Une nouvelle phase clé du méga-projet d’autoroute électrique Sud-Centre
Objectif : relier Boujdour à la région de Tensift via des lignes Ultra Haute Tension (UHT) capables de transporter jusqu’à 3.000 MW d’énergies renouvelables.
Une étape stratégique annoncée ce 4 mars 2026.
2.000 km de tracé sous la loupe
On passe à la vitesse supérieure. L’ONEE s’apprête à lancer les études topographiques du futur couloir électrique.
Concrètement, il s’agit de sécuriser le tracé de deux lignes parallèles de 1.000 km chacune, soit près de 2.000 km au total.
Les équipes travailleront sur un couloir de 50 mètres de part et d’autre de l’axe prévu. Rien n’est laissé au hasard : reconnaissance du terrain, analyse des contraintes (zones habitées, forêts, infrastructures existantes), matérialisation du tracé sur le terrain avec des repères visibles, relevés précis et étude juridique des terrains concernés.
Le projet est divisé en deux lots :
– Oued Lakraâ – Tan Tan
– Tan Tan – Marrakech
Les cabinets spécialisés pourront candidater sur un ou les deux tronçons. L’idée est claire : préparer le terrain pour éviter les blocages et gagner du temps lors du chantier.
Bref, on ne construit pas une autoroute électrique à l’aveugle.
3.000 MW du Sud vers le Centre : pourquoi c’est stratégique
Ce projet n’est pas juste une ligne électrique de plus. Il s’inscrit dans la grande transformation énergétique du Royaume.
Le Sud marocain concentre une énorme capacité en énergie solaire et éolienne. Le défi ? Transporter cette électricité verte vers les zones à forte consommation, notamment le Centre du pays.
La première phase, d’une capacité de 1.500 MW, doit être opérationnelle dès 2026. La seconde, également de 1.500 MW, est prévue pour 2028.
À terme, cette infrastructure renforcera la sécurité énergétique nationale et facilitera l’intégration massive des renouvelables.
En mai 2025, le marché avait été confié à un consortium réunissant le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, Taqa Morocco (filiale du groupe émirati Taqa) et Nareva.
Une alliance public-privé stratégique pour accélérer le chantier.
Un marché électrique en pleine mutation
Ce lancement intervient dans un contexte de structuration accélérée du marché électrique. Cette semaine, l’ANRE a fixé le tarif de rachat de l’excédent d’énergie renouvelable entre 18 et 21 centimes/kWh pour la période 2026-2027.
Un signal fort : le Maroc mise clairement sur un modèle énergétique plus durable, plus régulé, et surtout plus autonome.
Au-delà des lignes UHT, le consortium prévoit aussi le développement de 1.200 MW supplémentaires en capacités renouvelables, ainsi que des projets liés au dessalement d’eau de mer et au transport d’eau.
Autrement dit, ce n’est pas juste une ligne électrique. C’est un maillon d’un écosystème énergétique complet.
Un changement d'échelle
Prochaine étape : l’attribution effective des études topographiques et le démarrage concret sur le terrain.
Les regards seront aussi tournés vers le respect des délais, un enjeu crucial pour que la première phase soit prête en 2026. Dans un contexte de forte demande électrique et d’ambitions climatiques élevées, chaque mois compte.
Si tout avance comme prévu, cette autoroute électrique pourrait devenir l’une des infrastructures énergétiques les plus structurantes du Maroc ces prochaines années.
Et là, clairement, on ne parle pas d’un simple câble. On parle d’un changement d’échelle.












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