Cette acquisition s’inscrit dans une feuille de route stratégique ambitieuse, déjà marquée par l’intégration de CAS en 2021 et la prise de participation dans Agrosem en 2024. Avec CPCM, CMGP ne se contente plus d’être un acteur majeur de l’agrofourniture : il devient un pivot élargi sur les marchés des produits phytosanitaires et des solutions chimiques destinées à l’agriculture, aux usages industriels et au traitement des eaux.
CPCM, fondée en 1939, apporte à l’ensemble une expertise reconnue et un chiffre d’affaires estimé à environ 500 millions de dirhams pour 2025, selon les données de l’entreprise. Cette contribution pèse significativement dans le modèle intégré de CMGP, dont le chiffre d’affaires consolidé avoisine déjà, hors synergies, près de 3 milliards de dirhams.
Une logique d’intégration verticale qui fait sens
Pour beaucoup d’observateurs, cette opération dépasse la simple logique d’optimisation. Elle traduit la volonté manifeste de bâtir un écosystème intégré autour de l’agriculture durable, capable de répondre aux besoins domestiques tout en renforçant la position du Maroc sur les marchés internationaux. C’est aussi le signe que les groupes nationaux ne se satisfont plus d’une simple présence périphérique : ils veulent être des créateurs de valeur forts, connectés aux chaînes industrielles et logistiques mondiales.
En combinant leurs forces, CMGP et CPCM projettent de générer des synergies industrielles et commerciales significatives, notamment avec des débouchés à l’export, tout en consolidant une offre plus complète et plus accessible pour les agriculteurs marocains. L’ajout de produits chimiques pour des secteurs comme le papier, le carton ou la peinture constitue un élargissement naturel du portefeuille, donnant à l’ensemble une résilience accrue.
Des enjeux qui dépassent les bilans
Sur le terrain, cette intégration peut avoir un impact concret : une offre mieux coordonnée pour les agriculteurs, des solutions plus durables pour le traitement de l’eau, et une capacité accrue à innover face aux défis environnementaux et climatiques qui pèsent sur le secteur agricole marocain.
L’opération est aussi porteuse d’effets d’entraînement pour l’écosystème industriel local. En renforçant la chaîne de valeur nationale des intrants agricoles et industriels, CMGP contribue à réduire l’exposition du pays aux chocs exogènes et à valoriser davantage les savoir-faire locaux. Pour les jeunes professionnels et entrepreneurs marocains, c’est un signal fort : l’ambition économique peut rimer avec ancrage national et innovation durable.
Une clôture qui ouvre de nouvelles perspectives
Alors que l’autorisation finale du Conseil de la Concurrence est attendue pour sceller définitivement l’opération, cette acquisition marque déjà un tournant. Elle illustre la capacité des entreprises marocaines à structurer des offres intégrées, capables de soutenir tant la demande nationale que les ambitions à l’export.
Pour les lecteurs marocains, ce mouvement est plus qu’un simple changement de périmètre industriel : il symbolise une nouvelle dynamique de croissance, fondée sur l’intégration, la durabilité et la compétitivité internationale. À un moment où l’économie mondiale subit des perturbations et où les chaînes d’approvisionnement se réinventent, des initiatives comme celle de CMGP Group montrent que le Maroc sait allier ambition et pragmatisme.
Un défi relevé, et potentiellement un modèle à suivre pour d’autres acteurs nationaux dans les années à venir.
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