À l’issue de sa rencontre avec son homologue marocain, le chef de la diplomatie belge a qualifié l’initiative d’autonomie de « base la plus adéquate, sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.
Car en reprenant explicitement les qualificatifs consacrés par une partie croissante de la communauté internationale, Bruxelles inscrit son positionnement dans une dynamique qui dépasse la simple neutralité de principe.
Cette réaffirmation s’inscrit dans le prolongement de la Déclaration conjointe signée à Bruxelles le 23 octobre 2025, mais elle en précise la portée politique : la question du Sahara est reconnue comme revêtant une importance existentielle pour le Royaume du Maroc, et la région est explicitement envisagée dans le cadre de sa souveraineté et de son unité nationale.
Autrement dit, la Belgique ne se contente plus d’appeler à une solution négociée ; elle identifie le cadre dans lequel cette solution doit s’inscrire.
Au-delà de la déclaration d’intention, c’est la traduction opérationnelle de cette position qui retient l’attention.
La diplomatie économique devient ici vecteur de reconnaissance politique. De même, la confirmation que le Consulat général à Rabat couvre l’ensemble du territoire marocain, sans distinction régionale, y compris le Sahara, consacre une cohérence administrative en phase avec l’orientation diplomatique affichée.
Ce mouvement s’inscrit dans une évolution plus large des relations entre Rabat et Bruxelles. Les deux royaumes entretiennent un dialogue politique dense, nourri par des intérêts convergents en matière de sécurité, de migration, de coopération économique et de stabilité régionale.
Dans ce contexte, la position belge sur le Sahara ne relève ni d’un geste isolé ni d’une concession circonstancielle : elle participe d’une lecture stratégique du rôle du Maroc comme acteur pivot en Afrique du Nord et partenaire fiable de l’Europe.
Pour Rabat, cette prise de position renforce une dynamique internationale favorable à l’initiative d’autonomie, présentée depuis 2007 comme une solution politique de compromis, respectueuse du droit international et compatible avec les résolutions du Conseil de sécurité. Pour Bruxelles, elle traduit un choix de réalisme diplomatique :
En diplomatie, la constance vaut parfois davantage que l’éclat.
En réaffirmant son soutien avec clarté et en annonçant des mesures concrètes pour en accompagner la mise en œuvre, la Belgique envoie un signal à la fois à Rabat, à ses partenaires européens et aux acteurs du dossier : le temps des ambiguïtés s’amenuise. Place à la cohérence stratégique.
Par Said Temsamani.












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