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"Avec l'équité et l'égalité, nous surmonterons la pandémie et réaliserons le développement"


C’est sous le slogan " بالمناصفة والمساواة نتغلبو على الجائحة ونحققو التنمية" qu’a choisi la Fédération de la Ligue Démocratique des Droits des Femmes pour commémorer le 8 mars, Journée internationale de la femme. Des droits bafoués, mystifiés et aggravés par les inégalités entre les hommes et les femmes, mises en lumière lors de la pandémie. La discrimination et la violence à l'égard des femmes entravent le développement et l’égalité.



"Avec l'équité et l'égalité, nous surmonterons la pandémie et réaliserons le développement"
Toujours dans ce contexte, la Fédération exprime son mécontentement  face à une parité, constitutionnelle, qui n’a été prise en compte ni dans l’élaboration des lois électorales (tout récemment) ni dans les nominations aux postes de prise de décision et des postes de responsabilité.

En cette période de crise sanitaire, les femmes ont prouvé leurs capacités à gérer au mieux ces aléas, aux premiers rangs et à tous les niveaux et domaines : santé, scientifique, éducatif...

Si la journée est instaurée pour la libération des femmes de toute discrimination ou exploitation, elle constitue aussi une étape évaluative. Il s’avère, cette année, que la crise sanitaire n’a fait qu’augmenter les disparités socio-économiques entre les femmes et les hommes, et mis à nu, les souffrances des femmes, engendrées par les violences à leur égard, se manifestant par une détérioration de leur santé psychologique et physique.

Indicateurs des discriminations socio-économiques

L'impact de la pandémie sur les opportunités d'emploi relatives aux femmes a été palpable, puisque les femmes travaillent, pour la plupart, dans le secteur des services et du tourisme. Elles investissent aussi des secteurs d’activité qui ont arrêté leurs productivités tels que l’agriculture, l’industrie, la manutention, le travail domestique ...Les femmes occupent aussi une grande place dans le secteur informel (coiffure, hammam, organisation de fêtes ...)

La Fédération certifie ces inégalités par les statistiques du Ministère des Finances et de la Réforme administrative qui a dévoilé lors d’une étude que l'activité économique des femmes ne dépasse pas 22,2%, que le chômage atteint 14% et que les écarts de salaire atteignent 17%. Aussi, si 31% des femmes ont repris leurs activités après le confinement,  22% d'entre elles sont, soit au chômage, soit inactives. Si l’on regarde l’autre moitié de la société représentée par les hommes, ces pourcentages sont respectivement 38% et 7%.

Ces compétences féminines auraient pu contribuer au développement du pays. Il s’avère qu’une diminution, d'un quart,  de l’écart du taux d'activité entre hommes et femmes, conduirait à une augmentation comprise entre 5,7% et 9,9%, de la production par habitant.  Aussi, réduire l'écart du taux d'emploi entre les femmes et les hommes a pour conséquences l’augmentation du produit intérieur brut(PIB).


Le coût total de la violence à l’encontre des femmes est estimé à 2,85 milliards de dirhams

La violence à l’égard des femmes a été enfin évaluée par le HCP. Le coût total de cette violence est estimé à 2,85 milliards de dirhams. Plus de 55% du coût indirect total de la violence, soit 284 millions de dirhams, est lié au coût des journées de travail domestique perdues. Et, 44% de ce coût, soit 227 millions de dirhams, est engendré par la perte de revenus liée à son absentéisme au travail.
 
Bilan de la Fédération sur la violence
 
La FLDDF a enregistré, dans son rapport sur la VEF pendant l’état d’urgence et le confinement, un total de 4663 actes de violence, de différents types, commis contre les femmes.

La violence psychologique est la plus représentative, évaluée à 47,9%, suivie de la violence économique : 26,9% et de la violence physique : 15,02%. Sans oublier les cas de violence sexuelle, de viol et d'expulsion du domicile conjugal.  A cet effet, il est impératif de relever que la violence conjugale, sous toutes ses formes, a atteint 86% pendant le confinement.

La Fédération dénonce aussi l’atteinte aux libertés individuelles. En effet, en 2019, 16000 personnes ont été  arrêtées au regard de l'article 490 du Code Pénal, qui criminalise les relations extraconjugales entre adultes.

Participation politique des femmes

La sous-représentativité des femmes dans les instances électorales et aux postes de responsabilité est flagrante. Elles ne représentent que 21% au Parlement et 11,66% à la Chambre des représentants.

Au niveau des Conseils régionaux, le taux de présence n’excède pas 37,61%  dont seulement deux femmes Présidents de conseils, sachant qu’il y a 12 régions au Maroc.

Entre 2012 et 2020 (en 8 ans), 137 nominations aux postes de responsabilité sur 1160 ont été attribuées à des femmes, soit 11,8%, selon le ministère de l'Économie, des Finances et de la Réforme administrative.

La FLDDF dénonce toutes ces inégalités et discriminations, et appelle à mettre en œuvre, en marge du nouveau modèle de développement,  tous les mécanismes nécessaires à l’égalité effective entre les hommes et les femmes, l’abolition des disparités socio-économiques, en matière d’emploi, de santé, d’éducation, de protection sociale…

Côté juridique, la réforme de la loi 103-13 sur la violence à l’égard des femmes avec la mise en œuvre  des dispositions de protection telles que les structures d’hébergement et de prise en charge sont nécessaires. Tout en y allouant un budget adéquat.  Aussi, la refonte ou révision complète du Code de la Famille et du système de succession, sur la base de l'équité, de la justice et de l'égalité, est une revendication de plusieurs années.

Bouteina BENNANI



Bouteina BENNANI


Rédigé par Bouteina BENNANI le Lundi 8 Mars 2021

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