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Aucun jeune laissé hors des radars pendant plus de six mois


Il existe une catégorie de jeunes dont on parle beaucoup dans les statistiques mais que les politiques publiques ont souvent du mal à atteindre : ceux qui ne sont ni à l’école, ni en formation, ni dans l’emploi. Ils quittent progressivement les circuits institutionnels et peuvent rester des mois, parfois davantage, sans qu’aucun dispositif public ne parvienne réellement à les raccrocher.



L’Istiqlal se fixe un objectif aussi ambitieux qu’inattendu

Le programme électoral 2026-2031 du Parti de l’Istiqlal s’attaque directement à ce problème avec une ambition qui mérite que l’on s’y arrête : à travers le programme « Afaq », faire en sorte qu’aucun jeune ne reste plus de six mois hors de l’éducation, de la formation, de l’emploi ou d’un dispositif d’accompagnement. Dit autrement : ne plus attendre que le jeune vienne chercher l’administration, mais essayer de construire un système capable de repérer celui qui disparaît de ses radars.
 
Et c’est probablement là que réside l’aspect le plus intéressant de la proposition.

Le Maroc ne manque pas totalement de programmes destinés à la jeunesse. Éducation, formation professionnelle, accompagnement vers l’emploi, entrepreneuriat : les dispositifs existent sous différentes formes. Le problème est aussi celui des jeunes qui ne franchissent plus aucune de ces portes. Fixer une limite de six mois revient donc à introduire une notion nouvelle : le décrochage prolongé deviendrait lui-même un signal exigeant une réponse publique.

L’objectif est particulièrement ambitieux.

Pour qu’il fonctionne réellement, il faudrait être capable d’identifier rapidement le jeune qui quitte l’école sans poursuivre une formation, celui qui termine ses études sans trouver d’emploi ou encore celui qui abandonne un dispositif d’insertion sans solution alternative.

Cela suppose nécessairement une meilleure coordination entre les institutions concernées. Et c’est probablement ici que la promesse politique rencontrera sa principale difficulté : comment suivre les parcours sans construire une bureaucratie supplémentaire ? Comment intervenir suffisamment tôt ? Et surtout, quelle solution proposer lorsqu’un jeune est effectivement identifié ?

Car repérer quelqu’un ne suffit pas. Encore faut-il disposer derrière d’une formation, d’un accompagnement ou d’une véritable perspective professionnelle.

Le volet jeunesse du programme va d’ailleurs plus loin en mettant l’accent sur les nouvelles compétences et l’économie numérique, avec notamment un objectif de formation de 100 000 talents dans les métiers numériques. Cela donne au dispositif une logique intéressante : identifier, raccrocher, former puis remettre en mouvement.

Il faudra évidemment attendre les mécanismes précis et les moyens financiers pour juger de sa faisabilité. Mais l’objectif mérite d’être souligné parce qu’il change la question habituellement posée.

Au lieu de demander seulement « combien de programmes avons-nous créés pour les jeunes ? », il invite à demander :
« Combien de jeunes restent encore sans aucune solution malgré tous ces programmes ? » Et si le Maroc parvenait réellement à ne laisser aucun jeune plus de six mois hors de l’école, de la formation, de l’emploi ou de l’accompagnement, ce ne serait plus une petite mesure électorale.

Ce serait un changement profond dans la manière de concevoir une politique nationale de la jeunesse.



Mercredi 9 Septembre 2026

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