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Bousculade en Méditerranée occidentale


Que ce soit Washington ou Moscou, Tel-Aviv ou Téhéran, les manœuvres diplomatiques se multiplient pour convaincre Rabat et Alger de soutenir plus activement un camp ou l’autre, tout en les empêchant s’étriper.



La Méditerranée est un 'lac' ou se l'on se bouscule d'Est en Ouest
La Méditerranée est un 'lac' ou se l'on se bouscule d'Est en Ouest
bousculade_en_mediterranee_occidentale.mp3 A lire ou à écouter en podcast :  (6.19 Mo)

Décidément, la Méditerranée occidentale intéresse de plus en plus de pays n’appartenant pas à cette aire géographique, mais qui cherchent néanmoins à y exercer une influence.

Israël a signé avec le Maroc, le 24 novembre, un accord de défense qui n’a pas suscité les réactions hostiles que l’on aurait pu s’imaginer, si ce ne sont quelques médias en mal d’audience qui ont tenté de surfer sur la vague.

Aucun pays arabe ou africain, à l’exception de l’Algérie, ne s’est prononcé officiellement contre cet accord, pas même les Palestiniens.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que c’est le président du Sénat algérien, Salah Goudjil, qui a critiqué cet accord, alors que le président Abdelmjid Tebboun, qui est également ministre de la défense, s’est muré dans un étrange silence.

L’indésirable Iran

Il semblerait que des tractations diplomatiques dans les coulisses ont apporté des assurances aux dirigeants algériens que ledit accord ne constitue aucune menace pour la sécurité du pays voisin de l’Est.

Au point que même le Général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’armée algérienne, qui habituellement tire d’abord et réfléchit ensuite, s’est abstenu de tout commentaire.

Sachant que l’une des motivations premières d’Israël pour la conclusion de cet accord sécuritaire avec le Maroc est de contrer l’influence iranienne en Algérie, tout porte à croire que les Russes ont fait le ménage pour éviter qu’un transfert de technologies iraniennes en matière de construction de drones militaires au pays voisin de l’Est ne se transforme en casus belli.

L’ours des sables

Le plus intéressant, en effet, à ce propos est l’empreinte de plus en plus visible de la Russie dans la géopolitique maghrébine. Sans que les Etats-Unis ne s’en sentent offusqués pour autant.

Ainsi, concernant la question du Sahara, pierre d’achoppement qui empêche l’amélioration des relations entre les deux voisins maghrébins, nul besoin de rappeler que Alexandre Ivanko, le récemment nommé envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara et chef de la Minurso, est russe.

C’est donc sous la férule de cet ex-confrère journaliste russe, que l’on dit bien connecté aux services de renseignement de son pays, que se déroule l’enquête de la Minurso sur les deux camions algériens détruits, le 1er novembre, à proximité de Bir Lahlou, dans la zone tampon.

Comme Alexandre Ivanko a auparavant occupé le poste de chef d’état-major de la Minurso, et ce depuis 2009, l’on peut dire qu’il est déjà bien initié aux subtilités de la complexe affaire du Sahara.


Brûlant à l’Est, tiède à l‘Ouest

Pour boucler la boucle, il est utile de rappeler que malgré le conflit d’intérêt entre la Russie et Israël au Proche-Orient, ces deux pays entretiennent d’assez bonnes relations.

Ils ne sont peut être pas sur la même longueur d’ondes en Méditerranée orientale, mais du côté occidentale, la communication entre les deux parties semble plus fluide.

Et aucun des deux ne trouve à son goût l’intrusion de l’Iran et de son proxy libanais, le Hezbollah, dans cette zone déjà hautement sensible qu’est le Maghreb.

Le facteur démocratie

Les Etats-Unis, pour leur part, viennent d’envoyer un message implicite à tous les pays du Maghreb.

Aucun des cinq n’a été convié à participer au Sommet pour la démocratie, organisé par le président Joe Biden, qui doit se tenir par visioconférence les 9 & 10 décembre.

Alors que Taïwan, qui n’est même pas un Etat reconnu par les Nations Unies, va quand même y prendre part.
Pour Washington, donc, la démocratie n’a pas encore pris racine au Maghreb. Ce dont les cinq pays maghrébins ne devraient pas manquer de prendre acte.

La Chine, de son côté, observe de loin l’aggravation de la tension au Maghreb et nourrit des grandes inquiétudes à ce sujet, qui ne sont pas de nature à orienter ses investissements en Afrique vers cette région.

Chasser l’angoisse

A l’exception de l’Iran, dont on ne connaît pas les réelles intentions au Maghreb, si ce n’est déjà d’y implanter son influence, grandes et moyennes puissances sont d’accord pour empêcher tout conflit ouvert entre le Maroc et l’Algérie.

Les Européens encore plus que les autres, car le spectre d’une guerre entre les deux puissances maghrébines, pouvant déborder sur son voisinage sahélien et éructer son lot de réfugiés se déversant sur les côtes du vieux continent, leur donne de terribles angoisses.

Maintenant qu’il est clair que les visées d’Israël à travers cet accord de défense conclu avec le Maroc ne sont pas tournées vers l’Est, c’est alors du côté du détroit de Gibraltar et, plus à l’Ouest, l’océan Atlantique, qu’il faut chercher ses ambitions.

Pris en tenaille par ses ennemis mortels et autres adversaires géopolitiques au Moyen Orient et en Méditerranée orientale, Israël est en quête d’ouverture sur les pays d’Afrique et d’Amérique latine.

Une stratégie israélienne qui nécessite un partenaire crédible et efficace en Méditerranée occidentale, à l’embouchure du détroit de Gibraltar, pour la mener à bien.

Seuil infranchissable de tension

Si, pour dissuader le Maroc et l’Algérie de déclencher un violent conflit armé, dont l’onde de choc ne va pas manquer de secouer tout le voisinage, les grandes puissances sont prêtes à les aider à développer leurs industries militaires, histoire de les rassurer, les deux pays en sortiraient, en fin de compte, gagnants.

L’antagonisme entre les deux puissances maghrébines n’en sera pas réglé pour autant, mais il est désamorcé pour assez longtemps afin de voir émerger en Algérie une classe politique plus raisonnable et moins portée sur l’hostilité envers le voisin marocain.

Pour l’instant, Abdelmjid Tebboun est bien content de jouer son rôle de président de façade, gagnant du poids politique avec le temps, un effort qui serait réduit à néant si un conflit devait éclater contre le Maroc.

Quand au Général Chengriha, il en est encore à ruminer le peu d’empressement de son chef du département emploi-préparation, le fringant Général Mohamed Kaidi, à entrer en guerre contre le Maroc. Il a dû, à contrecœur, le limoger.

L’actuel statuquo au Sahara marocain, qui frustre tant le Général Chengriha, au point d’en souiller ses couches-culottes, arrange, en fait, pas mal de monde.





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 28 Novembre 2021

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