Quand "j'y suis, j'y reste" devient la règle d’or
À vrai dire, l’affaire aurait pu prendre une tournure franchement historique : céder le flambeau à un Bouanou, président du groupe parlementaire, ou à un Azami, président du conseil national, voire – sacrilège suprême – offrir le leadership à une femme comme la dynamique Amina Mael Ainine. Imaginez la photo, l’édito, les applaudissements ! Eh bien non. Le changement, ce sera pour un autre millénaire.
Benkirane semble avoir adopté une philosophie bien connue de nos élites politiques : "Pourquoi partir quand on peut rester ?" Quitter la scène alors qu'on connaît tous les raccourcis, tous les codes, tous les recoins du labyrinthe ? Ce serait vraiment manquer de stratégie élémentaire.
Peut-on vraiment le blâmer ? Dans un pays où la transmission de pouvoir ressemble plus à un jeu de chaises musicales cassées qu’à une véritable relève générationnelle, Benkirane est finalement un produit du système autant qu'un acteur enthousiaste.
À ceux qui espéraient un geste grand, une main tendue vers les jeunes ou un brin de féminisation politique, il répond par une pirouette bien maîtrisée : l’éternel retour du même. Au fond, pourquoi se compliquer la vie quand rester en place permet de jouer, encore et toujours, son air préféré ? Un air qui, pour le moment, continue d’électriser sa base, même si les platines grincent un peu.












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