Des sanctions sans explication détaillée : un angle mort préoccupant
Suspendre, sanctionner, amender : une instance disciplinaire en a le droit, et même le devoir. Mais encore faut-il expliquer. Motiver. Justifier. Dans toute architecture disciplinaire crédible, la sanction n’est jamais un simple acte d’autorité. Elle est l’aboutissement d’un raisonnement, d’une chaîne logique clairement exposée.
Or, dans le cas du Maroc, le communiqué de la CAF se limite à une énumération de décisions. Achraf Hakimi suspendu pour « comportement antisportif ». Ismaël Saibari suspendu et lourdement amendé pour la même qualification. La FRMF sanctionnée pour le comportement des ramasseurs de balles, des joueurs, du staff, des supporters. Mais à aucun moment ne sont précisés les faits exacts retenus, leur qualification juridique précise, ni leur degré de gravité comparée.
Quels gestes précis ont été retenus contre chaque joueur ?
Quels propos, quels actes, quelles séquences ont été considérés comme constitutifs d’une atteinte disciplinaire ?
Sur quels passages exacts du procès-verbal des officiels le jury s’est-il appuyé ?
Ces questions ne sont pas accessoires. Elles sont au cœur de toute décision disciplinaire équitable.
Or, dans le cas du Maroc, le communiqué de la CAF se limite à une énumération de décisions. Achraf Hakimi suspendu pour « comportement antisportif ». Ismaël Saibari suspendu et lourdement amendé pour la même qualification. La FRMF sanctionnée pour le comportement des ramasseurs de balles, des joueurs, du staff, des supporters. Mais à aucun moment ne sont précisés les faits exacts retenus, leur qualification juridique précise, ni leur degré de gravité comparée.
Quels gestes précis ont été retenus contre chaque joueur ?
Quels propos, quels actes, quelles séquences ont été considérés comme constitutifs d’une atteinte disciplinaire ?
Sur quels passages exacts du procès-verbal des officiels le jury s’est-il appuyé ?
Ces questions ne sont pas accessoires. Elles sont au cœur de toute décision disciplinaire équitable.
Les “considérants” absents : une faiblesse institutionnelle
Dans les grandes juridictions sportives — et la CAF ambitionne d’en être une — chaque décision repose sur des considérants clairement formulés. Ce sont eux qui expliquent pourquoi une sanction est infligée, pourquoi elle est proportionnée, et pourquoi elle s’applique à tel acteur plutôt qu’à tel autre.
Ici, rien ou presque.
Pas de rappel structuré des faits.
Pas de chronologie précise.
Pas d’analyse circonstanciée du contexte de tension d’une finale.
Pas de distinction claire entre responsabilités individuelles et responsabilités collectives.
Le lecteur est sommé d’accepter la sanction sans comprendre le raisonnement. Comme si la simple invocation des articles 82, 83 ou 84 du Code disciplinaire suffisait à clore le débat. Or, citer un article n’est pas motiver une décision. C’est en expliquer l’application qui fait la différence entre autorité et arbitraire.
Ici, rien ou presque.
Pas de rappel structuré des faits.
Pas de chronologie précise.
Pas d’analyse circonstanciée du contexte de tension d’une finale.
Pas de distinction claire entre responsabilités individuelles et responsabilités collectives.
Le lecteur est sommé d’accepter la sanction sans comprendre le raisonnement. Comme si la simple invocation des articles 82, 83 ou 84 du Code disciplinaire suffisait à clore le débat. Or, citer un article n’est pas motiver une décision. C’est en expliquer l’application qui fait la différence entre autorité et arbitraire.
Procès-verbal disciplinaire : que contient-il réellement ?
Autre zone d’ombre : le contenu exact du procès-verbal disciplinaire. Quels éléments à charge y sont consignés ? Qui a constaté quoi ? À quel moment ? Avec quels moyens de preuve ?
La CAF indique que les décisions s’appuient sur les rapports des officiels. Très bien. Mais lesquels précisément ? Le rapport de l’arbitre central ? Celui des arbitres VAR ? Des délégués CAF ? Ont-ils été croisés, confrontés, hiérarchisés ?
Sans accès aux griefs retenus, impossible d’évaluer la solidité de la décision. Impossible aussi pour la FRMF, pour les joueurs concernés, et pour l’opinion publique, de comprendre ce qui a réellement pesé dans la balance disciplinaire.
Dans un football africain en quête de crédibilité internationale, ce flou n’est pas un détail. Il fragilise l’acceptabilité même de la sanction.
La CAF indique que les décisions s’appuient sur les rapports des officiels. Très bien. Mais lesquels précisément ? Le rapport de l’arbitre central ? Celui des arbitres VAR ? Des délégués CAF ? Ont-ils été croisés, confrontés, hiérarchisés ?
Sans accès aux griefs retenus, impossible d’évaluer la solidité de la décision. Impossible aussi pour la FRMF, pour les joueurs concernés, et pour l’opinion publique, de comprendre ce qui a réellement pesé dans la balance disciplinaire.
Dans un football africain en quête de crédibilité internationale, ce flou n’est pas un détail. Il fragilise l’acceptabilité même de la sanction.
Une motivation minimale, une sanction maximale ?
C’est là que le malaise s’installe. Les sanctions sont lourdes dans leurs conséquences sportives et financières. Mais leur motivation semble minimale. Cette asymétrie pose problème.
En droit disciplinaire, plus la sanction est sévère, plus la motivation doit être rigoureuse. C’est une règle non écrite mais universelle. Ici, l’inverse donne l’impression d’une décision descendante, peu soucieuse de pédagogie institutionnelle.
Le rejet de la réclamation marocaine illustre cette approche. La CAF rejette, mais n’explique pas pourquoi les arguments de la FRMF n’ont pas été retenus. Pas un mot sur le fond. Pas une ligne sur les violations alléguées du règlement par la FSF lors de la finale de la CAN 2025. Le rejet est acté, point final.
Or, rejeter sans motiver, c’est nourrir le soupçon. Ce n’est pas contester l’autorité de la CAF que de le dire. C’est rappeler une exigence élémentaire de gouvernance.
En droit disciplinaire, plus la sanction est sévère, plus la motivation doit être rigoureuse. C’est une règle non écrite mais universelle. Ici, l’inverse donne l’impression d’une décision descendante, peu soucieuse de pédagogie institutionnelle.
Le rejet de la réclamation marocaine illustre cette approche. La CAF rejette, mais n’explique pas pourquoi les arguments de la FRMF n’ont pas été retenus. Pas un mot sur le fond. Pas une ligne sur les violations alléguées du règlement par la FSF lors de la finale de la CAN 2025. Le rejet est acté, point final.
Or, rejeter sans motiver, c’est nourrir le soupçon. Ce n’est pas contester l’autorité de la CAF que de le dire. C’est rappeler une exigence élémentaire de gouvernance.
Sanctionner sans convaincre : un risque pour l’institution
La CAF n’est pas seulement un organe disciplinaire. Elle est une institution politique du football africain. À ce titre, elle ne peut se contenter de décisions juridiquement valides mais politiquement fragiles.
Car une sanction mal expliquée ne convainc pas. Elle s’impose, certes, mais elle laisse des traces. Elle nourrit un sentiment d’injustice, même chez ceux qui reconnaissent des erreurs du côté marocain.
Le Maroc n’est pas un acteur marginal. Pays organisateur, pays investisseur, pays locomotive du football africain ces dernières années. Lui infliger des sanctions sans exposer clairement les motifs disciplinaires retenus, c’est envoyer un message ambigu : celui d’une rigueur qui s’exerce sans effort de transparence.
Car une sanction mal expliquée ne convainc pas. Elle s’impose, certes, mais elle laisse des traces. Elle nourrit un sentiment d’injustice, même chez ceux qui reconnaissent des erreurs du côté marocain.
Le Maroc n’est pas un acteur marginal. Pays organisateur, pays investisseur, pays locomotive du football africain ces dernières années. Lui infliger des sanctions sans exposer clairement les motifs disciplinaires retenus, c’est envoyer un message ambigu : celui d’une rigueur qui s’exerce sans effort de transparence.
Une exigence simple : expliquer, pas excuser
Il ne s’agit pas ici de demander l’impunité. Ni de nier les débordements constatés. Il s’agit d’exiger une chose simple : la motivation claire des décisions.
Expliquer pourquoi telle action est jugée antisportive.
Expliquer pourquoi tel comportement justifie une suspension ferme plutôt qu’un sursis.
Expliquer pourquoi une amende est fixée à 100 000 dollars et non à 20 000 ou 50 000.
Expliquer pourquoi certains griefs sont retenus et d’autres écartés.
C’est cette pédagogie disciplinaire qui manque aujourd’hui. Et c’est précisément ce manque qui alimente le débat.
Expliquer pourquoi telle action est jugée antisportive.
Expliquer pourquoi tel comportement justifie une suspension ferme plutôt qu’un sursis.
Expliquer pourquoi une amende est fixée à 100 000 dollars et non à 20 000 ou 50 000.
Expliquer pourquoi certains griefs sont retenus et d’autres écartés.
C’est cette pédagogie disciplinaire qui manque aujourd’hui. Et c’est précisément ce manque qui alimente le débat.
Une sanction doit être comprise pour être acceptée
En l’état, les sanctions de la CAF contre le Maroc sont exécutoires. Mais sont-elles pleinement compréhensibles ? Pas vraiment. Sont-elles suffisamment motivées ? Clairement non.
Dans un football africain qui aspire à plus de transparence, plus de professionnalisme et plus de crédibilité, la motivation des décisions disciplinaires n’est pas un luxe. C’est une obligation morale et institutionnelle.
Sanctionner est un acte de pouvoir. Motiver est un acte de justice.
La CAF a fait le premier. Elle reste attendue sur le second.
Dans un football africain qui aspire à plus de transparence, plus de professionnalisme et plus de crédibilité, la motivation des décisions disciplinaires n’est pas un luxe. C’est une obligation morale et institutionnelle.
Sanctionner est un acte de pouvoir. Motiver est un acte de justice.
La CAF a fait le premier. Elle reste attendue sur le second.












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