressivement ses repères. Un étudiant peut devoir reconstruire une organisation qui lui convient. Et un parent peut, lui aussi, avoir besoin de quelques semaines avant que la nouvelle routine familiale devienne naturelle.
 

Au Maroc, comme partout ailleurs, la rentrée est donc autant une affaire d’organisation que d’adaptation.
 

Derrière les cartables préparés, les emplois du temps affichés et les réveils programmés, chacun revient avec son propre état d’esprit.
 
La rentrée est collective. Mais ce que chacun doit retrouver en rentrant, c’est son propre équilibre.


Salma CHMANTI HOUARI






Salma Chmanti Houari
J'aime écrire sur tout ce qui nourrit la curiosité et ouvre le regard sur le monde. Si ma plume... En savoir plus sur cet auteur
Mardi 8 Septembre 2026

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